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Politique

Ça s’est passé un...26 mars : Emmanuel Dioulo en fuite.

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L’affaire Dioulo commence dans le courant de l’année 1983, avec un litige interne à la COGEXIM (Compagnie générale d’export-import), qui faisait du négoce de cacao et de café. Entre le Directeur Général , M. Victor Amagou et le PDG , M. Emmanuel Dioulo, rien ne va plus. Ils ont recours au cabinet Auxilia, qui dépose le 31 mai 1983 un rapport faisant le point de la gestion de M. Victor Amagou qui quitte le même jour la COGEXIM. En décembre 1983 et au début de l’année 1984 , la Banque nationale de développement agricole (BNDA), fait appel à la COGEXIM son client, pour le rapprochement des écritures comptables des deux sociétés. M. Emmanuel Dioulo PDG de la COGEXIM, refuse le rapprochement des écritures comptables. Le 2 aout 1984, suite à la découverte de la mauvaise gestion de la BNDA, son DG M. Kadio Morokro Gervais est limogé. Finalement, le 30 Aout 1984, la BNDA et la COGEXIM font le rapprochement des écritures comptables . Les deux parties découvrent que la COGEXIM doit 19 milliards de francs CFA, plus 10 milliards d’agios à la BNDA. Ils décident de saisir le Cabinet Pannel Kerr Foster qui dépose son rapport en décembre 1984. Début janvier 1985, la BNDA somme la COGEXIM de payer.

L’affaire Dioulo éclate au grand jour le 6 février 1985, quand la BNDA saisit le tribunal . Emmanuel Dioulo, député maire du Plateau, qui s’était notamment attiré les bonnes grâces du Président en proposant lui-même en janvier 1983 le transfert de la capitale à Yamoussoukro, est un grand homme d’affaires. Emmanuel Dioulo, PDG de la COGEXIM, ancien président du port de San Pedro , président de la SOCOPAO , d’AGRIVOIRE et de INTERPAR, écrit au Président Houphouët le 14 février 1985. A son tour, M. Lamine Diabaté, président de la BNDA, écrit au Président Houphouët et fait une interview concernant cette affaire le 25 février à la télévision ivoirienne.

Le 18 mars 1985, le juge président du tribunal d’Abidjan, Robert Couloud condamne la COGEXIM à payer à la BNDA 7 milliards de francs CFA, une somme que la société de M. Dioulo peut couvrir sans trop de mal. La presse se déchaine contre le jugement et le juge Robert Couloud qui en 1983 dans « l’affaire de la LOGEMAD » avait collé la peine maximale de 20 ans aux prévenus impliqués. Jusque-là, seule la responsabilité de la COGEXIM était engagée. Pour le jugement de l’appel, le procès qui a commencé au civil doit aboutir au pénal. Quatre délits principaux sont reprochés à M.Emmanuel Dioulo :Abus de confiance, escroquerie, détournement de gage et distribution de dividendes fictifs. Compte tenu du poids de ces délits et de la masse d’argent en jeu, Emmanuel Dioulo a l’obligation de répondre devant la justice. Mais il se trouve qu' il est protégé par l’immunité parlementaire.

Le 19 mars 1985, le bureau politique du PDCI estimant la sentence trop légère demande la levée de l’immunité parlementaire du député Dioulo. Celui-ci conteste les 19 milliards de dette et affirme qu’il est victime d’une machination ourdie par ses adversaires politiques. Le lundi 25 mars, pour la première fois de son histoire, le bureau de l’assemblée nationale engage une procédure de levée d’immunité en matière d’infraction de droit commun. Les débats qui n’ont duré qu’une demi-heure ont abouti à la décision à l’unanimité des votants d’accorder l’autorisation de poursuite du député Emmanuel Dioulo comme le précise la résolution finale lue par le député Inza Timité.

Hors, depuis le dimanche 24 mars 1985 M. Emmanuel Dioulo se trouve à Bruxelles en Belgique. En réalité, selon les informations recueillies, c’est à partir du jeudi 21 mars (nuit) que les proches de Dioulo ne l’ont plus vu à sa résidence de la rue Lepic à Cocody. La veille, il aurait déjeuné en compagnie de quelques-uns de ses amis. Le scénario semblait monté. Car, pour tromper la vigilance des policiers en civil qui surveillaient discrètement la résidence du PDG de la COGEXIM, entre jeudi et dimanche, ses amis ont continué à semer le trouble et le doute. Ils venaient , entraient dans la maison, discutaient, déjeunaient , dinaient et repartaient. Comme si le député maire était toujours présent. Les policiers en civil se sont laissés prendre au jeu. Ils surveillaient une résidence vide. Pendant ce temps, à la faveur de la nuit ( surement ) , M. Emmanuel Dioulo prenait la route pour San Pedro, son ancien fief, traversait la frontière arrivait à Monrovia au Liberia et prenait l’avion pour la Belgique. Le mardi 26 mars 1985, une dépêche de l’AFP, confirme qu’Emmanuel Dioulo est à Bruxelles depuis le 24 mars.

ERA




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