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Politique

Etonnement est étonné

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Les partisans de Laurent Gbagbo sont estomaqués, surpris, abasourdis, stupéfaits, choqués, étonnés, tellement étonnés que l’étonnement même est étonné comme on dit au quartier. Rendez-vous-en compte ! Laurent Gbagbo, leur champion de toujours, leur Woudy devant l’Eternel pour des siècles et des siècles n’est pas inscrit sur les listes électorales. Comment cela est-il possible ? Et après l’étonnement, c’est maintenant la colère. Et plusieurs d’entre eux ont déterré la hache de guerre, certains sont même allés chercher les peaux de panthère, arcs et flèches de leurs grands-parents pour en découdre avec celui qui a eu cette outrecuidance. On va voir ce qu’on va voir. Et dans des enregistrements vidéos, certains parmi les plus illuminés, l’écume aux lèvres, ont même menacé de faire descendre la foudre et toutes les calamités d’Egypte sur la Côte d’Ivoire si une telle injustice n’était pas réparée dans les plus brefs délais.

Pour ma part, j’avoue que c’est l’étonnement des partisans de Laurent Gbagbo qui m’étonne. Parce que depuis 2020, tout le monde en Côte d’ivoire et ailleurs savait que l’ancien président et toujours mari de Simone Ehivet avait été radié de la liste électorale, suite à sa condamnation par la justice. D’ailleurs, lorsqu’il fut gracié par le Chef de l’Etat, plusieurs de ses suiveurs exprimèrent leur déception parce qu’ils auraient voulu une amnistie afin qui ne perde pas ses droits civiques. Pourquoi donc ces cris d’orfraie aujourd’hui ? Et pourquoi ces accusations contre la Commission électorale indépendante (CEI), quand elle n’a fait qu’appliquer une décision de justice ? Quel texte l’autorise-t-il à inscrire de son propre chef sur la liste électorale quelqu’un qui en a été radié par une décision de justice ? Que les partisans de Gbagbo laissent ce faux débat pour se concentrer sur les voies et moyens de régler leur problème. Si c’est la décision de priver Laurent Gbagbo de ses droits civiques qu’ils veulent contester, qu’ils le fassent, mais dans les règles de l’art. Il y a les recours juridiques et politiques qu’ils devraient plutôt songer à exploiter. Et je ne crois pas que proférer des menaces soit la bonne méthode.

Cela dit, Laurent Gbagbo n’a ni voté, ni été candidat en Côte d’Ivoire depuis plus de dix ans et le pays ne s’en est que mieux porté. En 2015 les Ivoiriens ont découvert avec étonnement que des élections pouvaient donc se passer sans violence dans leur pays, car depuis que le décès d’Houphouët-Boigny et l’arrivée de Laurent Gbagbo sur la scène politique, toutes les élections s’étaient déroulées dans le sang. En 2020 les choses auraient pu se passer de la même façon qu’en 2015, mais un vieillard berné par un petit gros aux dents trop longues avait cru que son heure était arrivée pour jouer à nouveau le premier rôle dans le pays, fût-ce au prix du sang des Ivoiriens. Personne non plus ne tombera dans le chantage à la réconciliation que l’on brandit à nouveau. Des voix se sont élevées ici et là pour dire que cette non inscription de Laurent Gbagbo sur la liste électorale mettrait à mal la réconciliation. En quoi ? La réconciliation signifie-t-elle faire toujours et uniquement plaisir aux partisans de Laurent Gbagbo, quitte à marcher sur notre droit ? Quelle composante de la société ivoirienne ne parlera donc pas à quelle autre ou se battra contre elle parce que Laurent Gbagbo n’est pas sur la liste électorale ? Les partisans de Gbagbo ? Contre qui ? Qu’ils sachent tout de même que leur chien fou, celui qu’ils appelaient « le général de la rue » qui menait les batailles en leur nom a retrouvé sa lucidité depuis qu’il a vu ce que cela coûte de mener certains combats. De longues années dans une froide prison dans un froid pays rendent forcément sage. Il a donc sagement annoncé qu’il acceptait sa radiation de la liste électorale, même si cette décision lui faisait mal. Les « Gbagbo ou rien » feraient mieux de se trouver de nouveaux guerriers. Les anciens sont fatigués. Et je crois que leur héros lui-même est bien fatigué aussi et aspire à se reposer tranquillement dans les bras de sa dulcinée en jouissant de sa retraite âprement acquise.

Venance Konan




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