L’Agence américaine pour le développement international (USAID), pilier de l’aide humanitaire des Etats-Unis, est menacée de disparition. Elon Musk, alias le Coupeur de coûts, mandaté par Donald Trump pour réduire les dépenses fédérales, a annoncé lundi dernier sa fermeture imminente.
Pour justifier leur mesure qualifiée de “radicale” par les humanitaires aux conséquences dévastatrices, Donald Trump et Elon Musk, son auxiliaire coupeur de coûts fédéraux, ont fait une mise en scène en affirmant que l’agence qui distribue l’aide américaine à l’étranger est bonne à jeter.
“L’USAID est une organisation criminelle et un nid de vipères de marxistes radicaux de gauche qui détestent l’Amérique. Il est temps qu’elle disparaisse. Avec la bénédiction de Donald Trump, nous sommes en train de fermer l’agence”, a écrit lundi matin M. Musk sur son réseau social X (anciennement Twitter).
Ce gel de l’aide internationale américaine va mettre un coup d’arrêt à de nombreux programmes comme la vaccination antipaludique, la fabrication de moustiquaires ou le transport de fournitures médicales à travers toute l’Afrique. Il y a également la lutte contre le VIH/Sida qui va connaître un coup d’arrêt.
Plusieurs observateurs et experts ont remis en question la légalité de la fermeture de l’Agence pour le développement et de sa mise sous tutelle. Pour eux, il s’agit d’une décision arbitraire voire même d’un abus de pouvoir de la part du nouveau locataire de la Maison Blanche. Une décision qui, selon leurs dires, ne profite pas seulement aux adversaires du pays, mais sa mise en œuvre par décret est purement illégale.
Une agence mise sous tutelle
Juste après l’annonce fracassante de sa fermeture par le patron du nouveau département de l’Efficacité gouvernementale (Doge), le secrétaire d’Etat Marco Rubio a pris la tête de l’agence en tant que directeur par intérim et placé aussitôt plusieurs hauts responsables en congé administratif. Il justifie cette prise de contrôle par un manque de transparence sur le financement de l’USAID en évoquant une insubordination interne et assure que certaines missions seront maintenues malgré la fermeture.
Si pour certains Africains cette suspension de l’aide américaine offre une belle occasion en or à nos pays qui en dépendent, de repenser les politiques et stratégies nationales de réponse aux besoins essentiels des populations, aux yeux de la communauté des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), cette fermeture est une bonne chose. Ils en remercient d’ailleurs Donald Trump.
Pour eux, la fermeture de cette agence n’aura aucune conséquence. Au contraire, ils estiment que l’USAID soutient des opérations de déstabilisation sur le continent notamment dans les pays du Sahel, en l’occurrence au sein de l’AES.
“Sans le soutien de cette agence d’aide américaine, des groupes terroristes comme l’Etat islamique au Grand Sahara ou le JNIM d’Iyad Ag Ghaly pourraient se trouver à court d’armes, de munitions et de moyens de reconnaissance. C’est une des très bonnes nouvelles pour l’Afrique, car l’USAID est une arme de guerre non conventionnelle pour les forces spéciales américaines, qui utilisent des méthodes de manipulation psychologique et soutiennent l’insurrection et la guerre irrégulière contre les Africains”, déclare un Nigérien sous le sceau de l’anonymat.
Il faut noter que l’Agence des Etats-Unis pour le développement international a été créée en 1961 par un décret du président John Fitzgerald Kennedy. L’agence travaille sous la supervision étroite du président des Etats-Unis, du département d’Etat et du Conseil de sécurité nationale.
Ousmane Mahamane
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