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Au Tribunal. Joe livre du « placali au cannabis » à un prisonnier

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Début novembre 2024, Joe est sollicité pour accomplir une basse besogne. Une mission qui l’a conduit devant la prison civile de Grand-Bassam. Il ne s’agissait point pour lui, d’aller purger une peine de prison. Joe devait plutôt apporter à manger à son ami et complice Djacou, qui y séjournait, suite à une décision de justice, pour « détention illicite de drogue et consommation de stupéfiants ».

Apparemment, la mission que devait accomplir Joe avait un caractère humanitaire : apporter de la nourriture à un détenu en souffrance. Malheureusement, le plat que portait Joe était très suspect. C’était un plat de « placali », au fond duquel se trouvaient des « corps étrangers ». Une fouille minutieuse du plat, par l’agent de service, a révélé la vraie nature de ces corps : des boulettes de cannabis ou chanvre indien. A partir de cet instant précis, les choses sont allées très vite mais très mal pour Joe. L’envoyé-suspect est immédiatement mis aux arrêts et placé sous mandat de dépôt au pénitencier de la cité balnéaire.

Pendant l’enquête préliminaire, le suspect a juré au nom de tous les dieux qu’il adore, qu’il ne savait rien du « vrai contenu » du colis qu’il portait. Pour autant, il a reconnu qu’il savait tout sur le motif qui a amené la justice à mettre son ami Djacou à « l’ombre ». En termes un peu plus clairs, Joe sait que son « vieux-père » est un consommateur impénitent des substances psychotropes.

Lors de sa comparution, le 28 novembre 2024, devant le tribunal des flagrants délits de Grand-Bassam, pour « complicité de détention illicite de drogue et trafic de stupéfiants », Joe qui savait qu’il avait très peu de chances de sortir blanchi de cette triste affaire, s’est finalement contenté d’implorer la clémence du Juge : « M. le président du Tribunal, vraiment je regrette ce qui est arrivé. Je voulais tout simplement rendre service à mon ami qui souffrait en prison. Je ne vais plus jamais recommencer. C’est vrai, moi-même je fume un peu de temps en temps mais je ne suis pas un trafiquant de drogue. Contrairement à ce que les policiers ont écrit dans le Procès-verbal qu’ils m’ont fait signer… »

Question du Procureur au prévenu : « Joe, pendant ton interrogatoire, les policiers t’ont frappé ou menacé ? » Réponse du prévenu : « Non, M. le Procureur. Ils ne m’ont ni bastonné ni menacé.» Le Procureur : « Alors…pourquoi tu mens aujourd’hui ? Pourquoi tu racontes des histoires à dormir debout ? » Le prévenu : « Moi, je ne mens pas. Ce sont les policiers qui ont écrit ce qu’ils voulaient écrire. Moi, je n’ai fait que signer. »

Au terme du procès, le prévenu n’a pas échappé à la rigueur de la Loi. Il a été condamné à six mois de prison ferme, à Cent mille francs d’amende et à trois ans d’interdiction de paraître. Surtout pas dans les environs d’une prison. Avec ou sans Placali.

Une chronique de Mory-Frey Touré.



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