Le président béninois, Patrice Talon, promet de ne pas briguer un troisième mandat. Il quittera donc le Palais de la Marina, en 2026, à la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel. Il l’avait déjà dit face à des organisations de la société civile réunies à Cotonou en juillet 2022 à l’occasion d’un sommet citoyen pour la démocratie, la bonne gouvernance et l’alternance. Mais il a encore saisi l’occasion pour le seriner à qui veut l’entendre à l’occasion de la conférence de presse qu’il a tenue hier, 8 février dernier, estimant que ce qui arrive au Sénégal est « très regrettable ». La sortie médiatique du président béninois tombe à pic surtout quand on sait que depuis quelque temps, d’aucuns le soupçonnent de faire le vide autour de lui aux fins de ne pas quitter le pouvoir en 2026. Cela dit, on ne peut que prendre Patrice Talon au mot et souhaiter qu’il tienne promesse et cela, au grand bonheur de la démocratie béninoise qui, faut-il le reconnaître, a connu un net recul sous son magistère. Si fait que le Bénin qui passait pour être une vitrine de la démocratie dans la sous- région, est aujourd’hui comparable au Gondwana. En témoigne l’embastillement des opposants sur fond de réformes taillées sur mesure aux fins d’écarter de farouches adversaires politiques. En tout cas, les hommes politiques sont ainsi faits que leurs déclarations de bonne foi ne suffisent pas. On l’a vu avec le président sénégalais, Macky Sall qui, après avoir dit qu’il renonçait à un nouveau mandat, manœuvre pour s’octroyer un bonus. C’est pourquoi il faudra, pour l’instant, se garder de tout angélisme face à la promesse faite par Patrice Talon de respecter la limitation du nombre de mandats dans son pays.
La promesse d’un homme politique n’engage que ceux qui y croient
Car, voilà un homme qui, on s’en souvient, avait promis, à son arrivée au pouvoir, en 2016, de ne faire qu’un seul mandat mais qui a pris goût au pouvoir au point d’en solliciter un second et cela, dans les conditions que l’on sait. Comment donc ne pas se montrer raisonnablement sceptique lorsque que la même personne qui n’est qu’à mi-mandat, jure, la main sur le cœur, de partir au bout de cinq ans ? Certes, comme le dit le président Talon lui-même, quitter le pouvoir au terme de deux mandats au Bénin, n’est pas un mérite qui lui revient puisque ses prédécesseurs en ont fait autant. Mais il appartient aux organisations de la société civile et à la classe politique de rester vigilantes et de ne pas baisser la garde. Car, la promesse d’un homme politique y compris Talon, n’engage que ceux qui y croient ; lui qui, on le sait, a réussi à mettre sous ses bottes toutes les institutions de la République au point qu’il se croit tout permis. Du reste, le tout n’est pas, pour Patrice Talon, de renoncer au pouvoir en 2026. Il doit travailler à laisser un héritage politique reluisant au Bénin qui peine aujourd’hui à retrouver ses marques. Cela dit, il faudra surtout nous éviter le scénario à la Poutine qui passe le temps à ruser avec les textes tout en laissant croire qu’il est parti sans être parti.
Boundi OUOBA
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