L’ombre d’une crise politique plane sur la Guinée-Bissau. En effet, depuis quelques jours, l’inquiétude grandit depuis que le président Umaru Sissoco Embalo, en fin de mandat, ruse avec le peuple pour garder le pouvoir. On se rappelle, en effet, qu’il avait procédé à la dissolution du parlement dominé par l’opposition en décembre 2023. Par la suite, il avait fixé au 24 novembre 2024, les législatives anticipées, avant de les reporter « sine die » par un décret présidentiel. Mais alors que son mandat a pris fin le 27 février 2025, l’ancien général de 52 ans a annoncé unilatéralement et sans concertation, que les scrutins présidentiel et législatif ne pourraient pas avoir lieu avant le 30 novembre 2025. Une décision qui, à n’en point douter, risque de plonger le pays dans une nouvelle crise politique. D’ores et déjà, l’opposition, emmenée par l’ex-Premier ministre Domingos Simoes Pereira, n’a pas tardé à appeler à la paralysie totale du pays. Un appel auquel s’attendaient visiblement les autorités bissau-guinéennes qui, par anticipation, ont mis en place un important dispositif de maintien d’ordre, après avoir interdit tout attroupement depuis plusieurs semaines. Un bras de fer qui n’augure rien de bon pour ce petit pays en proie à l’instabilité politique. Face donc à la détermination de l’opposition, on ne peut s’empêcher de se poser la question suivante : comment Umaru Sissoco Embalo pourra-t-il désormais gouverner ?
Umaru Sissoco Embalo rate une occasion d’entrer dans l’histoire de son pays par la grande porte
En tous les cas, si la Guinée-Bissau (on touche du bois) venait à prendre feu, ce serait par la faute de Embalo. Car c’est lui le problème. Lui qui avait annoncé, en septembre 2024, que, sur conseil de son épouse, il ne serait pas candidat en 2025. Une annonce qui avait, on s’en souvient, été saluée par plus d’un, avant le rétropédalage du jeune quinquagénaire. Aujourd’hui en fin de mandat, il use de stratagèmes pour conserver le pouvoir. De toute évidence, les arguments qu’il a avancés pour justifier le report à savoir « les obstacles techniques et financiers », ont été battus en brèche par l’opposition qui n’entend pas se laisser conter fleurette. En tout cas, Umaru Sissoco Embalo rate ainsi une occasion d’entrer dans l’histoire de son pays par la grande porte. Lui qui s’érigeait en donneur de leçons de démocratie lorsqu’il arrivait que l’on sollicite ses bons offices pour résoudre certaines crises dans la sous-région ouest-africaine. Cela dit, on attend de voir la position qu’adoptera la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) face à ce qui n’est rien d’autre qu’un coup d’Etat constitutionnel. Pour le moins, on sait qu’elle envisage l’envoi d’une mission afin de désamorcer la crise. Une initiative rejetée par l’opposition.
Edoé MENSAH-DOMKPIN
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