Les vendeurs de friperie au grand marché de Bouaké s’approvisionnent, pour la plupart, à Abidjan, la capitale économique. Les balles contenant les vêtements coûtent entre 60 000 et 120 000 francs CFA, l’unité. Les balles de vêtements de qualité supérieure vont jusqu’à 200 000 francs, à en croire les dires de Diawara Adama.
Les balles de friperie qui contiennent les vêtements de femmes et d’enfants font bon marché. Dans ces balles, « ce sont des robes, des tee-shirts, des jupes, des maillots de bain, etc. Nous préférons les balles de femmes et d’enfants. Ça marche bien par rapport aux balles de vêtements d’homme. Nos meilleurs clients, ce sont les femmes », nous explique Adama.
« On s’en sort bien »
Adama fait équipe avec Sangaré, depuis trois ans. Ils sont comme des employés. « On a un patron qui nous envoie les balles et on vend. Il nous paie en fonction des bénéfices. Pour une balle de 120 000 francs qu’on peut vendre en trois jours maximum, nous pouvons avoir au moins 50 000 francs de bénéfices ». Juste à côté d’eux, est installé Konan Konan Denis. Diplômé d’une licence en sciences économiques à l’université de Bouaké, il se débrouille dans la friperie depuis 2016. « Il y a de nombreux Ivoiriens comme moi qui sont ici. On s’en sort bien. Il n’y a pas de sot métier », soutient-il.
Denis se fournit sur place chez un grossiste, à 65 000 francs le balle de friperie. En deux ou trois jours, il finit de l’écouler. « Quand je casse la balle le premier jour, je peux vendre les vêtements à 500 francs. Après, dès que je gagne l’argent du prix auquel j’ai acheté la balle, je vends à 300 francs. Le lendemain, je casse encore le prix à 200 francs. En deux jours, je finis une balle et je vais en chercher une autre. Si tu écoules vite, tu te fais des bénéfices. Mais il arrive qu’on perde aussi. C’est le commerce ».
Au-delà de la rentabilité, les jeunes qui exercent dans ce commerce font face à des difficultés actuellement. Le marché étant en construction, ils vendent sur la voie publique. « On est obligé de rester sous le soleil, avec nos marchandises dans les charrettes, pour vendre sur la voie publique. On est entre les voitures, c’est dangereux. Tous les jours les agents de la Police municipale nous pourchassent. S’ils t’attrapent, tu paies 2 000 francs. Voila ce qu’on vit », nous dit Konan Denis. En attendant, ils ont la possibilité de vendre au marché de Kôkô, un quartier de Bouaké. Là-bas, le jour de marché est le mercredi, un seul jour. Là encore, il n’y a pas de places pour tout le monde.
Moussa I. Koné
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