Le mardi 9 septembre, à Abidjan, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) a réuni les responsables communication des ministères et institutions, dans le cadre d’un atelier consacré à la mise en œuvre du Plan national de prévention et de riposte, tenu à l’immeuble Postel 2001, à Abidjan-Plateau.
Depuis 2020, la Côte d’Ivoire est régulièrement confrontée à des campagnes de désinformation en ligne : rumeurs sur la santé du président, faux communiqués ministériels ou encore annonces fabriquées de nominations. Rien qu’au premier semestre 2025, plus de 1 500 cas ont été détectés par l’Anssi. Dans un pays où 8 millions de personnes utilisent activement les réseaux sociaux, ces dérives fragilisent la confiance des citoyens et constituent, selon les autorités, une menace directe pour la cohésion sociale et la stabilité démocratique.
Ouvrant les travaux, le Directeur général adjoint de l’Anssi, Kouamé Wilfried-Elie Konan, a rappelé que la lutte contre la désinformation ne pouvait être menée isolément. « La désinformation en ligne représente aujourd’hui une menace majeure pour nos sociétés. Ses effets vont bien au-delà du monde virtuel : elle s’attaque au vivre-ensemble, mine la confiance des citoyens dans les institutions et fragilise la stabilité démocratique, notamment en période électorale », a-t-il affirmé.
Il a également souligné les avancées réalisées depuis 2023, avec la création du Centre de lutte informationnel (Cli), le renforcement des capacités techniques et humaines, ainsi qu’une coopération accrue avec des partenaires publics, privés et internationaux. Mais il a surtout insisté sur la nécessité d’une action collective : « Aucune institution ne peut, seule, faire face à cette menace. La lutte contre la désinformation exige coordination, cohérence et réactivité. Elle exige aussi que la parole institutionnelle soit non seulement forte, mais aussi harmonisée et crédible. »
L’atelier visait ainsi à créer un cadre structuré de collaboration entre communicateurs publics, afin de partager les bonnes pratiques, harmoniser les messages et coordonner les actions de riposte. Des objectifs clairs Pour l’Anssi, les résultats attendus sont « simples mais stratégiques » : instaurer un cadre d’échanges pérenne, outiller les communicants pour détecter et contrer les campagnes malveillantes, et bâtir une réponse institutionnelle concertée. Le commissaire Blé Zézé Landry a renchéri sur la responsabilité des communicants publics, affirmant que « seule une communication institutionnelle proactive, crédible et coordonnée » peut réduire l’impact des fausses informations. De son côté, le chercheur Dr Sidiki Bamba a insisté sur la vigilance citoyenne : « La première arme contre la désinformation reste notre esprit critique. Ne relayons aucune information sans en vérifier la source. Ayons le réflexe de douter avant de diffuser. » Dans les prochaines semaines, l’Anssi entend accélérer ses actions de sensibilisation, faciliter la certification des comptes officiels et maintenir une veille permanente, appuyée par l’intelligence artificielle et une coopération renforcée avec la police judiciaire. Au-delà de la technologie, cette mobilisation repose sur un enjeu central : protéger la confiance des citoyens dans les institutions. Car c’est ce capital démocratique, fragile mais vital, que la désinformation tente d’ébranler.
Malone DIABY
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