La pénurie de sucre devient inquiétante. En plus de cela, le prix du kilogramme a augmenté. Chez les commerçants, il varie de 770 à 1 200 francs. Au Centre du pays, nous avons sillonné quelques supermarchés et boutiques de quartiers pour faire le constat.
A Tiébissou, aucun supermarché ne disposait de sucre le jeudi 30 novembre dernier. Mais on en trouve dans des boutiques de quartiers. Chez Diallo Amadou, le kilogramme est à 1 200 francs. Il vend avec stratégie. « Le sucre est cher. Mais le problème est qu’on n’en trouve pas assez. Ce que j’ai n’est pas beaucoup. C’est pourquoi, je ne vends aux clients qu' en petite quantité de 100, 200 et 300 francs », dit-il.
Comme nous voulons deux kilogrammes, nous ferons 35 kilomètres pour atteindre la ville la plus proche. C’est Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d’Ivoire. Au grand marché de cette ville, la majorité des supermarchés n’ont pas de sucre. Quand on y entre, on voit que l’étagère prévue pour le sucre est vide. Sinon d’autres produits y sont exposés.
De l’or blanc
Nous tentons une dernière visite ailleurs. Cette fois-ci, on a du sucre mais pas en quantité. Le kilogramme du sucre roux en poudre est 770 francs et le blanc en carreaux 990 francs. « Madame, s’il vous plait, quel est le problème avec sucre ? », avons-nous demandé à la caissière après avoir pris deux kilos. « Mon frère, dites Dieu merci ! Dans quelques instants, le rayon sera vide. Le problème de sucre, c’est partout. Ça fait que les produits qui sont vendus avec, comme la farine, ne sortent pas. Les quelques sacs qu’on reçoit partent très vite. Actuellement, on n’en trouve pas en quantité suffisante », nous a-t-elle répondu.
Le manque de l’or blanc devenue cher impacte les petits commerces. Madame Coulibaly vend du lait et du dêguê. Son commerce est en baisse. « Je travaille avec au moins dix kilos de sucre. Je suis allée au supermarché pour en acheter et on m’a refusé plus de trois kilos. Je suis obligée de prendre et aller chercher ailleurs pour compléter. Le lait a augmenté et maintenant c’est le sucre. Toutes ces difficultés font qu’on est obligé de diminuer la quantité du pot de lait qu’on vendait à 500 francs. Malgré cela, on ne gagne pratiquement rien », explique dame Coulibaly.
Impact sur le petit commerce
Même situation pour Dame Togo, vendeuse de bouillie à base de mil. « C’est difficile d’avoir du sucre. Quand on en trouve, le kilo nous est vendu 1 200 francs. Je vends la bouillie à 50 francs le sachet. J’ai diminué la quantité. Mais on ne peut pas s’en sortir. Si les choses continuent comme ça, je vais arrêter», a-t-elle affirmé.
Pourtant, il y a du sucre sur le marché, selon un communiqué de l’Association des Industries sucrières en Côte d’Ivoire (AIS-CI), et le prix du kilo est 820 francs pour le sucre blanc et 770 francs pour le sucre roux, et ce depuis juin 2022.Les sucriers accusent certains acteurs dans la chaîne de distribution qui retiennent les stocks et font des pratiques spéculatives conduisant à une hausse injustifiée des prix sur le marché.
Pour résoudre le problème, le ministère du Commerce a dérogé à sa stratégie de protection des deux industries sucrières nationales, en important plus de 20 000 tonnes en novembre dernier. Mais le problème demeure. Soit il y a un marché noir autour de cette denrée, soit ces industries ne peuvent pas faire face à la demande nationale. Si tel est le cas, ne faudrait-il pas suspendre l’interdiction d’importation du sucre et mettre fin à la souffrance des consommateurs ?
Moussa I. Koné
Correspondant régional
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Publié le :
10 décembre 2023Par:
Lago Tape