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Politique

Côte d’Ivoire. Cette affaire de dette !

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Cette sage réflexion est de mon père à notre endroit. « Si ton père te demande de prendre quelque chose à la boutique, prends-le. Ne lui dis pas de te remettre la valeur de la marchandise en argent. Tu ne sais pas s'il le paiera plus tard, car ça peut être un crédit et le boutiquier qui a confiance en lui, te donnera volontiers ce que tu veux. Dans le cas contraire, puisqu'il n'a pas de liquidité, tu embarrasserais ton père ».


Dans une telle situation, l’enfant est satisfait d’avoir un présent de son père, alors qu’il ne lui avait rien demandé. Le père garde sa dignité en faisant plaisir à sa progéniture. C’est le tableau 1. Maintenant, tableau 2. M. Yapi a l’intention d’avoir sa voiture à crédit, en 2021, à 13 millions de FCfa.


Il pourra échelonner le remboursement de ce crédit sur trois ans. Mais son frère, qui n’aime pas crédit, lui suggère d’attendre 2024 pour payer la totalité en une traite, avec ses économies. Sauf que nous sommes en 2024 et les données ont changé. La même voiture, du fait de l’inflation et de la combinaison de facteurs exogènes, n’est désormais disponible qu’à 16 millions de FCfa.


Enseignement : s’il avait pris la voiture à crédit, il aurait économisé trois millions. Mieux, pendant ces trois années, il aurait utilisé ce moyen de déplacement utile à son activité pour générer plus d’argent et, pourquoi pas, accélérer la satisfaction de ses obligations vis-à-vis de la banque. M. Yapi, soit dit au passage, est délégué médical.


Les deux tableaux ci-dessus montrent bien l’importance du crédit. A une échelle nationale, on parlera de dette. Parlons-en. Et nous allons utiliser moins les chiffres, mais plutôt les faire parler.


Aujourd’hui, certaines réflexions tendent à montrer le verre vide au quart. Non, il faut plutôt le voir autrement, à l’inverse, donc plein au trois quarts. Comme les exemples cités plus haut, l’endettement n’a d’importance que par l’usage qu’on en fait. Premier enseignement. Deuxième enseignement, on ne prête qu’à celui ou celle qui est en mesure de rembourser.


Le boutiquier ne donnera sa marchandise que parce qu’il sait que le père est solvable et de bonne intention, de bonne foi. Le concessionnaire n’accordera de crédit pour l’achat de la voiture que lorsqu’il se sera assuré de la capacité de remboursement de M. Yapi, à travers son bulletin de salaire, de son aval et autres garanties. Beaucoup de bruits sont faits sur la dette de la Côte d’Ivoire.


Trois éléments sont à considérer. D’abord, la Côte d’Ivoire inspire confiance aux bailleurs de fonds. La signature du pays est porteuse de valeur. La dernière opération menée sur le marché international l’atteste. Alors que le pays était à la recherche de 2,6 milliards de dollars (1 560 milliards de FCfa), sur l’émission du dernier eurobond, le 22 janvier 2024, le marché lui a envoyé un signal fort.


En effet, les intentions de souscription des investisseurs se sont élevées à 8 milliards de dollars (4 800 milliards de FCfa). Autrement dit, le monde de la finance était prêt à donner au pays plus du triple de ce qu’il demandait. Plus simplement, c’est comme si vous demandez un crédit de 2 millions de FCfa à la banque et que celle-ci se propose de vous octroyer plus de trois fois le montant sollicité, car elle vous sait bon payeur, donc client sérieux.


Alors question. Quelle serait votre attitude ? Vous prenez les 6 millions de FCfa ou vous vous contentez du montant initialement voulu ? Et c’est là qu’intervient le deuxième élément : la politique d’endettement. Parce que le pays a une politique stricte d’endettement, il reste rigoureux sur le montant de son besoin. C’est-à-dire mobiliser les 2,6 milliards de dollars au lieu d’empocher tous les 8 milliards de dollars du livre d’ordres (ou d’intentions).


En effet, la Côte d’Ivoire surveille le niveau de sa dette comme le lait sur le feu. Un comité technique veille à ce que la politique d’endettement du pays soit maîtrisée. C’est la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme (Sdmt). Le défi de cette action est d’avoir une gestion proactive du portefeuille de dette publique, en vue d’en optimiser le profil coût-risque.


Cette stratégie repose notamment sur la réalisation d’opérations de gestion de passifs sur les marchés extérieurs et domestiques et sur la mise en place de couvertures de change.


Ces efforts ont permis à la Côte d’Ivoire de maintenir une classification du risque de surendettement à un niveau modéré depuis 2012, date de l’atteinte du point de décision ayant soulagé les finances ivoiriennes.


La surveillance du tableau de bord ne permet donc pas de dérapage. Le niveau du taux d’endettement qui mesure la part de la dette dans la richesse nationale (Produit intérieur brut ou Pib) était, en juin 2023, évalué à 54,3% contre 56,7% pour l’année 2022.


Faut-il le rappeler, au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), le plafond d’alerte ou la ligne rouge est de 70%. Enfin, dernier élément à considérer, l’usage fait de l’argent emprunté.


Le tout n’est pas de s’endetter. Si faire appel aux capitaux extérieurs fait partie des actes de gestion d’un État, il faut non seulement en avoir la capacité (la confiance des bailleurs à travers la crédibilité de sa signature), mais en avoir une utilisation efficiente. La préoccupation ici est de savoir où vont les fonds.


Sur la question, il importe de regarder les actes de développement effectués par le gouvernement. Les infrastructures économiques : l’électricité, l’eau, les routes, l’aménagement des zones industrielles ; les infrastructures sociales : les hôpitaux, les centres de santé, les établissements scolaires et universitaires, la lutte contre la pauvreté, etc.


Pour résumer, d’un, la Côte d’Ivoire a la confiance du marché, de par la qualité de sa capacité à rembourser. De deux, le pays surveille ses comptes par un mécanisme rigoureux et de trois, les fonds empruntés sont injectés dans le développement dans tous les secteurs.

Adama KONE




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