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Economie

L’ONU doit savoir se regarder dans la glace

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Encore des accusations de viols et d’agressions sexuelles contre des Casques bleus de l’ONU. Et une fois de plus, le nom d’un pays revient : celui de la RCA où depuis 2015, l’organisation mondiale a enregistré des allégations d’abus et d’exploitations sexuelles contre pas moins de 730 soldats de la Mission des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA). Des chiffres effarants qui en disent long sur la profondeur du mal et qui appellent de l’ONU, une véritable introspection. Et l’organisation basée à New- York doit d’autant plus savoir se regarder dans la glace que malgré ses efforts pour lutter contre les abus sexuels perpétrés par ses soldats, le phénomène persiste, plongeant souvent les victimes dans le plus grand désarroi. Toujours est-il que, entre humiliation et peur de représailles, si ce n’est de rejet, d’indifférence ou de stigmatisation par la société, nombreuses sont les victimes qui préfèrent parfois garder le silence. Et quand on sait qu’il n’est pas toujours aisé de prouver un cas de viol, on imagine la souffrance physique et morale et le déchirement de ces femmes qui ont été blessées dans leur amour-propre et dans leur âme sans savoir vers qui se tourner pour trouver consolation.

Il appartient à l’ONU de faire le bon diagnostic si elle veut trouver la bonne thérapie

C’est dire si le sujet est d’une telle gravité qu’il nécessite la prise de mesures plus hardies pour contrer le mal et prévenir les inconduites des soldats de la paix. Car, la persistance du phénomène et la récurrence des accusations sont la preuve manifeste de l’inefficacité des mesures de prévention et des mécanismes de signalement mis en place par l’ONU pour prévenir ces abus, en permettant aux victimes de dénoncer leurs éventuels agresseurs. Encore faudrait-il que ces mesures censées être dissuasives pour ces soldats à la braguette légère, soient connues du grand public dans un pays comme la Centrafrique où l’immensité du territoire constitue potentiellement un handicap pour une communication efficace sur le sujet. Si l’on ajoute à cela la culture de l’impunité qui tend à prendre le pas sur les sanctions contre les présumés fautifs, on comprend que le phénomène ait autant la peau dure au sein des forces onusiennes, au-delà même du cas de la Centrafrique. C’est le lieu de se poser des questions sur les conditions de recrutement et de travail de ces soldats de la paix dont le comportement est en contradiction avec leur mission et aux antipodes des valeurs d’éthique et de probité qu’ils sont censés incarner. Est-ce au niveau de l’enquête de moralité que le bât blesse ? Est-ce le stress des conditions de travail qui serait en cause ? Bien malin qui saurait répondre à ces questions. Mais il appartient à l’ONU de faire le bon diagnostic si elle veut trouver la bonne thérapie à un mal qui contribue d’autant plus à écorner son image qu’il s’agit de bas instincts que ses soldats n’arrivent pas à maîtriser. Et qui contribuent à briser des vies. En tout état de cause, ces viols et autres violences sexuelles sont des actes qui restent hautement répréhensibles et tout aussi condamnables. Car ils touchent à la dignité humaine.

L’ONU ne devrait pas hésiter à prendre des mesures beaucoup plus contraignantes à l’encontre des brebis galeuses

Et l’ONU est d’autant plus interpellée que ces nouvelles accusations d’abus sexuels, portées contre ses soldats en Centrafrique, sont loin d’être un cas isolé. En effet, de la République démocratique du Congo à la Côte d’Ivoire, en passant, entre autres, par le Mali, les Casques bleus ont souvent été mis sur la sellette dans des affaires de mœurs qui ne font pas honneur à leur employeur, encore moins à leur pays d’origine. Autant dire qu’au-delà des dénégations, une remise en cause sincère s’impose. Cela dit, il appartient à l’organisation mondiale de s’engager résolument à faire bouger les lignes dans le sens du changement. Pour cela, il faut cesser de faire l’autruche pour regarder la réalité en face. Car, une faute reconnue, prédispose à changer de comportement. Au-delà, s’il y a lieu de revoir la nature des sanctions, l’ONU ne devrait pas hésiter à prendre des mesures beaucoup plus contraignantes à l’encontre des brebis galeuses. Et s’il le faut, trouver le moyen de les passer en jugement dans le pays de déploiement et non pas au retour du Casque bleu dans son pays d’origine. C’est à ce prix que l’organisation mondiale pourrait faire amende honorable en contribuant à résoudre l’équation d’une crise humaine qui démontre une fois de plus la vulnérabilité de la femme dans les situations de conflits et qui touche profondément à la dignité de cette dernière.

« Le Pays »


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