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Economie

L’Enquête du jeudi- Côte d’Ivoire. Après l'interdiction d’exportation des produits vivriers: (1/2)- Les transporteurs refusent les colis d'attieké et de légumes pour les pays voisins

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La Côte d’Ivoire a suspendu, depuis le 15 janvier 2024 et pour six mois, l’exportation de 20 produits vivriers. L’objectif poursuivi à travers cette mesure, est de favoriser une abondance de ces différents vivriers sur les marchés locaux, de sorte à éviter des pénuries qui suscitent la hausse de leurs prix. Dans les gares routières, bon gré, mal gré les transporteurs se soumettent aux consignes.

Les produits dont l'exportation est provisoirement interdite en Côte d’Ivoire sont notamment : le manioc, l’igname, le maïs, le riz, le mil, le sorgho, le fonio, la graine de palme, la banane plantain, la tomate, le gombo, le piment, l’aubergine. Sont également concernés des dérivés comme l’attiéké (la semoule de manioc), la cossette de manioc, la pâte de manioc, la poudre de gombo, la poudre de piment et la poudre de maïs.

Bernard Adou, directeur général de l'Office d'aide à la commercialisation des produits vivriers (OCPV), explique que, suite à la flambée des prix sur les différents marchés de Côte d’Ivoire en 2022, plusieurs rencontres ont eu lieu avec les acteurs du secteur vivrier, pour comprendre les raisons de cette flambée et envisager avec eux, des pistes de solution. Parmi les causes citées étaient épinglées la sortie massive de la production nationale vers les pays de la sous-région et aussi vers l’Europe, le Canada et les États-Unis. « De ces rencontres, il est ressorti que certains produits vivriers cultivés en Côte d’Ivoire coûtaient moins cher, sur les marchés de la sous-région, que sur la terre ivoirienne. Face à cette situation, il était important que le gouvernement prenne des mesures pour approvisionner prioritairement le marché ivoirien », indique M. Adou. Il ajoute que la mesure d’interdiction d’exporter des produits vivriers a, en ce moment, un impact positif sur le coût de la vie

En effet, le directeur de l’OCPV affirme que tous les marchés, aussi bien à Abidjan qu’à l'intérieur du pays, sont suffisamment approvisionnés depuis que la mesure est appliquée . « On trouve tous les produits et il y a assez de stocks pour le maïs, dont les prix évoluent à la baisse », indique-t-il. Le directeur de l’OCPV précise que, lorsque les commerçants savent que les produits sont abondants sur le marché, ils s’abstiennent d’augmenter les prix. Et le client, constatant cette abondance, évite de payer plus cher. « Nous avons mené des séances d’information et de sensibilisation des opérateurs, en lien avec les services de la douane et le corps préfectoral, pour leur expliquer le bien- fondé de cette mesure », déclare le premier responsable de l’OCPV.

Les compagnies de transport qui relient la Côte d’Ivoire aux pays voisins n’acceptent plus de transporter les produits vivriers frappés par cette mesure d’interdiction. Dans la commune d’Adjamé, qui en abrite le plus grand nombre, il fait très chaud ce jeudi 1er février 2024. Les traces de la pluie tombée la veille sont visibles, avec des flaques d’eau et de la boue que l’on peut apercevoir à travers les allées. Malgré cela, la commune grouille de monde. À la gare Tilemsi, assurant le trajet entre la Côte d’Ivoire et le Mali, quelques personnes attendent le prochain départ qui est prévu pour 15 heures.

Fleur Doumbia veut expédier de l’attiéké et de la graine de palme à sa sœur, étudiante au Mali. La demoiselle qui n’est pas informée de la nouvelle décision de l’État, est venue prendre des renseignements à la gare Tilemsi sur le processus d’expédition. Mais le gérant de la gare, Seydou Diakité (c'est un nom d’emprunt), lui fait savoir de manière catégorique qu’il est formellement interdit de sortir du pays avec les produits cités.


Des contrôles réguliers


Malgré l’insistance de la jeune fille le suppliant d’être indulgent, l’homme ne veut rien entendre. « Je ne veux pas avoir de problème avec l’État. Il a pris une décision et je ne veux pas qu’on ferme ma gare pour non-respect des consignes » dit-il. Assis derrière son comptoir, Seydou ne sait pas vraiment pourquoi cette décision a été prse par le gouvernement. Il accuse la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), d’avoir poussé les autorités à interdire l’exportation des produits vivriers. Tout compte fait, cette décision ne le réjouit pas. « À cause de cela, on va perdre des clients. Je reçois régulièrement des personnes qui veulent expédier des colis mais, à chaque fois, je suis obligé de leur dire que ce n’est pas possible », affirme notre interlocuteur. Il précise que des éléments de Forces de l’ordre effectuent régulièrement des contrôles sur le trajet pour s’assurer du respect de la mesure gouvernementale.

À la société Diarra Transport qui relie aussi Abidjan à Bamako, le gérant également fait savoir qu’il ne peut pas transporter du vivrier vers l’extérieur de la Côte d’Ivoire. Il nous fait la confidence que le car d’un de ses amis a été bloqué en cours de route, par des autorités pour non- respect de la mesure. « C’est pour tout cela que je ne veux pas prendre de risque. C’est vrai que ça ne m’arrange pas financièrement, mais c’est mieux ainsi », dit- il.

Selon une information délivrée par l’Agence ivoirienne de presse ( AIP) le 26 janvier 2024, des camions transportant de la banane plantain à destination du Mali, ont été bloqués à Tengrela et contraints de faire demi-tour, en raison de l'interdiction d'exporter des produits vivriers.

Pour Abdoul, dont le métier consiste à trouver des clients pour la compagnie Diarra Transport, cette décision pourrait lui faire perdre de l’argent. « Je gagne 500 F CFA sur chaque client que j’envoie dans cette gare pour expédier un colis, y compris ceux contenant du vivrier. Maintenant, il y aura moins de réservations et j’aurai moins de commissions », déplore-il.

De Lima Soro






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