L’ex-président de la République a formellement été invité à comparaître en tant que témoin au cours de l’audience de ce vendredi 24 mai dans l’affaire opposant l’État gabonais à Brice Laccruche Alihanga, son ancien directeur de cabinet, accusé de détournement de fonds public. Les avocats de la défense le présentent comme un atout permettant de disculper leur client. Se présentera-t-il seulement à la barre ?
Ce vendredi matin s’ouvre au Palais de justice de Libreville le procès de Brice Laccruche Alihanga dans l’affaire qui l’oppose à l’État gabonais. L’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo est accusé de détournement de fonds publics, complicité de détournement de fonds publics, concussion, blanchiment de capitaux. Des accusations qu’il n’a pas cessé de contester, et ses avocats entendent bien prouver son innocence, en se basant notamment sur plusieurs témoins clés parmi lesquels son dernier patron.
Selon nos informations, Ali Bongo a en effet reçu jeudi un avis à comparaître à l’audience de son ancien collaborateur. L’initiative de Me Anges Kevin Nzigou, avocat de Brice Laccruche Alihanga, vise à l’entendre à la barre en tant que témoin face aux juges de la Cour criminelle spécialisée de Libreville. Des sources proches du dossier soutiennent que l’ex-chef de l’État détient des informations susceptibles de corroborer les contestations de l’accusé, donc de le mettre hors de cause.
«Il sait qui a fait quoi»
«Il sait mieux que quiconque ce qu’il se passait à la présidence, y compris lorsqu’il était absent du pays pour ses soins. Il saurait, par exemple, dire qui exactement s’amusait avec l’argent du contribuable gabonais et donc battre en brèche les accusations portées contre BLA. Mais je doute qu’il le fasse si cela implique de dénoncer certains membres de sa famille, dont certains sont déjà inquiétés. N’empêche, il sait qui a fait quoi, et son absence serait un demi-aveu», commente un juriste.
En somme, par son témoignage, Ali Bongo serait à même de faire innocenter M. Laccruche Alihanga qui a déjà affirmé avoir passé quatre années en prison pour empêcher de dénoncer les dérives de certains proches de son ancien patron, y compris son épouse et son fils aîné. Celui-ci va-t-il seulement accepter d’effectuer le déplacement du Palais de justice au risque d’enfoncer ses parents ? On en doute. Qu’à cela ne tienne, la stratégie des avocats de la défense semble bien huilée.
D’autres témoins essentiels
En plus d’Ali Bongo, les conseils de Brice Laccruche Alihanga, qui entendent bien le sortir blanchi de ce procès, ont également cité à comparaître Yann Koubjé, ancien directeur du Trésor public à l’époque des faits allégués. Fabrice Andjoua Bongo Ondimba, demi-frère d’Ali Bongo Ondimba, ancien directeur général du Budget et des Comptes publics, fait aussi partie de la liste des témoins.
Ces deux anciens gestionnaires des deniers publics devraient donc permettre d’éclairer le procès d’une nouvelle lumière, mais surtout, espère la défense, de confirmer le caractère infondé des allégations pesant contre son client. Il s’agirait donc de témoins pour le mois essentiels pour l’équipe de Me Anges Kevin Nzigou. D’autant qu’ils sauront dire si oui ou non, Brice Laccruche Alihanga a pioché dans les caisses de l’État. Ce qui engagerait de facto leur propre responsabilité s’ils venaient à répondre par l’affirmative.
Griffin Ondo Nzuey
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