Après la décision du Bénin de blocus au démarrage des opérations d’approvisionnement du pétrole nigérien à partir d’un terminal béninois, le président Patrice Talon a précisé le 8 mai 2024, les conditions de levée de l’embargo. Il a rejeté le tort sur Niamey, en déplorant la fermeture de la frontière côté Niger qui rend informels les mouvements entre les deux pays.
« C’est à croire que les autorités nigériennes préfèrent que le pétrole nigérien traverse le Bénin de manière informelle, soit chargé dans nos eaux de manière informelle parce qu’ils estiment que le Bénin est un pays ennemi ou peut-être que les autorités béninoises sont des ennemis », a déclaré Patrice Talon. Selon le chef de l’Etat béninois, la fermeture de la frontière par le Niger induit une interdiction formelle d'importation et d’exportation de biens et services entre les deux pays. Ce à quoi le pétrole nigérien ne devrait pas déroger. « On ne peut pas dire que les échanges avec le Bénin sont interdits et demander que les bateaux viennent accoster dans nos eaux », a noté Patrice Talon visiblement très remonté. « C’est eux qui refusent que le Bénin et le Niger échangent, que les camions traversent le Bénin. Ils refusent que le port de Cotonou serve le Niger. Je considère qu’ils refusent aussi que la plateforme de Sème-Podji serve le Niger », a-t-il conclu. Il en a déduit ses conditions pour l'exportation du pétrole nigérien à partir du Bénin. « Si demain les autorités nigériennes décident de collaborer avec le Bénin de manière formelle, les bateaux viendront charger ; mais pas dans un environnement informel et dans une adversité qui ne se justifie point », a promis Patrice Talon.
Rappelons que le Bénin a obtenu, en 2019, le projet de construction et d’exploitation d’un pipeline qui transporterait le pétrole du Niger vers le marché international. Ce pipeline réalisé avec l’accompagnement de la Chine, était destiné à transporter le pétrole produit par le Niger sur un trajet global de plus de 2 000 km jusqu’à Sèmè Podji, ville située à 30 km à l’est de Cotonou. Près de 90 000 barils devraient être transportés par jour.
Fin avril dernier, les premières gouttes du pétrole nigérien ont giclé sur le site terminal du pipeline à Sèmè-Podji, en dépit de la crise entre les deux pays. Mais Cotonou a décidé d’empêcher l’embarquement du pétrole nigérien à partir de la plateforme de Sèmè Podji où atterrit l’oléoduc.
La sortie médiatique de Patrice Talon à été aussi l'occasion d'en appeler au sens de collaboration des autorités nigériennes pour une sortie de crise.
Suspension des exportations de produits vivriers vers certains pays
Depuis l'arrivée au pouvoir de la junte dirigée par le général Tchianni, les nouvelles autorités du Niger ne se sentent plus en sécurité avec le Bénin qu'ils accusent de vouloir les renverser. « Le Bénin n’agressera jamais le Niger », a rassuré Cotonou. En septembre dernier, le porte-parole du gouvernement béninois Wilfried Léandre Houngbédji avait fait savoir que « Le Bénin n’est pas en guerre contre le Niger ».
Dans la foulée des décisions prises en conseil des ministres ce même mercredi 8 mai, le gouvernement béninois a décidé de suspendre les exportations de produits vivriers vers certains pays notamment le Niger. Selon les autorités béninoises, l’exportation de produits vivriers vers les pays voisins, notamment le Niger, est la seule cause de la cherté de la vie. Puisque « c’est des quantités massives qui partent vers ces pays-là pour nourrir leurs populations, au détriment du pouvoir d’achat des Béninois ».
Correspondance particulière de Mufasa Sègbédji
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