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Reportage. Au marché de Gbagui, le temple du textile en Afrique de l’ouest

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De notre envoyée spéciale à Ibadan, Nigeria

Il est 11h. Nous nous trouvons au marché de Gbagui, dans la ville d’Ibadan, la troisième grande agglomération urbaine du Nigeria après Lagos et Kano. Malgré l’ombre des hangars en bois, la chaleur est torride et étouffante. Mais cela ne semble guère préoccuper les commerçants. Dans une ambiance impressionnante, les vendeurs pleins de dynamisme rivalisent d’astuces pour persuader les passants à s’approcher de leurs étals. Ils les interpellent sans cesse, en vantant, chacun du mieux qu’il le peut, la qualité de son produit. : « Sister, come here ! Sista, come here ! » Dans ce marché grouillant bien souvent de monde, surtout passées les premières heures de la matinée, l’on trouve un peu de tout : la nourriture, les mèches pour les cheveux, les bijoux, les vêtements… Mais ici, ce qui attire le plus, ce sont les tissus.

Le batik et le crêpe

Déjà à l’entrée du marché, les couleurs éclatantes des tissus attirent le regard. Les étals débordent de piles de tissus soigneusement rangés, créant un véritable arc-en-ciel de motifs et de textures. Parmi eux, deux types de tissus dominent les ventes : le batik et le crêpe.

Le batik est un tissu teint à la main selon une méthode traditionnelle. Contrairement aux tissus imprimés en usine, ses motifs sont créés grâce à une technique artisanale utilisant de la cire pour protéger certaines parties du tissu pendant la teinture. Ce procédé, similaire à celui du wax africain, permet d’obtenir des designs uniques, avec des couleurs profondes et éclatantes. Un détail intéressant : il n’y a pas de différence entre l’endroit et l’envers du tissu, ce qui accentue sa qualité.

Le crêpe lui, est un tissu souple et légèrement froissé. Il peut être fabriqué à partir de plusieurs matières : soie, laine, coton ou encore polyester. Sa particularité vient du fait qu’il est « tordu », puis parfois chauffé pour obtenir cette texture fluide et élégante, idéale pour la confection de vêtements légers.

Abdoulaye Touré, un couturier habitué du marché, explique à quel point cet endroit est stratégique pour son métier :« Le marché ici est très bien même. C’est parce qu’il est encore tôt que l’affluence n’est pas énorme. Mais malgré ça, les vendeurs peuvent faire entre 1 et 2 millions de francs CFA par jour quand ça marche bien. Les gens passent de grosses commandes pour faire coudre leurs vêtements. Ici au Nigeria, ça marche même ! »

L’influence et la réputation du marché de Gbagui ne s’arrêtent pas au Nigeria. On y croise des acheteurs venus de la Côte d’Ivoire, notamment des revendeurs qui viennent s’approvisionner dans les meilleurs tissus, pour les revendre à Abidjan. L’un d’eux confie : « Les batiks et les crêpes sont très demandés chez nous en Côte d’Ivoire. On achète ici en gros, pour aller revendre. Les gens en raffolent. »

Au fil des heures, le marché devient de plus en plus animé. Les négociations s’enchaînent, les clients défilent, et les tissus changent de main en un clin d’œil. Le marché de Gbagui est bien plus qu’un simple lieu de commerce : c’est un carrefour du textile où chaque rouleau de tissu porte en lui une promesse de créativité et de raffinement. Et surtout d’achat pour le bonheur de son vendeur.

Claude Eboulé

Envoyée spéciale à Ibadan, Nigeria


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