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Sport

Côte d’Ivoire. Gabriel Tiacoh, l’étoile ivoirienne de l’athlétisme, immortalisé dans un livre

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Frère Valentin-Joseph Siban Auteur

À travers son livre « Gabriel Tiacoh, la légende », Frère Valentin Joseph Siban retrace le parcours remarquable du premier médaillé olympique de l’athlétisme ivoirien. Cette biographie a été présentée lors d’une cérémonie de dédicace, le samedi 19 juillet 2025, à Abidjan.

Devant une assemblée attentive, Frère Valentin explique les circonstances qui ont donné naissance à son œuvre. Tout commence au lycée de Dabou, où il découvre l’athlétisme. C’est au stade Félix Houphouët-Boigny qu’il voit courir Gabriel Tiacoh pour la première fois. Ce fut un choc. Quelques années plus tard, alors que l’athlète séjourne à l’hôtel Amanieh de Marcory, il prend son courage à deux mains et va à sa rencontre. Une relation d’admiration et de respect s’installe. « Il m’a demandé d’attendre son retour au pays en 1992 pour qu’on parle du projet. Malheureusement, il est décédé cette même année », confie l’auteur.

Premier médaillé olympique ivoirien, Tiacoh était un modèle de rigueur, d’humilité et de foi. C’est ce que le livre veut transmettre. « Aujourd’hui, notre jeunesse manque de repères. Tiacoh incarne les valeurs dont elle a besoin. Courage, simplicité, honnêteté, et la crainte de Dieu », dit Frère Valentin.

Albertine Koutouan , Tiacoh et N’da Lucienne

(« On ne célèbre pas nos héros »

Présent à la cérémonie, le Dr Ernest Dagrou, psychologue du sport, rappelle que l’héritage de Tiacoh ne peut être valorisé sans volonté politique. Il cite en exemple le Centre international de développement de l’athlétisme, autrefois installé à l’Institut national de la Jeunesse et des Sports (INJS) d’Abidjan, mais transféré à Dakar quelques années plus tard. « Ce centre devait former nos champions ici. Pourquoi ne l’a-t-on pas gardé à Abidjan ? » s’interroge-t-il.

Dr Ernest Dagrou psychologue du sport


C’est d’une voix empreinte d’émotion que le Dr Dagrou déplore le manque de reconnaissance envers les figures marquantes du sport ivoirien. « Aujourd’hui, les jeunes ne connaissent pas leurs héros. La preuve quand on parle de Tiacoh, certains demandent s’il était Bété ou Espagnol». Une ignorance qu’il attribue à l’absence de mémoire nationale. « On ne célèbre pas nos héros. Il est temps de leur donner la place qu’ils méritent dans notre histoire. Il faut ériger des monuments, inscrire leurs noms dans nos rues, créer des espaces qui racontent leur parcours. Nos champions ne doivent pas être oubliés. Ils doivent inspirer».

Claude Eboulé





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