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Côte d’Ivoire. Mototaxis : comment ça… marche à Bouaké

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A Bouaké, dans le Centre de la Côte d’Ivoire, malgré la présence des bus et des taxis, les mototaxis restent incontournables comme moyen de transport privilégié par la population. Cette activité est une source de revenus pour beaucoup de jeunes.

« A Bouaké ici, pour une course rapide, le choix est vite fait pour le mototaxi. Il a l’avantage de rentrer facilement dans le quartier jusqu’à vous laisser devant votre porte. Ce qui n’est pas possible avec le bus ou le taxi. Le bus est lent et le taxi aussi ne peut pas te déposer devant ta porte», souligne Marius, commerçant à Bouaké.

« Généralement, le bus, c’est les élèves et le taxi pour les travailleurs. Mais le mototaxi, c’est pour les commerçants et tout le monde, y compris les travailleurs et les élèves », nous indique Ahmed, un conducteur de mototaxi. Ahmed est déscolarisé. Il s’est reconverti en conducteur de mototaxi. « Depuis cinq ans, j’ai arrêté l’école en classe de 3e par manque de moyens. Au lieu de rester à la maison à ne rien faire, j’ai préféré gagner ma vie en conduisant une moto », dit-il.

Comme lui, nombreux sont les jeunes qui exercent dans ce métier pour pouvoir satisfaire aux besoins nécessaires. C’est le cas avec Alassane, un ami d’Ahmed. « Par jour, je gagne au moins 10 000 francs CFA. Si je donne la recette, le reste peut me faire manger. Si tu sais économiser, à la fin du mois, tu peux gérer ton petit loyer et aider ta petite famille. En tout cas, ça dépend du contrat avec le propriétaire », explique-t-il.


Deux types de contrat


Le contrat dont il parle, il y en a de deux types. Le contrat-achat et le contrat sans achat. Pour le contrat-achat, le propriétaire peut acheter la moto à 500 000 francs et la revendre au conducteur à 700 000 francs CFA. Dans ce contrat, le conducteur s’engage à reverser tous les jours une recette de 2 000 francs CFA au propriétaire pour rembourser le capital. Quant au contrat sans achat, il ressemble à une simple location de la moto où le conducteur remet au propriétaire une recette journalière de 1 500 francs ou 2 000 francs. Dans cette formule, la recette du dimanche appartient au conducteur.

Dans les deux types de contrats, c’est le conducteur qui achète le carburant pour travailler et fait l’entretien de la moto. Il s’occupe des pannes mineures telles que le frein ou la vidange. Les pannes graves ou mécaniques sont à la charge du propriétaire. « Le contrat-achat est plus profitable pour les deux contractants. Comme à la fin du contrat, la moto revient au conducteur, alors il en prend bien soin. Le propriétaire aussi achètera une autre s’il veut. Sinon dans l’autre contrat, à la longue la moto sera bousillée sans soin », précise Agbo, propriétaire d’une moto mise en contrat d’achat à Tiébissou.

Moussa I. Koné





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