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Politique

Madagascar. Arrestation embarrassante pour Iavoloha

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L’arrestation à Londres pour suspicion de corruption de Romy Voos Andrianarisoa, Directrice de cabinet du Président de la République, n’est que l’épisode le plus récent de révélations peu reluisantes, et qui illustrent la dangereuse tournure que la vie politique nationale est en train de prendre.

Romy Andrianarisoa s’est caractérisée depuis quelques années par une hyperactivité débordante dans la vie publique. On l’a vue présente dans les cercles influents liés au secteur minier, à l’environnement et à l’approche genre. On lui prêtait donc de grandes ambitions, et la volonté de constituer une équipe dès maintenant pour préparer le destin national qu’elle s’imaginait sans doute. Dans cette perspective, la direction du cabinet du PRM était sans doute envisagée comme un tremplin. Par ailleurs Présidente de la commission développement durable et éthique des affaires du Groupement des entreprises de Madagascar, elle s’était fendue en octobre 2021 d’une interview avec Radio Sifaka pour affirmer que « La corruption peut handicaper la compétitivité d’une entreprise, d’un secteur et du pays ».

Comme d’habitude à Madagascar, encore une fois, la classe dirigeante affiche le grand écart entre ses actes et ses paroles. "L’affaire Romy" nous confirme une chose : il faut toujours s’intéresser au côté pile de la médaille, car sur le côté face, tout les Malgaches s’impliquant dans les cercles politiques s’affirment patriotes, intègres et compétents. Cependant, ce côté face ne résiste pas toujours à l’épreuve des faits. Les fondateurs de République démocratique et les inaugurateurs de Place de la démocratie ne sont pas nécessairement démocrates. Aucune raison donc d’espérer que les politiciens qui affirment lutter contre la corruption soient nécessairement incorruptibles. Réflexion utile à l’aube d’une campagne électorale où on va voir (re)fleurir les promesses de Messie.

À ce stade, nous soulignons que Romy Voos Andrianarisoa bénéficie de la présomption d’innocence. Toutefois, nous soulignons également qu’il s’agit d’une arrestation au Royaume Uni, et rapportée par le très sérieux journal international Financial Times. C’est quand même d’un calibre différent des articles commis par certains Malgaches journalistes d’investigation ou "influenceurs" autoproclamés, qui se complaisent plutôt dans l’étalage de rumeurs non-recoupées et les attaques personnelles. De plus, cette arrestation s’est déroulée dans un pays où la conception de l’État de droit diffère des pratiques dans des pays tropicaux où la Justice, et surtout l’injustice, se rendent sur simple coup de téléphone de l’Exécutif.

Contexte politique délétère

L’environnement actuel souligne le degré de pourriture avancée de la vie politique. Il y a tout d’abord la multiplication des perturbations de meetings de l’opposition par les forces de l’ordre, malgré l’obtention d’autorisations en bonne et due forme. Les anciens présidents Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina en ont été victimes, tout comme les meetings du Mihava tour du député Siteny Randrianasoloniaiko.

Il y a également les affaires de piratage de comptes sur les réseaux sociaux. La station de télévision Real TV, qui ne dédaigne pas d’accorder l’antenne à des opposants, a vu sa page Facebook piratée. Celle de Marc Ravalomanana a également été victime de piratage, et propose maintenant des films pornographiques. Dernier cas en date, le piratage de la page Facebook satirique « Sary Kasma ». Le point commun entre ces trois pages est d’être résolument de l’opposition au pouvoir actuel. Questions qui se posent d’habitude dans les films policiers : à qui profite le crime, et qui sera le prochain ?

Faits étranges dans un État dont le Président affiche haut et fort sa volonté d’être le chantre de la démocratie et de la bonne gouvernance, mais il est vrai que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Mais ce qui est plus inquiétant, c’est que les mentalités basses à l’œuvre derrière ces violations de la démocratie et de la bonne gouvernance n’augurent pas d’une élection présidentielle 2023 propre et apaisée.

Ikala Paingotra




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