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Kibarou. Accueil des réfugiés du terrorisme, l’ innovation ivoirienne

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Quand la Côte d’Ivoire accueillait encore les Burkinabés fuyant le terrorisme, pour se réfugier dans la région de Bounkani l’on n’a pas trouvé à redire, sur l’expression de cet élan de solidarité, à l’égard d’une nation sœur en proie au crime organisé. Tant l’évidence de cette attitude est absolue, s’harmonisant parfaitement avec l’esprit d’hospitalité, qui a de tout temps caractérisé les Ivoiriens. En effet, l’on garde encore en mémoire, les impressionnantes vagues de réfugiés libériens qui ont eu à déferler sur le sol ivoirien, lorsque ce pays souffrait de la guerre fratricide qui l’a fortement ébranlé au cours des années 1990. Les réfugiés libériens s’étaient parfaitement fondus dans les populations des villes de Man, Danané, Zouan-hounien, Binhouyé, Guiglo, San Pedro. Bien qu’ils aient eu leurs camps, ils se sont retrouvés dans des conditions de sociabilité et de sécurité assez rassurantes tout au long de leur séjour. D’aucuns ne sont d’ailleurs plus repartis de ces différentes villes, où ils ont plutôt décidé de demeurer continuellement, jusqu’à ce jour. D’autres y ont fondé des familles, par le biais de mariages avec ceux qui les ont accueillis.

Mais dans le cas d’espèce des réfugiés Burkinabés, on comprend que le facteur explicatif même de leur présence en terre ivoirienne, trouble le sommeil de plus d’un Ivoirien. Car, il s’agit bien des attaques terroristes qui les ont poussés hors de leur pays, pour trouver refuge en côte d’Ivoire. Il y a quelques jours, leur nombre était évalué à 21792 personnes vivant dans cette situation en terre ivoirienne. Et ce nombre n’est semble-t-il pas prêt de demeurer en l’état. Face à cette probabilité, certains de nos compatriotes n’arrêtent pas d’éprouver des craintes, quant à la tournure que les choses pourraient connaître plus tard. Avec en prime, l’éventuelle possibilité de voir les terroristes se lancer à leur poursuite jusqu’ en terre ivoirienne. Ce qui serait difficilement possible, vu la portée et la puissance des dispositifs sécuritaires, déjà déployés pour contrer des incursions terroristes sur le territoire national.

De plus, l’initiative prise d’abriter ces réfugiés, dans des habitations construites par l’Etat, faisant l’objet de vives critiques, exprimant la crainte et des velléités de xénophobie, a pour lieu d’application, Nioronigué. Un village situé à trois kilomètres de la ville de Ouangolodougou, faisant partie de la région du Tchologo, avec pour chef -lieu de région, la ville de Ferkéssédougou. Donc, il ne s’agit plus de la région de Bouna, où de multiples tentatives d’incursions terroristes ont été sévèrement réprimées. Et encore moins de la lisière de la frontière ivoiro- burkinabée, ainsi que tentent de le faire croire certains commentaires, aux auteurs manifestement mal informés sur le fait. De plus, c’est bien avec l’accord des populations de Nioronigué qui ont offert dix hectares de terrain à cet effet, que ces bâtisses, sont réalisées avec du banco dit travaillé ou amélioré. En mettant en place toutes les garanties de sécurité profitables à tous. Et cela, aussi bien à la frontière, qu’au sein même du village, comme dans toute la circonscription administrative de Ouangolo. Malheureusement, contrairement à ce qu’exigent certaines personnes, ce sont là des dispositifs sécuritaires sur lesquels, l’on ne saurait communiquer en détails, pour ne pas en altérer l’efficacité.

En réalité, ce n’est rien de tout cela qui fait tant jazzer ici et là, les uns et les autres. C’est plutôt, l’originalité même de l’initiative prise par les pouvoirs publics, d’offrir de cette façon le gîte à des réfugiés du terrorisme, qui dérange. Une pratique dont on n’a pas souvenance de la survenue une fois déjà ailleurs en Côte d’Ivoire, comme ailleurs en Afrique. Et qui vient littéralement bousculer certaines consciences et attentes nationales, en matière de gestion des flux de réfugiés. Mais diantre, pourquoi faut-il toujours que les bonnes manières, les bonnes pratiques surtout innovantes en toute chose, relèvent forcément de l’intelligence, de la compétence des autres ? Une bien mauvaise attitude, traduisant le complexe d’infériorité tous azimuts, qui continue de caractériser nombre d’esprits. Il faut tout simplement changer. Et comprendre aussi que, nombre d’Ivoiriens, partis se réfugier au Ghana, au Mali, au Burkina Faso, au Togo, pendant la crise post- électorale qui a secoué la Côte d’Ivoire, n’entendent plus quitter ces pays d’accueil. Parce qu’ils s’y sont parfaitement intégrés, grâce aux dispositions nationales prises pour les accueillir. Mais beaucoup plus, grâce aux engagements individuels citoyens des habitants de ces pays, à les accepter parmi eux.

Moussa Ben Touré




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