Faut-il craindre une nouvelle crise au pays d’Assimi Goita ? D’aucuns diront qu’au moment où les Maliens attendaient avec impatience les résultats du référendum constitutionnel du 18 juin dernier, ce serait être un oiseau de mauvais augure de se poser une telle question. Et pourtant ! En effet, après des préparatifs émaillés de polémiques sur fond de devisions entre pour, contre et partisans du boycott, la tenue du référendum de dimanche n’a pas permis de dissiper les doutes sur les risques encourus par Bamako. Primo, il y a cette polémique sur la tenue effective ou non du scrutin dans certains territoires maliens. Sur cette questions, l’on doit se rendre à l’évidence que chaque protagoniste défend sa position. D’abord, le pouvoir de Bamako qui, ne voulant pas perdre la face, tient à démontrer que les opérations de vote se sont bel et bien déroulées sur toute l’étendue du territoire, condition sine qua non, selon certains experts, pour que soit validé le référendum. Si tel était le cas, ce serait un doigt d’honneur du régime d’Assimi Goïta à ses contempteurs. Secundo, on a les partisans du boycott et les groupes armés décidés à démontrer par A + B, qu’ils ont réussi à empêcher la tenue des votes dans des portions importantes du territoire malien. Réussir à empêcher l’organisation du référendum dans beaucoup de localités, c’est la preuve d’un échec du pouvoir militaire. A cela viennent s’ajouter deux requêtes d’annulation de décrets déposés auprès de la Cour suprême et de la Cour constitutionnelle par la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (CMAS).
Il faut craindre pour le Mali
Le premier décret porte sur la création, la mission, l’organisation et le fonctionnement de la Commission de rédaction de la nouvelle Constitution et création de la Commission de finalisation du projet de Constitution. Quant au second décret, il s’agit de celui portant convocation du collège électoral, ouverture et clôture de la campagne électorale, à l’occasion du référendum constitutionnel. Cette ambiance nauséabonde avec comme déodorisant, des suspicions de fraudes, de bourrage d’urnes et de fabrication de résultats, fait planer sur Bamako des nuages annonciateurs d’orages à caractère dévastateur. Car, si à la crise socio-politique et sécuritaire, vient se greffer une crise post-électorale, il faut craindre pour le Mali qui, déjà, tient difficilement sur ses jambes. Pour le régime de Assimi Goita et pour tous ceux qui rêvent d’un retour définitif de la paix à Tombouctou, à Kidal, à Gao, à Koulikoro ou à Markala, pour ne citer que ces cités maliennes, ce serait une très mauvaise nouvelle de voir naître une crise liée au référendum constitutionnel. Cela dit, pour conjurer cette perspective tragique, le président Assimi Goïta et son gouvernement connaissent la thérapie à prescrire : le dialogue et la concertation pour évacuer les points qui fâchent dans la nouvelle Constitution. Des exemples existent dans l’histoire : instaurer les rapports de forces comme unique instrument de régulation des divergences socio-politiques, conduit toujours à la catastrophe ou à l’impasse. Autrement dit, ouvrir un autre front de crise, ne fera que compliquer davantage la situation du Mali.
Michel NANA
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