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Politique

Guerre dans l’est de la RDC : Le sermon des religieux sera-t-il entendu ?

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Alors que Goma continue d’enterrer ses morts qui, si l’on en croit certaines sources, ont franchi la barre de 900, les tractations, aussi bien au plan interne qu’externe, se poursuivent en vue d’une désescalade dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Au plan externe, la diplomatie s’active ; en témoigne la tenue annoncée, pour le 8 février prochain, du sommet conjoint de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Est (EAC) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) en Tanzanie. Certes, il subsiste encore des divergences de vues que les initiateurs travaillent à aplanir, mais le principe, quant à lui, a été accepté par Kinshasa et Kigali. On espère seulement que ce rendez-vous de Dar-es-Salam, s’il a lieu, permettra de parvenir à un accord de paix au grand bonheur des populations de l’Est de la RDC qui souffrent le martyre. On croise les doigts, espérant que les efforts conjugués des uns et des autres faciliteront une sortie de crise. Surtout que les lignes, même au plan interne, continuent aussi de bouger.

Si le retour de la paix doit passer par un compromis politique, il n’y a pas lieu de tergiverser

En effet, si la classe politique reste divisée, les églises catholiques et protestantes, quant à elles, parlent d’une même voix. A preuve, pas plus tard que le 3 février dernier, leurs chefs respectifs ont présenté au président Félix Tshisékédi, leur « Pacte social pour la paix ». Si les grandes lignes de ce document n’ont, pour l’instant, pas été dévoilées, on sait, pour le moins, que les religieux appellent à un « consensus national sur les défis qui pèsent sur le destin » de la RDC. Est-ce une façon d’inviter le chef de l’Etat congolais à descendre de son piédestal pour prendre langue avec les rebelles du M23 qu’il qualifie de « terroristes » ? La question reste posée surtout quand on sait que pour le président Tshisékédi, le dialogue avec les rebelles, reste une ligne rouge à ne pas franchir. Va-t-il rester droit dans ses bottes ? Ou va-t-il prêter une oreille attentive au sermon des religieux qui se disent peinés par ce que vivent leurs compatriotes dans l’Est du pays ? L’avenir nous le dira. Mais en attendant, même si elle a été unilatéralement décrétée par le M23, on ne peut que saluer la trêve en vigueur sur le terrain. Car, les rebelles qui, après la prise de Goma, avaient jeté leur dévolu sur Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, donnent l’impression d’avoir marqué une pause. S’agit-il d’une stratégie tactique consistant à laisser l’adversaire rouvrir, en premier, les hostilités pour ensuite donner la réplique tout en cherchant à gagner du terrain ? Rien n’est moins sûr. En tout cas, s’il veut se donner les chances de gagner la guerre en cours dans la partie orientale de son pays, Félix Tshisékédi se doit de mettre le pied à l’étrier en oeuvrant à une union sacrée autour de sa personne.

La communauté internationale qui continue de faire dans l’hypocrisie, doit accentuer la pression sur Kigali

Si le retour de la paix doit passer par un compromis politique, il n’y a pas lieu de tergiverser au risque de continuer à mettre en péril la vie de ses compatriotes. Pour autant, Tshisékédi ne doit baisser la culotte sous peine d’humilier la RDC, du reste, présentée à la face du monde, comme un géant au pied d’argile. En tout cas, c’est une perche que les prélats et pasteurs lui ont tendue. A lui de savoir la saisir en travaillant au renforcement de la cohésion sociale plus que jamais mise à rude épreuve dans son pays. Toutefois, la communauté internationale qui continue de faire dans l’hypocrisie, doit accentuer la pression sur Kigali afin qu’elle retire ses troupes de la RDC en vue de favoriser un climat de confiance entre les autorités congolaises et le M23. Certes, le Rwanda justifie toujours son soutien au M23 par sa volonté de se défendre. Il n’a peut-être pas tort. Mais doit-on annexer un pays voisin au motif que l’on cherche à se défendre ? C’est tout simplement abscons. A moins qu’il ne s’agisse là d’un prétexte visant à pêcher en eaux troubles pour ne pas dire à piller les immenses ressources minières de la RDC.

« Le Pays »


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