Près de quatre-vingts ans après leur mort dans les circonstances pour le moins tragiques, six tirailleurs sénégalais viennent d’entrer dans l’Histoire de la France. Ils avaient été froidement exécutés en compagnie de plusieurs autres dans le camp militaire de Thiaroye au Sénégal, en 1944, sur ordre d’officiers de l’armée française. Leur péché, pour ainsi dire, c’est d’avoir osé réclamé leurs arriérés de solde. Car, plutôt que de leur prêter une oreille attentive, leurs « maîtres » a préféré leur opposer la force dans toute sa laideur. Mais désormais, ils sont reconnus, à titre posthume, « morts pour la Francs », selon une décision en date du 18 juin dernier, prise par l’Office national français des combattants et des victimes de guerre (ONaCVG). « Ce geste s’inscrit dans le cadre des commémorations du 80e anniversaire de la libération de la France, comme dans la perspective du 80e anniversaire des événements de Thiaroye, dans la droite ligne mémorielle du président de la République qui souhaite que nous regardions notre histoire en face », a justifié le Secrétariat d’Etat français dans une déclaration rendue publique le 28 juillet 2024. Mieux vaut tard que jamais, est-on tenté de dire. Car, si en 2014, le président français d’alors, François Hollande, s’était contenté de rendre hommage aux tirailleurs sénégalais, Emmanuel Macron, lui, est visiblement allé plus loin en reconnaissant que ceux qui ont été massacrés à Thiaroye, l’ont été pour sauver la France.
La décision prise concernant les six tirailleurs sénégalais, réjouit plus d’un
S’il est vrai que le geste est symbolique, la portée, quant à elle, n’en demeure pas moins grande ; tant elle contribuera à apaiser la douleur des familles et ayants droit. Reste maintenant à espérer qu’après les six tirailleurs sénégalais qui viennent d’être « réhabilités », le devoir de mémoire des autorités françaises se poursuive afin que soient reconnus les efforts de tous les autres Africains, et Dieu seul sait s’ils sont nombreux, qui ont trouvé la mort en voulant défendre la France. C’est à ce prix que la France et ses ex-colonies pourront « regarder leur histoire en face », comme le souhaite le président Macron, afin de mieux envisager l’avenir. Car, tout porte à croire que leur histoire commune et douloureuse pèse énormément sur leurs rapports d’aujourd’hui au point d’alimenter dans certains pays du Sahel, un sentiment anti-français avec toutes les conséquences qui peuvent en découler. Avec sa ligne mémorielle, le président Macron parviendra-t-il à dégager les épais nuages qui assombrissent les relations entre la France et certaines de ses ex-colonies ? On attend de voir. Toujours est-il que la décision prise concernant les six tirailleurs sénégalais, réjouit déjà plus d’un sur le continent africain.
B.O
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
publicitéPLUS D'ARTICLES
-
Côte d'Ivoire. Distillerie : Une usine pour produire de l’alcool de canne à sucre à Ferkessédougou
-
Félix Tshisekedi conditionne les élections de 2028 à la fin de la guerre dans l’Est
-
Salon international du Contenu audiovisuel d'Abidjan (SICA) : Amadou Coulibaly lance officiellement la 4ème édition
-
Côte d’Ivoire. Président Ibrahim Coulibaly Kuibiert : de la CEI au Conseil d'État
-
L'enquête du jeudi. Guerre aux affiches sauvages : (2/2)-Trop de panneaux éblouissants à Abidjan
-
L'enquête du jeudi. Guerre aux affiches sauvages à Abidjan : (1/2)- « On nettoie le matin ; le soir, c'est recouvert »
-
Mondial 2026 : fédéraux sénégalais privés de visa, l’ambassade des États-Unis explique
-
Côte d'Ivoire. 115 000 milliards à mobiliser pour le Plan national de développement
-
Côte d’Ivoire. Élections : RIP la CEI
-
Côte d’Ivoire. Abidjan : les enfants mendiants : envahissent les rues
-
Côte d’Ivoire. Agenda 2063 : Le Représentant de l’Union africaine présente sa feuille de route
-
Côte d’Ivoire. Conseil des droits de l’homme: le nouveau président présente l’état des lieux
-
À Washington DC, la Côte d'Ivoire fait découvrir ses richesses touristiques et gastronomiques
-
À l’UJIF, une assemblée générale sous tension évite de justesse la scission
-
Côte d’Ivoire : 4 600 milliards FCFA annuels perdus dans l’orpaillage illégal
-
Cacao. Front commun Côte d'Ivoire et Ghana contre les pressions du marché
-
Côte d'Ivoire. Combien d’agriculteurs ?
-
Côte d’Ivoire.Prix National d’Excellence 2026 : Le délai de soumission des candidatures prorogé au 15 mai
-
Côte d’Ivoire. Accident : Un homme écrasé par un conteneur
-
Coopération militaire : 30 pays africains en exercice en Côte d’Ivoire avec l’armée américaine
-
Côte d’Ivoire. 142 tonnes d’or fantôme chaque année
-
Kibarou. Que le PND y réponde efficacement
-
Festival des Musiques urbaines d’Anoumabo : Asalfo félicité par la marraine
-
Côte d'Ivoire. Fête du travail : Face aux doléances, Beugré Mambé exhibe le PND
-
Rapprochement CEDEAO – AES. Lansana Kouyaté en négociateur
-
Côte d’Ivoire. À 15 ans, « Bessé », chef de gang terrorisait N’Dotré à coups de machettes
-
RDC.Assemblée nationale : la proposition de loi sur le référendum déclarée recevable, l’opposition crie au « coup d’État constitutionnel »
-
Liberté de la presse. La Côte d’Ivoire avance de 10 rangs dans le classement de Reporters Sans Frontières
-
Côte d’Ivoire. La Première Dame au SILA pour soutenir les éditeurs et les auteurs
-
Côte d’Ivoire. Mort massive de poisson dans le Bandama : une usine sucrière mise en cause
-






Publié le :
30 juillet 2024Par:
lago Tape