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Politique

Oligui Nguema attendu au pied du mur

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Sorti victorieux de la présidentielle du 12 avril 2025, avec 94,85% des suffrages, l’ex-général, Brice Clotaire Oligui Nguema, a été investi président de la République du Gabon, le 3 mai dernier. Parmi la dizaine de chefs d’Etat ayant fait le déplacement de Libreville, figuraient les présidents sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, ghanéen, John Dramani Mahama, rwandais, Paul Kagame, RD congolais, Félix Tshisekedi, tchadien, Mahamat Idriss Deby pour ne citer que ceux-là. On peut donc dire que tout est accompli pour l’ancien aide de camp du président Omar Bongo, qui aura tout mis en œuvre pour parvenir à ses fins. Avec cette prestation de serment, le Gabon tourne ainsi la page de la transition. Pour autant, peut-on parler d’une vraie alternance démocratique ? Assurément, non. Car, comme on le sait, l’homme a fait sienne l’assertion de son ex-mentor, Omar Bongo, selon laquelle on n’organise pas des élections pour les perdre. Maintenant que Nguema s’est drapé du manteau de président élu, il est désormais face à ses responsabilités. Il doit travailler à répondre aux nombreuses attentes de ses compatriotes, qui ont, entre autres, pour noms, la reconstruction de la confiance institutionnelle, la réconciliation nationale, la lutte contre le chômage des jeunes, la lutte contre la vie chère, la réalisation d’infrastructures routières et sanitaires. Un autre point sur lequel le président Nguema est attendu, est, sans conteste, l’apaisement de la sphère politique. Car, la suspension des partis politiques reste et demeure un véritable point de crispation.

Si le président Nguema veut réussir son septennat, il doit éviter le culte de la personnalité

En un mot comme en mille, le président gabonais ne doit pas trahir les aspirations du peuple gabonais qui a souffert le martyre sous la dynastie des Bongo. En tout cas, il est attendu au pied du mur. Il doit tenir sa promesse : celle d’offrir aux Gabonais, un Gabon nouveau. Se montrera-t-il à la hauteur de ce défi? L’avenir nous le dira. En attendant, on peut dire que le tombeur d’Ali Bongo a toutes les cartes en main pour apporter le changement tant attendu par son peuple. Car, il gouvernera sans opposition, du moins, pendant la durée de la suspension des partis politiques. Et ce n’est pas tout. L’ex-général part avec des préjugés favorables. Car les actions posées sous la transition, semblent marquer positivement les Gabonais. A cela s’ajoute le fait que le président gabonais pourrait tirer les marrons du feu de la bataille d’influence que les grandes puissances se livrent actuellement sur le continent noir. Au-delà du symbolisme, leur forte présence à son investiture, achève de convaincre sur leurs intentions réelles. En tout état de cause, si le président Nguema veut réussir son septennat, il doit éviter le culte de la personnalité qui semble avoir caractérisé sa gouvernance durant les dix-neuf mois de la transition. Du reste, s’il souhaite entrer dans l’Histoire, il doit faire de la probité, sa boussole, en s’imposant une gestion vertueuse des deniers publics. Pour ce faire, il ne doit pas confondre les caisses de l’Etat avec ses propres caisses.

Dabadi ZOUMBARA


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