Le Mali et l’Algérie exportent leur mésintelligence au Conseil de sécurité de l’ONU. C’est le moins que l’on puisse dire au regard de ce qui s’est passé le 30 août dernier à New-York. En effet, au cours d’une réunion sur la fourniture des armes par les pays occidentaux, les ambassadeurs des deux pays voisins se sont offerts en spectacle à travers une passe d’armes. Tout est parti des accusations d’Alger, selon lesquelles un drone malien a tué une vingtaine de civils dans le Nord-Mali. « Accusation aussi grave qu’infondée », a répondu Bamako qui reproche à son voisin de colporter « à la légère des informations de presse non vérifiées ». De quoi jeter de nouveau un froid glacial sur les relations entre les deux voisins déjà mal en point depuis la mise à mort par Bamako de l’accord de paix d’Alger signé entre le Mali et les rebelles. Et ce n’est pas tout. Le fossé s’est davantage creusé entre les deux capitales depuis qu’Alger a accepté d’offrir le gîte et le couvert aux rebelles chassés de Kidal en fin 2023. A cela s’ajoute l’exil doré accordé à l’imam Mahamoud Dicko présenté comme le poil à gratter du président Assimi Goïta et ses frères d’armes qu’il n’a eu de cesse de clouer au pilori. Cela dit, comment donc restaurer la confiance entre l’Algérie et le Mali ? Difficile de répondre à cette question dans la mesure où pour Bamako, Alger ne joue pas franc-jeu.
Si elles ne se blairent pas, Alger et Bamako ne pourront pas collaborer
Or, au regard du contexte régional, il est dans l’intérêt des deux voisins de travailler à se donner la main au risque de jouer le jeu des terroristes qui se moquent des frontières. Car, on ne le dira jamais assez, la lutte contre le terrorisme, pour être efficace, doit se mener dans la mutualisation des efforts, notamment à travers le partage de renseignements et des opérations conjointes. Inutile donc de dire que si elles ne se blairent pas, Alger et Bamako ne pourront pas collaborer en vue de porter l’estocade aux groupes armés terroristes qui continuent de semer la mort et la désolation sur leur chemin. Surtout que, dans le même temps, on sait aussi que les relations entre le Mali et certains de ses voisins, en l’occurrence la Côte d’Ivoire et la Mauritanie, ne sont pas au beau fixe. C’est dire qu’à l’allure où vont les choses, ce ne serait pas demain la veille la fin du terrorisme. A moins que prenant toute la mesure du péril, les uns et les autres acceptent de descendre de leur piédestal en vue d’une collaboration franche, sincère et durable. Peut-être faudrait-il que l’Union africaine (UA) et les Nations unies, s’il y a lieu, s’impliquent davantage afin d’aplanir les divergences de vues qui opposent le Mali et ses voisins. Ce n’est pas trop demandé ; tant il y va de l’intérêt supérieur du peuple malien qui a longtemps souffert le martyre. En tout cas, quand on suit de très près l’évolution de la situation, on a parfois envie de dire que Bamako tire un peu sur la corde. Pour autant, on ne saurait absoudre aussi l’Algérie qui, il faut le dire, joue au clair-obscur si elle donne pas la fâcheuse impression de vouloir faire chanter son voisin.
Boundi OUOBA
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
publicitéPLUS D'ARTICLES
-
Agroalimentaire : Les 5 priorités de la Côte d’Ivoire
-
Coopération. Un accord pour « transformer le système alimentaire en Côte d'Ivoire » (Dr Siméon Ehui, D.G. IITA)
-
Chroniques du MASA. Shinohe (Japon) : 45 mn de danse et mime
-
France - Légion d'honneur : Dominique Ouattara devient membre d’honneur
-
Côte d’Ivoire – États-Unis : un deuxième accord Compact signé pour transformer le secteur de l’énergie
-
Cybercriminalité. Le jeune ingénieur rattrapé à son retour de France par son passé de brouteur
-
Côte d'Ivoire. Six produits vivriers sur la table du ministre Comoé
-
Coopération- La Côte d’Ivoire signe un partenariat stratégique avec le groupe privé américain ABD Group
-
Chroniques du MASA- Deux scènes, une même blessure
-
Chronique du MASA2026- Financement des arts du spectacle africain : des milliards disponibles, des projets trop petits
-
L’enquête du jeudi. Art et numérique : (2)- « Notre musique est partout mais nos poches sont vides » (chanteur de coupé-décalé)
-
L’enquête du jeudi. Art et numérique : (1)- Comment internet appauvrit les artistes
-
Arrestation de Kemi Seba en Afrique du Sud : une extradition vers le Bénin en cours
-
Financement du développement : La Côte d’Ivoire se dote d’un fonds souverain
-
Départ du chef du Département Afrique du FMI : la Côte d’Ivoire rend hommage à Abebe Sélassie, un partenaire clé
-
Chronique du MASA 2026. Deux spectacles de conte entre résistance et polyphonie
-
Francophonie. Louise Mushikiwabo et Alassane Ouattara préparent le Sommet de Phnom Penh
-
Les critiques pleuvent Depuis son retour à la Maison Blanche, Trump fait exploser sa fortune
-
Swan et Kayikwamba conviennent de soutenir les efforts en faveur de la paix en RDC
-
Chronique du MASA 2026. Gbi de Fer fait rire de l’Etat où tout va bien
-
Côte d’Ivoire. Taxis à l’arrêt (Reportage)
-
Chronique du MASA 2026. Transe et rock du Maroc
-
MASA 2026 : le Village de l'Innovation, nouveau laboratoire des industries culturelles africaines
-
AES vs. CEDEAO : Abidjan ouvre le jeu et joue franc jeu… Illusion ou realpolitik ?
-
Polémique sur l’achat de vues : la toile guinéenne s’enflamme
-
Côte d'Ivoire- Banque mondiale et FMI : Adama Coulibaly à Washington , DC pour “les réunions du printemps”
-
Côte d’Ivoire. 14e MASA : Brésil et Maroc à l'honneur à Abidjan, capitale des arts vivants africains
-
Kibarou . La Côte d’Ivoire culturelle en action
-
Côte d'Ivoire - Deuil. Dominique Ouattara exprime sa compassion à la famille de Me Tano Emmanuel
-
Côte d'Ivoire - Désordre urbain : Hien Sié fait raser les garages sauvages au bord la nouvelle voie Y4
-






Publié le :
2 septembre 2024Par:
Bakary Coulibaly abou