Rideaux sur le 37e Sommet de l’Union africaine (UA) qui s’est tenu, à Addis-Abeba en Ethiopie, du 17 au 18 février 2024 ! Si le thème principal de ce conclave portait sur l’éducation, peu de place a été accordée à ce sujet, actualité oblige. En effet, c’est plutôt les crises qui secouent le continent du Nord au Sud et d’Est en Ouest, tels les putschs militaires opérés dans les trois pays du Sahel à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger et la crise sénégalais consécutive au report de la présidentielle que le Conseil constitutionnel vient d’annuler, qui ont occupé une bonne partie des débats. En plus de ces sujets majeurs, d’autres non moins importants, dont les violences meurtrières dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) ont aussi retenu l’attention des têtes couronnées du continent. Mieux, un mini-sommet a même été organisé aux fins de se plancher sur cette crise qui a fait et continue de faire des milliers de morts et de déplacés. Mais ce mini-sommet initié par le président angolais et médiateur de l’UA, Joao Lourenço, a fait flop puisque le tête-à-tête qu’il voulait entre le président rwandais Paul Kagame et son homologue de la RD Congo, Félix Tshisékédi, n’a pas eu lieu. Au-delà de cette crise pour laquelle le président angolais promet de poursuivre les efforts de médiation afin que le Rwanda accusé de soutenir les rebelles du M23, et la RDC se parlent franchement, l’UA a-t-elle les moyens d’apporter des réponses à toutes les crises qui minent continent noir? Rien n’est moins sûr.
Tant que l’UA ne se résoudra pas à assumer pleinement le rôle qu’elle doit jouer, personne ne la prendra au sérieux
En effet, l’échec de l’UA dans la résolution des crises africaines est si patent comme l’a, du reste, relevé le président de la Commission Moussa Faki Mahamat, qu’on se demande si elle est encore capable d’un sursaut. Il ne faut pas se voiler la face. L’UA ressemble bien à une coquille vide, dépassée qu’elle est, par les événements. Face aux nombreuses crises aussi complexes les unes que les autres, elle ne peut que se contenter de simples condamnations de principe et dans certains cas, d’appeller au retour à l’ordre constitutionnel dans de meilleurs délais. Cela dit, va-t-on vers la mort programmée de l’institution ? Il y a des raisons de le penser. Ce d’autant qu’elle se montre incapable d’assurer le minimum à savoir le recouvrement des cotisations de ses membres. Comment une institution qui vit sous perfusion financière et qui n’arrive pas à mettre en application, ne serait-ce que 10% de ses propres décisions, peut-elle espérer une longue vie ? En tout cas, le président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani qui vient de succéder au président comorien, Azali Assoumani, à la tête de l’institution, a du pain sur la planche. Saura-t-il se montrer à la hauteur des défis ? On attend de voir. Mais, d’ores et déjà, on fait le constat que l’UA qui ambitionne de peser dans les affaires mondiales après son admission au G20 en septembre dernier, est mal partie. Car comment une organisation qui n’arrive pas à résoudre ses propres problèmes, peut-elle peser dans les décisions mondiales? En fait, tant que l’UA ne se résoudra pas à assumer pleinement le rôle qu’elle doit jouer sur le continent noir, personne ne la prendra au sérieux. Et l’une des conditions pour y parvenir, c’est d’opérer sa mue. En tout cas, une vraie refondation s’avère nécessaire si elle ne veut pas disparaitre dans les prochaines années. Car, comme on le sait, les mentalités des Africains ont changé, et ignorer cette donne, c’est creuser sa propre tombe.
Dabadi ZOUMBARA
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