Après six ans de silence et d’exil volontaire, l’ancien président congolais, Joseph Kabila, a fait une sortie d’une virulence rare sur Internet, vendredi dernier, dans laquelle il a dénoncé une dérive autoritaire et revancharde de son successeur, Félix Tshisekedi, qui a eu pour conséquence ‘’l’effondrement de la cohésion nationale’’. Cette salve tirée depuis sa ‘’planque’’, sur le président en exercice de la République démocratique du Congo (RDC), vient alimenter davantage les soupçons de sa proximité dangereuse avec les groupes rebelles qui ensanglantent l’Est du pays, et corroborer la thèse selon laquelle il fait flèche de tout bois dans l’espoir de revenir au centre du jeu politique. Le retour de cette figure politique majeure, dans un moment aussi critique et tumultueux, s’inscrit manifestement dans une logique de déstabilisation, dans laquelle Joseph Kabila agit en fauteur de trouble, prêt à rallumer les foyers de guerre pour affaiblir un régime qu’il n’a jamais vraiment accepté depuis qu’il a cédé sa place en 2019.
S’il y a un dirigeant dont le nom reste associé aux pratiques autoritaires, c’est bien Joseph Kabila lui-même
Et le moment choisi pour lancer cette opération de revanche politique n’est pas anodin, d’autant que son offensive médiatique est intervenue au lendemain de la levée de son immunité parlementaire par le Sénat, qui ouvre la voie à d’éventuelles poursuites pour trahison et complicité de crimes avec des forces hostiles à l’Etat. Son rôle de sénateur à vie aurait pourtant pu l’élever au rang de sage de la République qui transcende les rivalités politiciennes pour s’ériger en artisan de la paix et de la réconciliation qui appelle à un sursaut collectif et à un engagement sincère de tous en faveur de l’intérêt général. Au lieu de cela, Joseph Kabila a vertement pris à partie son successeur en le qualifiant de ‘’dictateur’’ et a laissé croire aux plus naïfs des Congolais, qu’il est à même de ‘’sauver le Congo’’. Pourtant, s’il y a un dirigeant dont le nom reste associé aux pratiques autoritaires, à la répression, à la personnalisation du pouvoir et qui a incarné les verrouillages institutionnels et les violences étatiques qui ont marqué deux décennies de règne sans partage, c’est bien Joseph Kabila lui-même. Par quelle étrange alchimie ou amnésie politique, ose-t-il donc aujourd’hui s’ériger en chantre des libertés individuelles et collectives, alors qu’il avait réduit tous les espaces démocratiques et laissé s’enkyster les conflits dans le Nord et le Sud Kivu ? En vérité, c’est l’hôpital qui se fout de la charité, et les Congolais qui aspirent plus que jamais à la stabilité, à la justice et à la paix, pourraient interpréter ce manque de retenue de leur ancien président, comme une insulte à leurs souffrances et à leur désespoir.
Les dirigeants actuels qui sont aussi comptables de la situation délétère du pays, doivent saisir cette main tendue de Kabila
Cela dit, ils ne devraient tout de même pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Car, dans la même adresse controversée à la Nation, Joseph Kabila a proposé un « pacte citoyen » pour mettre fin à la chienlit actuelle. On attendra le contenu de ce pacte pour juger de son utilité et de son applicabilité. Mais on peut, d’ores et déjà, dire que la RDC en a besoin, et les dirigeants actuels qui sont d’ailleurs tout aussi comptables de la situation délétère du pays, doivent saisir cette main tendue qui ne dit pas son nom pour « sauver le Congo », pour reprendre les termes de Kabila lui-même.
« LE PAYS »
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