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Côte d’Ivoire. A Ouindé (Biankouma), la culture de la tomate enrichit les déscolarisés (2)- Témoignages

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« Lutter contre la précarité et améliorer le quotidien » est surtout à l’origine de l’engagement des jeunes rencontrés, dans la dynamique de l’exploitation des jardins portagés. La pratique de cette activité semble donner satisfaction aux uns et aux autres et, du coup, le phénomène du retour à la terre des jeunes est en plein essor à Biankouma.


Ouessé Bounin Romain

Né en 1993, il a été élève au Collège moderne de Biankouma. Il a fréquenté jusqu’en classe de 4e. Depuis cinq années, il est maraîcher. Il fait de la culture de la tomate son activité dominante. « C’est en 2019 que j’ai débuté la culture de la tomate. C’était par simple imitation. J’ai réalisé seulement 50 m2 et j'ai déboursé la somme de 4 000 francs CFA pour acheter un demi-pot de graines de tomate sélectionnée.

Après un trimestre de travaux champêtres, j’ai récolté 30 cageots de tomates. Grande fut ma surprise lorsqu’après la vente, j’ai gagné la somme 500 000 francs CFA. Je dis et je répète 500 000 francs CFA.

Motivé, j’ai augmenté la superficie de mon jardin en vue d’accroître mon revenu. Ainsi, en 2023 (l’année dernière), j’ai pu réaliser 0,75 hectare de tomate et, au terme des différentes récoltes, j’ai réalisé un chiffre d'affaires global de plus de 3,5 millions de francs CFA.

Grâce à l’exploitation de la tomate, je subviens sans encombre aux besoins matériels de ma petite famille. Je suis aujourd’hui capable d’envisager la matérialisation de certains projets socio-économique qui me sont chers. Notamment la construction d’une résidence décente au village et d’une maison modeste et moderne à Biankouma. » a dit Ouessé Romain.


Gouessé Hamed

24 ans, marié et père d’un enfant, il raconte : « Hésitant au départ, c’est seulement en 2023 que je me suis investi dans la culture de la tomate en exploitant 0,25 hectare. Je n’avais que 5 000 francs CFA. J’ai acheté un pot de graines de tomate. Soutenu par d’autres camarades du village dans l’exécution des travaux champêtres, au bout de quatre mois, j’ai récolté environ 30 cageots de tomates, vendus à 17 500 francs le cageot. J’ai, après la première vente, engrangé la somme de 550 000 francs CFA.

Toute la nuit, j’ai discrètement compté et recompté les liasses d’argent et j’ai fini par les dissimuler dans un coin sombre de ma maison d’habitation. Depuis, j’exploite 1 hectare de tomate avec le précieux désir d’avoir après la vente 2 à 3 millions de francs CFA. Pourquoi pas plus de 5 millions de francs CFA au terme de l’année agricole 2024 ? Cela est possible ! Ainsi, je pourrai m’acheter une motopompe flambant neuve pour améliorer mon rendement agricole. », a conclu le jeune Gouessé.


Yoro Tia Théodore.

Il a 28 ans. Il est le président des jeunes de Ouindié. Ancien élève en classe de 3e, il a plusieurs fois passé le BEPC sans succès. Depuis 2020, il est retourné auprès des siens au village. Yoro Tia s’est investi dans la culture de la tomate début 2021. Après quatre années d’exploitation agricole, les résultats financiers obtenus sont encourageants et même très encourageants. La première année, il a réalisé 0,25 hectare et n’a malheureusement récolté que 8 cageots, soit seulement 400 kg de tomates, pour 280 000 francs CFA gagnés. Loin d’être découragé, il a continué à travailler. L’année dernière, en 2023, avec une superficie de 0,75 hectare de tomate réalisé, il a engrangé 4 millions de francs CFA, au terme de l’année agricole. Yoro Tia Théodore profite de son titre de président des jeunes pour régulièrement sensibiliser les autres jeunes restés en ville. Il les exhorte à revenir au village pour s’investir dans l’agriculture. Une mission qui commence à porter ses fruits. De plus en plus de jeunes originaires de Ouindié, partis à Daloa, Yamoussoukro, Abidjan, San-Pedro… à la recherche d’un emploi en vue d’améliorer leurs conditions de vie, retournent aujourd’hui au village. Ils sont actuellement une trentaine de jeunes revenus à Ouindié qui font, de la culture et la commercialisation de la tomate, leur activité dominante.


Yoronin Moussa.

Il a plus de 55 ans. Il est le vétéran des producteurs de tomates à Ouindié. Il y est également le plus grand producteur de cette denrée. En 2023, il a régulièrement récolté 80 à 100 cageots de tomate. En 2024, Yoronin ambitionne de commercialiser, de façon constante, 150 cageots après chaque récolte. « La tomate à Ouindié a valeur de diamant, nous a confiéYoronin Moussa, visiblement très enthousiaste. La production et la commercialisation de ce fruit sèment la joie dans de nombreux cœurs et dans de nombreux foyers, poursuit il. L’exploitation de la tomate fait gagner de l’argent. Sans exagération, elle fait gagner suffisamment d’argent en un temps record. La tomate nourrit, enrichit, rend heureux et à coup sûr, la tomate facilitera notre intégration dans le tissu socio-économique de la région du Tonkpi. »


Zoh Bouh Cédrick a 35 ans. Il était chauffeur dans une entreprise à San-Pedro. Il était payé à 100 000 francs CFA par mois. Face à la cherté de la vie à San-Pedro, il a décidé de retourner au village avec sa petite famille. A Ouindié, avec l’appui matériel et moral des jeunes, il s’est reconverti. Son nouvel emploi : maraîcher. Depuis 2022, il s’attelle à la production de tomate. Sur sa parcelle de 0,50 hectare, il récolte de façon régulière 80 cageots au bout de 4 mois. Après chaque vente, il engrange environ 1,5 million de francs CFA.



Comme Zoh Bouh Cedrick, à Ouindié, 35 jeunes, dont l’âge varie entre 18 et 40 ans, font de la production et la commercialisation de la tomate leur activité dominante. Chaque jour de la semaine, ils se rendent dans leurs jardins respectifs, y travaillent et retournent au village aux alentours de 16 heures. Ces jeunes hommes gagnent aisément leur vie. Un jardin de tomate bâti équivaut à 1 ou 2 emplois créés pour des jeunes et des femmes.

Par ailleurs, les temps de désherbage, de planting et de récolte de la tomate sont aussi sources d’emplois. Emplois pour les femmes du village qui, par dizaines, prennent d’assaut les différents jardins maraîchers. La journée de travail (de 8 heures à 13 heures) est payée à 1 500 F. CFA. Elle est de 2 000 francs CFA lorsque vous cueillez et transportez au village les tomates récoltées.


Honoré Droh

Correspondant régional





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