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L’enquête du jeudi. Abidjan. Nids de poule et trous béants sur les voies bitumées : (1/2)- Les usagers se sentent oubliés

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Yopougon souffre d’un réseau routier en mauvais état qui rend la circulation difficile pour les usagers. Face à cette situation, certains habitants colmatent eux-mêmes les nids-de-poule, tandis que d’autres plaident pour une intervention des autorités locales.

Du carrefour Lubafrique au quartier Niangon Nord, des nids-de-poule parsèment la route pourtant bitumée. Les conducteurs tentent de les éviter, mais leurs efforts sont souvent vains. En évitant un premier nid-de-poule, ils finissent par tomber dans un second. C’est que, par endroits, le bitume a presque disparu en faisant place à des trous béants, en plein milieu de la chaussée. Les véhicules avancent lentement, au risque de se renverser. Dans un gbaka en direction de Siporex, les passagers tanguent dans tous les sens. Pourtant, personne ne se plaint de l’état de la route puisqu’ils sont habitués à cette situation. « Cela fait des années que j’emprunte cette route, et ç’a toujours été comme ça. Il y a plein de trous sur la route, on fait avec », explique une passagère du véhicule.

Arrivé à Yopougon Magasin, le même constat s’impose. Ici aussi, les routes sont quasiment impraticables. Issa, chauffeur de Gbaka, en a l’habitude, puisqu’il emprunte cette voie plusieurs fois par jour. « Le mauvais état des routes nous fatigue. Parfois, ça crève nos pneus, et on est obligé de passer régulièrement au garage », déplore-t-il. Ablo, un autre chauffeur se plaint de la même situation. Il essaie tout de même d’éviter les zones où les routes sont en mauvais état. « Pour aller jusqu’à Siporex, je préfère passer par Yopougon à gauche. Je vais jusqu’au palais de justice, puis j’arrive à Siporex. Sur cette voie, il y a moins de trous qu’à Sicogi, Lubafrique et Magasin », explique-t-il.

La Sotra change de trajet

À Yopougon Jérusalem, la route menant à Abobodoumé est également en mauvais état. De nombreux trous jalonnent le trajet, au point qu’il est impossible de les dénombrer tous. Les abords de la route sont couvertes d’eaux stagnantes. La récente averse de la veille a bien arrosé le bitume et rempli les nids-de-poule d’eau.

Ces problèmes récurrents de voirie contraignent souvent la Société de Transport Abidjanaise (SOTRA) à modifier régulièrement ses itinéraires ou à les raccourcir. Le bus 44, qui reliait auparavant le quartier Yopougon Cité Verte à Abobodoumé, a dû revoir son trajet. Et dire que, pour de nombreux étudiants et travailleurs, ce bus représentait une solution pratique pour rejoindre les communes du Plateau ou de Treichville. Mais depuis quelques mois, le bus s’arrête désormais au quartier Koweït, à Yopougon.

Cette situation complique la vie des usagers, notamment les étudiants comme Isaac Yéo, inscrit dans une école au Plateau. « Avant, je prenais le bus 44 jusqu’à Abobodoumé, puis un bateau-bus pour aller à l’école. Mais maintenant qu’il s’arrête à Koweït, je dois payer 300 francs supplémentaires pour atteindre Abobodoumé. Cela me coûte plus cher, alors j’ai décidé de prendre le bus 39, qui relie directement Yopougon au Plateau en passant par Adjamé », explique Isaac. Le vendredi 13 décembre 2024, Émeraude Kouassi se rendant à Treichville, a également déploré l’impact financier négatif de ces changements d’itinéraire. « Avant, je dépensais 500 francs pour aller à Treichville. Maintenant que le bus a raccourci son trajet, je dois payer 800 francs », confie-t-elle. Comme de nombreux habitants de Yopougon, Émeraude appelle à une réhabilitation des routes dégradées. « Parfois, on a l’impression que notre commune est oubliée. Nos routes sont en très mauvais état. Il faut que des travaux soient effectués pour que cela change », plaide-t-elle.

Les volontaires de la route

À Yopougon, des jeunes se portent parfois volontaires pour combler les nids-de-poule dans la commune. Munis de pelles, ils colmatent les trous avec du gravier, du sable ou des cailloux qu’ils prennent le temps de casser eux-mêmes. Par la suite, ils sollicitent des pièces d’argent auprès des conducteurs. Édouard, chauffeur de taxi, n’hésite pas à leur donner quelques pièces. « Ce qu’ils font nous aide à mieux circuler. Au moins, on ne risque plus que nos pneus se coincent dans un trou », explique-t-il. Cependant, leurs travaux ont un inconvénient. Ils occasionnent de la poussière, notamment lorsque le sable et les cailloux sont associés et que les véhicules roulent dessus. À Yopougon Niangon Nord, près de l’église catholique Sainte Rita, la poussière flotte en permanence dans l’air. Chaque véhicule qui passe soulève un nuage de poussière. Cela oblige les passants à se protéger tant bien que mal, souvent en se couvrant le visage avec leurs mains. Une vendeuse d’oranges, installée à proximité, porte même un masque pour se préserver de la poussière.

Adama Yéo, directeur des projets d’infrastructures de la mairie de Yopougon, a déclaré début décembre 2024, à nos confrères de la RTI, que la mairie prévoyait l’aménagement de 9 kilomètres de voies et la réhabilitation de 15 autres kilomètres dans la commune. Selon lui, les travaux ont déjà commencé dans certains quartiers. À Yopougon Port-Bouët, près du carrefour Mendiants, une route auparavant en mauvais état a récemment été restaurée et les usagers jouissent désormais d’un meilleur confort de circulation. Mais il en reste encore plusieurs autres, à travers la commune, qui donnent du fil à retordre aux transporteurs, et autres automobilistes, en mettant bien mal à l’aise leurs passagers.

De Lima Soro







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