En novembre 2009, l’Assemblée générale des Nations unies, par résolution A/RES/64/13, déclarait le 18 juillet comme « Journée internationale Nelson Mandela ». L’objectif est de rendre hommage à l’ex-président sud-africain qui, on le sait, a beaucoup apporté à la lutte pour la démocratie et à la promotion d’une culture de paix et de liberté à l’échelle internationale. A l’occasion, et dans le souci de lutter contre les inégalités sociales qui font le lit des frustrations, il est demandé aux plus puissants de tendre la main aux plus faibles et aux plus nantis de voler au secours des plus indigents. Comme quoi, la meilleure manière de vénérer la mémoire d’une icône, c’est de promouvoir les valeurs qu’elle a toujours défendues ou incarnées. Mais plus de dix ans après qu’elle a été instituée, que reste-t-il de la Journée Nelson Mandela que les locuteurs de la langue anglaise appellent « Mandela Day » ? Le monde est-il devenu plus juste ? Ou encore la dignité de chaque être humain est-elle respectée ? A toutes ces questions, l’on peut, sans aucun risque de se tromper, répondre par la négative. Pire, on a la fâcheuse impression que le Mandela Day, si ce n’est déjà fait, est en passe d’être mis sous l’éteignoir. Si bien que l’engouement qu’il avait suscité au départ, semble subitement retombé. Pourquoi ? Tout porte à croire que la conjoncture mondiale y est pour quelque chose. Car l’ONU elle-même, au regard des conflits et des crises auxquels elle fait face, semble dépassée par les évènements. Tant et si bien qu’elle est régulièrement préoccupée à éteindre les départs de feu qu’à vouloir honorer un personnage historique.
La paix et la tolérance se révèlent être aujourd’hui de vains mots
Même en Afrique de Sud, les temps ont changé à telle enseigne que les uns et les autres semblent préoccupés à fouetter d’autres chats. Si fait que l’on assiste, progressivement et collectivement, à la mort de la mémoire de Nelson Mandela qui, faut-il le rappeler, a accepté de se sacrifier pour l’avènement d’un monde égalitaire où les clivages liés à l’appartenance raciale ou religieuse, n’auront plus de place. L’ONU est donc interpellée. C’est à elle de veiller à ce que la flamme qu’elle a allumée, continue d’éclairer la conscience de la jeunesse qui a plus que jamais besoin de repères. Surtout dans un monde où la violence a repris ses droits sur fond de haine et de xénophobie. Il suffit d’observer ce qui se passe en Tunisie pour comprendre. Où des migrants subsahariens subissent des traitements dégradants et humiliants quand ils ne sont pas ouvertement accusés d’être à l’origine des malheurs du pays. Pendant ce temps, le Sahel, depuis maintenant plusieurs années, est en proie à des attaques terroristes qui endeuillent injustement des familles et obligent des milliers d’autres personnes à migrer vers d’autres localités où elles vivent parfois dans l’indignité totale. C’est la preuve, s’il en est, que la paix et la tolérance qu’avait toujours prêchées Nelson Mandela, se révèlent être aujourd’hui de vains mots ; tant l’inhumanité a pris le pas sur l’humanité. Sans doute Nelson Mandela s’est-il, à maintes reprises, retourné dans sa tombe au regard des drames que vit le monde actuel mais dont la plupart dépendent de nos comportements.
Boundi OUOBA
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
publicitéPLUS D'ARTICLES
-
Côte d’Ivoire : Autoroute du Nord, un accident de la route fait 9 morts et plusieurs blessés
-
Côte d’Ivoire .Décès de Maférima Bamba Fouetay Epouse M’Bahia: Dominique Ouattara apporte son soutien à la famille
-
Les Éléphants battus à domicile : « Qu’on nous fasse venir Haller ! »
-
Gala de Children of Africa — Marie -Roger Biloa : « Les fonds collectés seront utilisés à bon escient (…) pour les enfants et les femmes de Côte d’Ivoire »
-
Côte d’Ivoire. Georges Taï Benson : le CÉNACLE rend hommage à l’icône des médias
-
Côte d’Ivoire : des collectivités épinglées par la Cour des comptes
-
CNID : la Côte d’Ivoire mise sur l’innovation verte
-
Affaire Aminata Seck : l’ordre d’expulsion annulé, mais...
-
Côte d’Ivoire : la Cour des comptes relève un excédent budgétaire de 268 milliards FCFA en 2024
-
À Genève, la Côte d’Ivoire échange avec le Nicaragua sur l’avenir du cacao
-
Diaspora .Dr John Tra, le trait d’union médical entre les États-Unis et la Côte d’Ivoire
-
Côte d’Ivoire : « La Récré des Livres avec Tata Nahomi » pour donner le goût de la lecture aux enfants
-
La Côte d’Ivoire, 75e pays à signer les accords Artemis de la NASA
-
Côte d’Ivoire : un remorqueur sans visite technique épinglé
-
Côte d’Ivoire : face à la menace des éléphants, des paysans abandonnent leurs champs
-
L’enquête du jeudi. Boulevard Nangui Abrogoua d’Adjamé : le terre-plein transformé en parking
-
Côte d’Ivoire.La COM-AGRID renforce la coordination de la communication agricole
-
Orpaillage illégal en Côte d’Ivoire : 30 pick-up, 300 motos et des drones pour renforcer la traque
-
Diaspora. Mahé Michel, l'étudiant devenu président de la communauté des Ivoiriens en Thaïlande
-
Washington , DC : le Président du COSIM salue l’action de l’Ambassade de Côte d’Ivoire
-
Éliminatoires CAN 2027 : En dernières minutes, les Éléphants font chuter Ocean Stars de Somalie (2-0)
-
ONU : la société civile de l’Est de la RDC dénonce une « guerre économique » alimentée par les minerais
-
Côte d’Ivoire .Facobly se dote de ses premiers engins de travaux publics
-
Côte d’Ivoire : Opération Épervier Spécial à Daloa, un réseau présumé de trafic de stupéfiants démantelé
-
À Harvard, Bruno Koné présente sa vision pour la modernisation de l’agriculture ivoirienne
-
Nialé Kaba : une offensive diplomatique à New York
-
10ᵉ Dîner de Gala de la Fondation Children Of Africa : Abidjan se prépare à une grande soirée de solidarité en faveur de la jeunesse
-
Côte d’Ivoire. Koumassi Campement - Des familles déguerpies paralysent la rentrée scolaire
-
Témoignage. Lucien Houédanou : Mes rencontres avec le centenaire Olympe Bhêly-Quenum
-
66ème du Mali indépendant : Faire du président Modibo Kéita un héros national !
-





