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Politique

Contribution à la victoire sur le nazisme : L’Afrique payée en monnaie de singe

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9 mai : une date, deux symboliques. En effet, célébrée comme « Journée de l’Europe » dans l’Union européenne (UE), cette date représente, en Russie, celle de la victoire du pays sur l’Allemagne nazie et est célébrée chaque année avec faste. Et en ce 80ème anniversaire qui sera célébré le 9 mai 2025, Moscou a mis les petits plats dans les grands pour marquer l’événement d’une pierre blanche. Une vingtaine de chefs d’Etat venus de par le monde, au nombre desquels des dirigeants africains, participent à cette commémoration qui se tient en pleine guerre du pays de Vladimir Poutine, contre l’Ukraine. Ce qui lui donne une connotation politique particulièrement prononcée, au moment où les alliés d’hier ont des positions diamétralement opposées par rapport au conflit en Ukraine. Avec, d’un côté, une Europe résolument engagée et mobilisée derrière Kiev, et de l’autre, une Russie décidée à briser son isolement diplomatique sur le Vieux continent.

La nécessité de lutter contre le racisme et toutes les autres formes de discriminations et d’oppression

Pour en revenir à la commémoration du 9 mai, la symbolique est d’autant plus forte qu’elle marque la victoire des alliés sur le nazisme. Une victoire dont peut légitimement s’enorgueillir aussi l’Afrique qui a apporté sa part contributive à la lutte à travers le sang versé de ses fils pour la libération de l’Europe et pour un monde plus humain, plus juste, plus équitable, plus tolérant, et débarrassé des doctrines ségrégationnistes et extrémistes. Mais à l’heure du bilan, on se demande si l’Afrique n’est pas payée en monnaie de singe par le Vieux continent où le racisme contre les personnes noires est en nette progression depuis quelques années, selon plusieurs rapports. Une discrimination qui s’exprime au quotidien aussi bien dans les interpellations de police et autres formes de harcèlements que dans la recherche d’emplois, de logements et autres. Ainsi que dans bien d’autres domaines où certains font preuve d’une hostilité ouverte envers les Noirs quand ces derniers ne sont pas tout simplement assimilés à des singes sur fond de cris du primate ou de jets de peaux de bananes dans des stades. C’est dire si quatre-vingts ans après la défaite du nazisme, la ségrégation reste encore prégnante dans le monde. Toute chose qui interpelle la conscience collective sur la nécessité de lutter contre le racisme et toutes les autres formes de discriminations et d’oppression qui perturbent les communautés en causant de graves préjudices et en laissant de profondes cicatrices. Et cela nécessite un effort collectif à l’échelle mondiale. Car, l’histoire a souvent montré qu’aucun défi complexe ne peut être relevé sans inclusion, encore moins dans la stigmatisation de certaines communautés.

L’humanité doit savoir tirer leçon de l’histoire pour ne pas tomber dans les mêmes travers

Pour en revenir à la célébration du 9 mai 2025, au-delà de la démonstration de sa puissance à travers le défilé prévu sur la Place rouge, elle est une occasion, pour Moscou, de renforcer ses relations avec ses partenaires qui, de la Chine au Brésil en passant, entre autres, par l’Afrique, ont fait le déplacement de la capitale russe. C’est dire si en marge de la cérémonie, plusieurs rencontres bilatérales de dirigeants étrangers sont prévues avec le maître du Kremlin. Toujours est-il qu’aujourd’hui, beaucoup de pays du continent noir qui sont dans la logique de la diversification des partenariats, se sont rapprochés de Moscou qui est en train de damer le pion, si ce n’est déjà fait, à certains partenaires traditionnels de l’Afrique. Est-ce parce que ces derniers ont montré leurs limites ? L’histoire sans doute le dira. En attendant, cette célébration du 9 mai 2025 est aussi une commémoration qui appelle à l’introspection. Car, elle intervient dans un contexte où l’Europe est encore engagée dans une guerre de portée mondiale et dont les impacts se ressentent aux quatre coins de la planète. Mais l’humanité doit savoir tirer leçon de l’histoire pour ne pas tomber dans les mêmes travers. Car, après la seconde Guerre mondiale qui s’est soldée par la victoire sur le nazisme, il y avait eu un espoir : celui d’un monde nouveau. Aujourd’hui, beaucoup de pays devraient être aux côtés de la Russie, pour célébrer cette victoire. Mais avec la création de la « Journée de l’Europe » pour faire contrepoids à la Russie, tout porte à croire que les rivalités continuent entre puissances occidentales, au gré de leurs intérêts. Et cela n’est pas gage de paix durable dans le monde.

« Le Pays »


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