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Politique

Révision constitutionnelle :La CEDEAO sur un terrain glissant au Togo

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Au Togo, la nouvelle Constitution votée le 25 mars dernier au Parlement, fait l’objet de vives tensions au sein de la classe politique. Pour l’opposition qui entend se battre avec force contre la mesure, l’adoption de cette nouvelle Loi fondamentale et le changement de régime ne concourent qu’à un seul et même objectif : le maintien du président Faure Gnassingbé, aussi longtemps que possible, au pouvoir qu’il occupe depuis qu’il a pris la succession de son défunt père, en 2005. Du reste, elle remet en cause la légitimité des députés dont le mandat est arrivé à échéance en décembre 2023. Eux qui sont encore en place en attendant la prise de fonction officielle de leurs successeurs. Et les récriminations de l’opposition ne s’arrêtent pas là puisqu’elle pointe aussi du doigt le manque de concertation qui a entouré cette décision de révision constitutionnelle. Toujours est-il que face au tollé général, le chef de l’Etat a renvoyé le texte pour une seconde lecture. En attendant de voir ce qu’il en sortira, c’est dans une atmosphère chargée de souffre, sur fond de tentatives d’explication du bien-fondé de la mesure par les députés aux populations, que se déroule la campagne électorale des législatives fixées finalement au 29 avril prochain, et ce, après deux reports.

Il y a des raisons de croire qu’en demandant la relecture du texte, Faure a reculé pour mieux sauter

Et c’est dans ce contexte de fortes tensions que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a, par communiqué daté du 15 avril dernier, annoncé l’envoi d’une mission exploratoire de cinq jours au Togo, pour « interagir avec les différentes parties prenantes sur les derniers développements dans le pays », question de tâter le terrain et prendre langue avec les différents acteurs à l’effet de désamorcer la bombe sociopolitique qui menace d’exploser dans le pays suite à l’adoption de la nouvelle Constitution. Mais le lendemain, un autre communiqué de l’institution d’Abuja viendra préciser que la mission est plutôt une mission « d’information » qui « entreprendra une évaluation préélectorale conformément aux textes communautaires… », avec pour objectif de consulter les « principales parties prenantes au processus électoral ». Une nuance de taille et une précision qui en disent long sur la volonté de l’organisation régionale de ne pas se fourvoyer en chemin, au regard des enjeux et de l’ampleur de la controverse. C’est dire si la CEDEAO est consciente qu’elle est sur un terrain glissant. Car, cette décision de passer d’un régime présidentiel à un régime parlementaire, est un vrai changement de cap qui donne une autre dimension aux législatives du 29 avril prochain. D’autant qu’aux termes de la nouvelle Constitution, le président de la République est élu au suffrage indirect. Et si cette nouvelle loi venait à être promulguée par le chef de l’Etat, le Togo entrerait dans une nouvelle République. Toute chose qui remettrait non seulement les pendules des mandats à zéro, mais aussi et surtout rebattrait les cartes du jeu politique dans la perspective des élections du 29 avril prochain, qui seraient alors capitales pour déterminer le paysage politique du pays.

La CEDEAO joue gros dans ce dossier togolais qui reste encore largement très sensible

C’est à se demander si la CEDEAO n’a pas pris conscience qu’elle marchait sur des œufs ; tant la mission exploratoire de désamorçage de la bombe sociopolitique pouvait s’avérer périlleuse. On est d’autant plus porté à le croire qu’en amont, elle avait été critiquée pour son silence sur la volonté de révision constitutionnelle au pays de Faure Gnassingbé. Sans oublier que le timing d’une telle mission de conciliation pouvait ouvrir la porte à toutes sortes de supputations. Autant dire que l’image de l’organisation régionale pourrait prendre un coup, si elle devait être accusée de faire le jeu de l’homme fort du Togo que l’on ne voit pas retoquer une loi que les mauvaises langues disent taillée sur mesure et qui lui profite au premier chef. Surtout dans ce contexte particulier du Togo où le parlement a toujours été outrageusement dominé par le parti au pouvoir. Et tout porte à croire que ce n’est pas demain la veille que la donne changera au pays des Gnassingbé. C’est pourquoi il y a des raisons de croire qu’en demandant la relecture du texte, le locataire du palais de Lomé II a reculé pour mieux sauter. C’est dire si ce projet de changement de régime à la faveur de cette révision constitutionnelle controversée, n’est plus qu’une question de temps. Et l’on peut comprendre qu’échaudée par les précédents du Mali, du Burkina Faso et du Niger qui l’ont vu perdre en crédibilité et en estime aux yeux de son opinion, la CEDEAO ne veuille pas prêter le flanc dans cette affaire de révision constitutionnelle controversée au Togo, qui passe aux yeux des contempteurs du président Faure pour une forfaiture. En tout état de cause, la CEDEAO joue gros dans ce dossier togolais qui reste encore largement très sensible. Et il lui revient de savoir où mettre ses pieds.


Le Pays 



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