Après 42 ans au pouvoir, le président camerounais, Paul Biya, 92 ans, n’est pas prêt à y renoncer et ce, en dépit de sa santé chancelante. A preuve, à moins d’un an de la présidentielle, il entretient le mystère, préférant laisser ses lieutenants s’offrir en spectacle. C’est le cas du président de l’Assemblée nationale, Cavayé Yéguié Djibril, qui, dans une récente sortie, a défendu la candidature de son mentor. C’est comme un air de déjà-vu. On laisse parler les thuriféraires avant de sortir du bois. Ce fut le cas en 2018, où Paul Biya, à la dernière minute, avait fini par annoncer sa candidature. Refusant de s’imaginer une autre vie en dehors du pouvoir, il est désormais le doyen d’âge des présidents africains. Et en matière de longévité à la magistrature suprême, il trône à la 2e place après Teodoro Obiang Nguema Mbassogo. En rappel, ce dernier tient les manettes de la Guinée équatoriale, depuis le 3 août 1979. C’est donc en véritable papy que Paul Biya qui rêve d’obsèques nationales, finira, très probablement, par annoncer sa candidature pour un énième mandat. Et, dans ce cas, il n’aura pas besoin de battre campagne pour prolonger son séjour au palais d’Etoudi. En effet, au sein de son parti, le RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais), Paul Biya a rendu taboue la question de sa succession. Même en privé ou encore en rêve, le sujet n’est jamais évoqué. Et brochant sur le tout, chez les Bantous, c’est un péché de lèse-majesté d’évoquer la succession du roi, de son vivant.
Seule Dame nature peut contrarier Paul Biya au Cameroun
Ce parallèle avec les us et coutumes de ce peuple, vaut son pesant d’or. Car, en un mot comme en mille, Paul Biya gère le Cameroun comme un chef qui gouverne son royaume. Et ses sujets le lui rendent bien en termes d’allégeance, de génuflexions et de culte de la personnalité. Au rythme où vont les choses, l’homme pourrait être tenté, comme l’a déjà fait Bokassa, de se faire couronner empereur du Cameroun. Il se susurre, en effet, dans de nombreux débits de boisson du pays, que cette hypothèse n’est pas farfelue. De ce point de vue, après l’avènement de Paul Biya 1er, l’on pourrait s’attendre à celui de Franck Biya 2, son fils aîné. Et au- delà de son parti, Paul Biya a réussi le tour de force de réduire l’opposition à sa plus simple expression. Comme le disent les Ivoiriens, il n’y a pas « garçon pour Biya » au Cameroun. En octobre prochain donc, Paul Biya remportera sans coup férir la présidentielle. Car, seule Dame nature peut le contrarier au Cameroun. Et certains Camerounais, certainement par résignation, semblent avoir intégré cela dans leur disque dur. D’autres Camerounais, et ils sont une foultitude au pays, par poltronnerie, peut-on dire, ont choisi de ne pas caresser le dictateur à rebrousse-poil, de crainte de subir ses foudres. De manière générale, l’on peut avoir le sentiment que Paul Biya ne pose problème qu’aux non- Camerounais. Au plan domestique, personne ne veut prendre le risque d’analyser objectivement la situation politique du pays et encore moins d’indiquer la porte de sortie à Paul Biya.
« Le Pays »
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
publicitéPLUS D'ARTICLES
-
68e session du Conseil international du sucre au Kenya: la Côte d’Ivoire confirme son rôle moteur dans la durabilité de l’économie sucrière mondiale
-
Côte d’Ivoire. La disponibilité de l'eau au cœur de la célébration de la « Journée de l’Afrique »
-
Gabon : un ancien international retrouvé mort
-
Côte d'Ivoire. Agriculture : cap sur un nouveau programme d'investissement
-
Côte d’Ivoire : Le gouvernement aux côtés des déguerpis de Koumassi Campement
-
Côte d’Ivoire. « Une jeune fille instruite deviendra une femme agissante » (Dominique Ouattara)
-
Côte d’Ivoire - Bénin. Coopération bilatérale et sécurité régionale au menu de la rencontre entre Wadagni et Ouattara
-
Côte d’Ivoire. Communication institutionnelle : vers une synergie renforcée entre les structures agricoles
-
Côte d’Ivoire. Protection de l'enfance : Onze brigades speciales anti-traite installées
-
Côte d’Ivoire. Autoroute du nord : La BOAD accorde 30 milliards de FCFA pour le prolongement
-
Côte d’Ivoire. La gestion des déchets ne sera pas confiée aux maires
-
Côte d’Ivoire - Vendeurs ambulants : Gagner son pain en risquant sa vie
-
Madagascar :Ministère de l’injustice ?
-
Côte d’Ivoire. Déguerpissement : il n’y a plus de « Zimbabwé » à Abidjan
-
Côte d’Ivoire. Abidjan sous les ordures : Amédé Kouakou menace les opérateurs
-
Côte d’Ivoire. L’influenceur Apoutchou National et Lionel PCS condamnés à 3 et 5 ans de prison pour blanchiment de capitaux
-
Côte d’Ivoire. Gouvernance du numérique : Abidjan au cœur des règles
-
Arsenal : La réaction incroyable des supporters avec le maillot de Gabriel après son penalty manqué
-
Coupe du monde de football : 40 billets à gagner
-
Côte d’Ivoire- Éducation : Les filles dépassent les garçons d'une courte tête au CEPE
-
Kibarou . A la conquête des touristes chinois
-
Usa: Marche arrière sur la nouvelle règle pour les demandes de résidence permanente
-
Exemption de visa bientôt entre Abidjan et Yaoundé
-
Côte d’Ivoire : Dominique Ouattara alloue des fonds supplémentaires pour l’autonomisation des femmes
-
Côte d’Ivoire. Bruno Koné poursuit la réforme de la Chambre d'Agriculture
-
Côte d’Ivoire. Cybercriminalité : Détournement sur mobile money
-
Côte d’Ivoire - États Unis : Nialé Kaba et Ibrahima Touré conviennent des axes prioritaires
-
Face aux bombes russes : l’Ukraine pleure ses morts et refuse de plier, quatre ans après
-
Côte d’Ivoire.Foncier rural à Facobly : le temps de la certification
-
Coupe du monde 2026: “Des régimes étrangers se livrent à des manœuvres d’intimidation aux États-Unis”
-





