La présidentielle au Ghana se profile à l’horizon, et l’opposition met déjà la pression sur la Commission électorale. En effet, le Congrès Démocratique National (NDC), principal parti d’opposition, a appelé à une manifestation le 17 septembre 2024, à travers tout le pays, pour exiger un audit des listes électorales. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’opposition ne manque pas d’arguments. Elle dénonce, entre autres, une hyperinflation du nombre d’électeurs avec le fichier électoral qui comporterait 50 000 électeurs de trop dont certains seraient même décédés. D’autres auraient été transférés, à leur insu, vers des bureaux de vote qui leur seraient très éloignés.
Mais en ruant ainsi dans les brancards, l’opposition peut être taxée par certains de faire dans la surenchère parce que sentant sa défaite venir. Tout cela est bien possible car en politique, il ne faut jurer de rien. Mais il n’en demeure pas moins que les irrégularités relevées, si elles sont avérées, restent assez graves, toutes choses qui n’honorent pas un pays comme le Ghana présenté comme l’un des modèles de démocratie en Afrique. C’est dire si ces reproches devraient être pris au sérieux par la Commission électorale si elle veut garantir la crédibilité du scrutin présidentiel prévu pour se tenir le 7 décembre prochain. Ces griefs ne sont pas à négliger d’autant plus que des observateurs de la scène politique ghanéenne partagent les doutes de l’opposition en rappelant notamment, le vol de kits biométriques au siège de l’instance chargée de l’organisation des élections.
Il faut aplanir les divergences avant l’ouverture de la bataille présidentielle
Cette sortie du principal parti d’opposition sonne donc comme un signal envoyé à la Commission électorale qui gagnerait à se mettre à la tâche pour offrir une élection transparente et acceptée de tous. Et c’est bien possible d’autant que ce qui lui est demandé n’est pas de la mer à boire. En effet, les anomalies relevées, pour autant qu’elles soient fondées, peuvent être corrigées et la Commission en a largement le temps et les moyens, pour peu qu’elle veuille montrer patte blanche. Elle y a surtout intérêt, parce que les crises électorales en Afrique, sont le plus souvent liées au fichier électoral. Il est donc dans l’intérêt de tous les Ghanéens que ce fichier électoral soit audité afin qu’il soit accepté de toutes les parties prenantes. Pour ce faire, il faut aplanir les divergences avant l’ouverture de la bataille présidentielle qui mettra notamment aux prises, le candidat du parti au pouvoir Mahamudu Bawumia (Nana Akufo-Addo étant au terme de ces deux mandats légaux), et celui du NDC, l’ancien président John Dramani Mahama.
On le sait, la dernière présidentielle au pays de Kwame Nkrumah n’a pas été sans contestation. Dès lors, il faut travailler à se prémunir contre tous les germes d’une possible crise post-électorale. C’est une nécessité absolue pour ce pays où le contexte national est déjà assez difficile avec une inflation galopante, une corruption qui gangrène, si fait que la moindre étincelle peut mettre le feu aux poudres.
Siaka CISSE
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