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Politique

Donald Trump reconnu coupable sur toute la ligne à son procès pénal

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Coup de tonnerre en pleine campagne électorale américaine. Au terme de plus de 12 heures de délibération sur deux jours, un jury de 12 citoyens a reconnu Donald Trump coupable des 34 chefs d’accusation retenus contre lui dans son procès hautement médiatisé pour dissimulation de pot-de-vin, jeudi en fin d’après-midi, à New York.

Après avoir été le premier ex-président des États-Unis à être traîné devant les tribunaux dans une série de procès au criminel, le populiste marque une nouvelle fois l’histoire en devenant le premier ex-président à recevoir un verdict de culpabilité pour crime, et ce, alors qu’il aspire à revenir à la Maison-Blanche dans le cadre de la prochaine présidentielle américaine.

« Tout ça est une honte », a déclaré Donald Trump à sa sortie du tribunal de Manhattan, après le dévoilement du verdict. « Il s’agissait d’un procès truqué mené par un juge compromis et corrompu », des accusations qu’il répète sans cesse depuis le début de ce procès, sans toutefois en apporter la preuve.


L’ex-vedette de téléréalité faisait face à la justice, accusée d’avoir falsifié des documents comptables dans le but de dissimuler le versement d’une somme de 130 000 $ à l’ex-actrice porno Stephanie Clifford, alias Stormy Daniels. Le pot-de-vin visait à protéger sa course vers la Maison-Blanche en 2016, et ce, en achetant le silence de Mme Clifford sur une relation adultère qu’il aurait eue avec elle en 2006, lors d’un tournoi de golf au Nevada.

Peine à venir

Le verdict de culpabilité pour les crimes commis pourrait techniquement valoir au milliardaire une peine d’emprisonnement, un scénario toutefois peu probable, estime le professeur de droit Gregory Germain, joint par Le Devoir à l’Université de Syracuse, dans l’État de New York. « Il est extrêmement rare d’imposer une peine de prison pour une première offense de ce type, a dit ce spécialiste de la criminalité des cols blancs. Qui plus est, condamner à la prison un candidat à la présidentielle pendant une élection pourrait créer une crise constitutionnelle et serait extrêmement difficile à mettre en application, en raison de la protection qui doit entourer » un ex-président et l’ultime candidat du Parti républicain en vue du scrutin de novembre prochain.


Avec un verdict désormais en poche, le juge Juan Merchan, qui a présidé ce procès historique, doit prononcer la peine servie à Donald Trump en juillet prochain, quelques jours à peine avant la lancement Convention républicaine.


Le verdict de culpabilité, que le milliardaire de 77 ans devrait rapidement porter en appel, ne l’empêchera pas, dans le cadre légal et constitutionnel américain, de poursuivre sa campagne électorale, y compris s’il devait être condamné à la prison.

Dans les minutes qui ont suivi l’annonce de la condamnation du républicain, la Maison-Blanche a sobrement réagi en affirmant « respecter l’État de droit » et en disant n’avoir « aucun commentaire supplémentaire » à formuler. Plus tôt, l’équipe de campagne de Joe Biden a rappelé qu’« il n’y a qu’une seule façon de garder Donald Trump hors du Bureau ovale : par les urnes », a souligné dans la foulée du verdict Michael Tyler, porte-parole de la campagne du président. « Délinquant ou pas, Trump sera le candidat des républicains », a-t-il ajouté par voie de communiqué.

« Situation sans précédent »

« Nous sommes placés devant une situation sans précédent dans la politique américaine moderne, a indiqué en entrevue Jay Sexton, historien à l’Université du Missouri. En dérogeant une nouvelle fois à une norme politique [par le fait qu’un candidat à la présidence jugé coupable d’un crime], ce procès vient confirmer l’effondrement des anciennes structures de la politique sous la pression d’un nouveau contexte. » Un contexte nourri par la montée des nationalismes populistes aux États-Unis et dans d’autres pays, le renversement de décennies de traditions politiques, les guerres et la violence politique qui s’installent un peu partout et le « déclin précipité » de la puissance relative des États-Unis sur la scène internationale, a-t-il précisé. Le tout sous l’influence des réseaux sociaux et d’une communication instantanée, qui favorisent les excès d’indignation et d’émotion.


Jay Sexton estime toutefois que le verdict, malgré sa charge symbolique, ne devrait pas peser lourd sur la suite de la campagne présidentielle du populiste américain. « Tous les scandales antérieurs qui ont touché Donald Trump ont eu comme effet de renforcer son emprise sur le Parti républicain, dit-il. Sa culpabilité dans ce procès devrait aboutir au même résultat. »

La grande majorité des électeurs américains, 67 %, ont affirmé que la culpabilité de Donald Trump ne changerait en rien leur intention de vote en novembre prochain, selon un sondage du College Marist mené pour le compte des réseaux publics de radio et de télévision NPR et PBS du 21 au 23 mai derniers, dont les résultats ont été dévoilés jeudi.

Pis, 15 % ont indiqué que la condamnation de l’ancien président les inciterait davantage à voter pour lui, contre 17 % qui ont admis être moins susceptibles de voter pour lui s’il était condamné.

« Ce n’est qu’un petit pourcentage d’électeurs qui devraient s’éloigner de lui, soutient M. Sexton, pas plus que 3 ou 4 %. Mais dans le cadre d’une élection serrée, c’est un niveau de désaffection qui pourrait toutefois changer le résultat. »

Fabien Deglise


« NOUS FERONS APPEL DÈS QUE POSSIBLE »

L’avocat de Donald Trump, Todd Blanche, a fait savoir jeudi qu’il comptait faire appel du verdict de culpabilité contre son client dès qu’il le pourrait, après d’autres étapes judiciaires.

« Nous ferons appel dès que possible », a déclaré sur CNN Todd Blanche, principal avocat de l’ex-président dans ce dossier. « A New York, la procédure dit : il y a le prononcé de la peine. Ensuite nous ferons appel. » La peine sera décidée le 11 juillet.

Agence France-Presse



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