La récente démission de l’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary du gouvernement et son annonce retentissante de candidature à la présidentielle d’octobre 2025, révèlent bien de choses. Un élément central de cette prise de position est l’hypothèse audacieuse émise par le Président du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) : celle d’un scrutin sans la participation du président Paul Biya.
A quatre mois de l’élection présidentielle, Paul Biya reste silencieux, face à la foultitude d’appels et de motions de soutien que formulent à son endroit, ses « créatures » et partisans. Dans l’échiquier politique national, beacoup voient venir, un scrutin sans « l’homme du 6 novembre » aujourd’hui âgé de 93 ans, dont 42 au pouvoir. Dans une « Lettre aux Camerounais » datée du 25 juin 2025, Issa Tchiroma Bakary expose les motivations de sa rupture avec l’alliance qui le liait au Président Paul Biya et justifie sa décision de se lancer dans la course à la magistrature suprême. Au point n°3 de sa lettre, intitulé « appel à l’unité nationale », l’homme politique relève une éventualité inédite. « Pour la première fois depuis l’indépendance, une élection présidentielle pourrait se tenir sans la candidature du président actuel », peut-on lire.
Cette perspective, formulée à un moment où les regards sont tournés vers une potentielle « transition historique » et où les tractations se font en coulisse pour « tourner une page et d’en écrire une nouvelle », a manifestement poussé l’ancien allié du Chef de l’État à prendre ses distances et à marquer son territoire. L’opposant des années 1990, qui a longtemps accompagné le parti au pouvoir, a choisi de cesser ce soutien pour se positionner comme un challenger de son candidat. « C’est pourquoi je propose ma candidature à la présidence de la République, non comme une ambition individuelle, mais comme un acte de foi dans la capacité du Cameroun à se lever et à se rassembler. », explique-t-il.
Issa Tchiroma, Un baron du régime Biya
Issa Tchiroma Bakary a servi le régime pendant près de 20 ans, occupant des portefeuilles ministériels clés tels que l’Emploi et la Formation professionnelle, la Communication ou encore les Transports. Il a accompagné un même système avec une même vision, que lui-même critique aujourd’hui, affirmant qu’il « a progressivement étouffé les élans de progrès, paralysé nos institutions et brisé le lien de confiance entre l’Etat et ses citoyens. » Son départ du gouvernement se présente désormais comme un signe annonciateur d’un changement, que ce soit « au sein ou en dehors du sérail ». Il concède avoir « connu le pouvoir, et j’en ai mesuré les limites », présentant ainsi une nouvelle carte politique.
Malgré cette nouvelle donne, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) reste, contre vents et marées, fidèle à ses textes de base qui désignent le président national comme le candidat naturel du parti à la présidentielle. L’opinion publique devra patienter encore quelques semaines pour savoir si la prochaine élection se déroulera effectivement avec ou sans la candidature du président sortant, Paul Biya, un scénario qui, si avéré, marquerait un tournant historique pour le Cameroun.Par
OLBIF
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