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Economie

Côte d’Ivoire. Filière igname : (« Il ne peut pas y avoir de pénurie » (S.G. Marché de gros)

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L'igname est l'une des principales cultures vivrières en Côte d’Ivoire. Elle est, selon les estimations de l’Organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la première production vivrière du pays avec une production annuelle de 6 millions de tonnes, soit 35 % de la production agricole nationale.

On note une grande diversité dans les variétés de ce féculent et selon les zones de production, avec deux saisons de récoltes. Les zones de production sont essentiellement localisées dans les régions de savanes, notamment au Nord, au Nord-Est et au Centre, avec les régions de Kong, du Gontougo et du Gbêkê. « De janvier à juin, c’est la première saison qui dure six mois. Les variétés d’igname dans cette période sont le Kringlin, le Florido et le bêtê-bêtê. La seconde saison fait également six mois, de juillet à décembre, et produit le Kpassadjo, l’Assawa et le Kponan », explique Samaké Abdoulaye, secrétaire général du Marché de gros d’ignames de Bouaké.

Spécificités culinaires

Les variétés que sont le Kponan, le Kpassodjo, le Florido ou le Cameroun, cultivés abondamment au Nord-Est, sont appelées « nouvelles ignames ». Chacune d’elles a une spécificité culinaire. « On utilise beaucoup le Kringlin, florido et le Kponan pour les repas de foutou, de ragoût, de frites et du N’gbô qui est l’igname bouillie accompagnée de sauce. Le bêtê-bêtê, une fois bouilli et refroidi, devient dur et désagréable. Mais le kponan demeure meilleur pour son goût sucré et tendre, sa couleur jaune et il est digestif. Même braisé, le Kponan est savoureux », affirme Mme A. K, ménagère.

Cette préférence pour le Kponan lui donne une bonne valeur commerciale, par rapport aux autres variétés. « Le bêtê-bêtê coûte 250 francs le kilo, le Kringlin, 350 francs et le Florido, 500 francs. Le Kponan est à 600 francs. Il est le roi des ignames en Côte d’Ivoire, la seule variété qu’on n’exporte pas. Mais on ne peut pas le conserver pendant longtemps. Souvent on l’importe du Ghana pour satisfaire la demande en cas de baisse locale », précise Karim, commerçant au Marché de gros de Bouaké.

Malgré le manque de quelques variétés, dû aux saisons de récolte, la Côte d’Ivoire demeure autosuffisante en igname. « Il ne peut pas y avoir de pénurie d’ignames. La production peut baisser, certaines variétés peuvent manquer. Mais ce sont des situations auxquelles le marché s’adapte facilement », rassure Samaké Abdoulaye.

Moussa I. Koné


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