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Politique

Sommet de la CEDEAO : De la nécessité de se regarder dans la glace pour rebondir

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C’est une Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) théoriquement diminuée de trois membres, qui s’apprête à tenir son sommet annuel, le 7 juillet 2024, à son siège à Abuja au Nigeria. Théoriquement, parce que le retrait annoncé des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) que sont le Mali, le Burkina Faso et le Niger, n’a pas encore été formellement acté par l’organisation sous-régionale qui fait des pieds et des mains pour préserver son unité. Parviendra-t-elle à éviter la rupture et à ramener les brebis frondeuses dans la bergerie ? C’est le principal enjeu de ce sommet dont l’un des principaux sujets de discussion portera sur la gestion des coups d’Etat dans l’espace communautaire. Un sommet qui se veut aussi celui de l’introspection au moment où le continent noir, en général, traverse l’une des crises de gouvernance les plus aigües de son histoire et est confronté à des défis multiples et multiformes qui ont vu le retour en force des coups d’Etat. C’est dire la nécessité, pour l’organisation ouest-africaine, de se regarder dans la glace pour mieux rebondir. Une autocritique rendue d’autant plus nécessaire qu’à la faveur des dernières crises survenues dans son espace géographique, l’organisation communautaire a beaucoup perdu de sa crédibilité aux yeux de l’opinion africaine en ne montrant pas la même fermeté vis-à-vis des coups d’Etat militaires, que des coups d’Etat constitutionnels.

La CEDEAO a besoin d’opérer sa mue pour mieux répondre à sa mission

Et aujourd’hui, la CEDEAO est d’autant plus fragilisée qu’elle se retrouve à la croisée des chemins avec cette volonté affichée des pays de l’AES de faire bande à part. Une situation qui amène l’organisation communautaire à multiplier les initiatives pour trouver des solutions à l’effet de maintenir sa cohésion et sa stabilité. C’est dire si les chefs d’Etat qui seront présents au sommet d’Abuja, auront matière à débat si l’objectif est de ramener, dans les plus brefs délais, les pays de l’AES qui ne cessent de clamer l’irréversibilité du processus de retrait dans lequel ils se sont engagés. Peut-être faudrait-il laisser du temps au temps. Car, à l’étape actuelle de la situation, tout porte à croire que les plaies de la déchirure entre la CEDEAO et les trois pays qui ont décidé de lier leur destin, peinent encore à se cicatriser malgré la levée des sanctions. Non seulement certaines rancœurs restent tenaces, mais on est aussi fondé à croire que la décision de retrait des trois pays, répondait aussi à un impératif : celui de se soustraire de la pression des délais de retour à l’ordre constitutionnel qu’imposait l’organisation communautaire. Toujours est-il qu’au regard du scénario de la crise qui avait pratiquement tourné au bras de fer, on peut trouver naturel que ces pays puissent légitimement se sentir aujourd’hui en position de force, quand on voit comment la CEDEAO multiplie les initiatives pour les convaincre à renoncer à leur décision de retrait.

L’AES et la CEDEAO doivent éviter de se comporter en entités antagoniques

Pourtant, c’est la même institution qui, dans une volonté de fermeté, était montée quelques mois auparavant sur ses grands chevaux pour menacer les tombeurs de Mohamed Bazoum d’intervention militaire à l’effet de rétablir le président déchu sur son trône, avant de se dégonfler comme un ballon de baudruche pour finalement lever, du jour au lendemain, ses sanctions. De quoi se convaincre que les pays de l’AES ont appuyé le doigt là où ça fait mal à la CEDEAO. Et l’organisation communautaire est aujourd’hui la seule à savoir les raisons profondes de son rétropédalage et à en mesurer les enjeux. C’est pourquoi à la faveur de ce sommet, une introspection s’impose. D’autant plus qu’il est, de plus en plus, admis, même au sein des têtes couronnées elles-mêmes, que l’organisation régionale doit faire l’objet de réformes. C’est pourquoi les chefs d’Etat attendus à Abuja ne doivent pas se tromper dans le diagnostic de l’état de leur institution qui est à un tournant décisif de son histoire. Et la CEDEAO a d’autant plus besoin d’opérer aujourd’hui sa mue pour mieux répondre à sa mission, que son évolution vers une entité politique au-delà de sa vocation initiale d’intégration économique, ne semble pas lui réussir. Pour le reste, la probabilité d’un retour imminent ou à court terme des pays de l’AES au sein de l’organisation régionale, paraît mince. Car, ce n’est pas par un tour de bâton magique, que l’on pourra aplanir les divergences et rétablir la confiance entre les parties. Cela nécessite du temps. Et nécessitera peut-être même que génération se passe. En attendant, l’AES et la CEDEAO doivent éviter de se comporter en entités antagoniques. Car, quoi qu’on dise, elles ont plus à gagner en étant ensemble qu’en étant divisées.

« Le Pays »




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