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Politique

CEDEAO | L'angoisse des Nigériens de Côte d'Ivoire

Publié le :

L'idée d’une intervention militaire de la CEDEAO pour réinstaller le président Bazoum angoisse énormément les ressortissants nigériens qui vivent en Côte d’Ivoire, notamment à Yamoussoukro, la capitale. Commerçants pour la plupart, ils suivent de très près la situation de leur pays d'origine. Le sujet est trop sensible pour qu'ils se prononcer publiquement. Surtout actuellement où les nouvelles autorités militaires de Niamey ont rappelé l'ambassadeur du Niger à Abidjan pour consultation, suite à l’annonce ferme du Président Ivoirien, Alassane Ouattara, avec ses homologues de la Cedeao, d’activer l’option militaire. Une option qui viendrait s’ajouter aux sanctions de la Cedeao déjà appliquées contre le Niger.

Après plusieurs hésitations, certains finissent par s’exprimer, dans une grande discrétion. L'intervention militaire ? « Ce n’est pas la meilleure solution », selon Touré Ibrahim, commerçant nigérien.

« La souffrance va s'accroître sur la population »

« Si la Cedeao intervient militairement, la souffrance va s'accroître sur la population. Déjà, le pays est sous sanctions économiques et commerciales. Rien ne sort, rien ne rentre. Nous ne pouvons pas envoyer de l'argent à nos parents. C’est déjà difficile. Si en plus de cela, des militaires doivent venir faire la guerre, ça sera trop difficile. On ne s’en sortira pas. Il faut continuer à négocier pour trouver une solution », a-t-il préconisé.

Son avis est partagé par Yssoufou Yacoub qui voit dans cette intervention un risque d’enlisement et une aubaine pour les terroristes. « Personne n’aimerait que son pays soit détruit. S’il y a une intervention militaire de la Cedeao, les militaires nigériens ne se laisseront pas faire. Le conflit va s’enliser. On voit tous le scénario au Soudan où deux armées se battent jusqu’à présent. Il ne faut pas oublier aussi que les terroristes sont là. Ils peuvent en profiter pour gagner du terrain. Donc voilà les risques de cette intervention militaire que nous ne souhaitons pas », a déclaré M. Yacoub.

« Ce coup d’Etat, certains de nos frères soutiennent et d’autres non… »

« Tout ce que nous voulons, c’est un règlement pacifique. Ce coup d’Etat, certains de nos frères soutiennent et d’autres non. Mais nous pensons qu’avec le dialogue on peut trouver une solution meilleure pour tout le monde », soutient M. Maham.

Rappelons qu’un ultimatum de sept jours, déjà expiré, avait été donné par la Cedeao au régime militaire pour libérer le président Bazoum et le rétablir dans ses fonctions interrompues par les militaires depuis le 26 juillet dernier. Si elle privilégie la voie diplomatique pour résoudre la crise, la Cedeao brandit également la menace d’une intervention armée au cas où les nouvelles militaires refuseraient la main tendue du dialogue. Un nouveau sommet des chefs d’état-major de la Cedeao a débuté ce jeudi 17 août à Accra, au Ghana.


Moussa I. Koné

Correspondant régional



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