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Politique

Namibie : Une élégance démocratique qui doit inspirer

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Le président de la République de Namibie, Hage Geingob, a tiré sa révérence le 4 février dernier à l’âge de 82 ans. Toute chose qui entraîne ipso facto une vacance du pouvoir. Quand on sait que sur le continent noir, la plupart des crises ont un lien avec le mode de dévolution du pouvoir, on était bien fondé à avoir des craintes quant à la suite des évènements. Mais on oubliait volontiers que la Namibie n’est pas un pays francophone d’Afrique où ce sont les rapports de forces qui dictent la conduite à tenir. En effet, après la mort du président, le vice-président, Nangolo Mbumba a immédiatement prêté serment pour terminer le reste du mandat du défunt sans que des bidasses n’aient eu besoin de s’inviter au débat. Ce genre de dévolutions pacifiques du pouvoir, n’est pas un fait extraordinaire en Afrique anglophone. Du Nigeria en Tanzanie en passant par le Ghana, des dévolutions pacifiques et constitutionnelles du pouvoir ont été enregistrées après le décès des présidents en exercice. Cette élégance démocratique doit inspirer. Car, exceptés quelques rares exemples, l’Afrique francophone n’a quasiment jamais réussi une dévolution constitutionnelle et pacifique du pouvoir après le décès d’un président en exercice. Le cas récent du Tchad où le fils a succédé au père après le décès de ce dernier, au mépris de toutes les règles en la matière, est très éloquent.

La France a toujours tenu à jouer les premiers rôles dans la vie politique de ses anciennes colonies

Bien avant le Tchad, le Togo, après le décès de Etienne Gnassingbé Eyadema, la Guinée après le décès de Lansana Conté, sont autant de cas où les choses ne se sont pas déroulées comme elles devraient l’être. Qu’est-ce qui explique cette différence de situations entre les pays anglophones et les pays francophones ? La raison est simple. En effet, si le Royaume Uni a laissé une certaine autonomie politique à ses anciennes colonies, tel n’est pas le cas en ce qui concerne la France. Cette dernière a toujours tenu à jouer les premiers rôles dans la vie politique de ses anciennes colonies. Tant et si bien que pendant longtemps, elle faisait et défaisait les dirigeants dans son pré carré africain. Au point que le soutien de l’ex-puissance coloniale a toujours été très important pour la survie d’un régime en Afrique francophone. On se rappelle encore le soutien affiché par l’Hexagone à Deby fils. Toutefois, il faut aussi reconnaître que la dévolution dynastique du pouvoir est aussi une conséquence de la patrimonialisation du pouvoir très fréquente en Afrique francophone où l’on compte plus d’Hommes forts que d’institutions fortes.

Saïbou SACKO


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