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Politique

25 mai : journée de l’Afrique : Que commémore-t-on en réalité ?

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Ce 25 mai 2023, le continent africain va célébrer la Journée de l’Afrique communément appelée Journée de la liberté en référence à la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), devenue depuis l’Union africaine. Que commémore-t-on concrètement ?

Juste après les indépendances de certains pays africains dans les années 1957 jusqu’à 1960, l’Afrique est confrontée à une série de crises. La première, c’est la guerre d’Algérie qui va semer la discorde en divisant les pays africains en deux groupes.

Ceux qui se sont réunis sous le Groupe dit de Brazzaville, qui correspond aux anciennes colonies de la Métropole (France), soutiennent la position de la France. L’autre groupe, sous la conduite de Modibo Kéita et ses compagnons, soutiennent l’indépendance totale de l’Algérie.

La deuxième, c’est la crise de la délimitation des frontières. Au moment où la Mauritanie a accédé à son l’indépendance, le Maroc a manifesté son mécontentement en ne reconnaissant son indépendance par rapport aux frontières issues de la décolonisation et réclamant un grand Maroc.

La troisième crise qui est d’ailleurs la plus importante, ce sont les coups d’Etat. A peine indépendant, le Congo-Kinshasa, ex-Zaïre va connaître un coup d’Etat avec le renversement puis l’assassinat de Patrice Lumumba.

Ces trois crises majeures parmi tant d’autres vont faire que l’Afrique sur la voie de la décolonisation a besoin d’une unité plus que jamais. Après plusieurs rencontres de haut niveau entre leaders africains, en 1963 l’empereur d’Ethiopie Hailé Sélassié va convoquer une conférence de tous les Africains à Addis-Abeba.

Après deux jours de rencontre, l’Organisation de l’unité africaine voit le jour. Lors de son premier sommet au Caire en Egypte en 1964, la conférence des chefs d’Etat a validé l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation et la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat.

Mais très vite, cette organisation va montrer ses faiblesses, car les coups d’Etat vont se multiplier partout sur le continent, au Ghana (en février 1966), au Mali (novembre 1968), Haute-Volta, actuel Burkina (1966). Afin de corriger les erreurs de cette organisation, une structure nouvelle a été pensée.

Les chefs ont adopté le 9 septembre 1999 la Déclaration de Syrte en Libye qui prévoit la création de l’Union africaine, l’ancêtre de l’OUA. Lors du sommet de Lomé, le 11 juillet 2000, les dirigeants africains ont adopté l’acte constitutif de l’Union africaine qui entre en vigueur en mai 2001. Mais, c’est lors du 38e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’OUA, tenu le 9 juillet 2002 à Durban en Afrique du Sud, qu’a été proclamée la naissance officielle de l’Union africaine (UA).

60 ans après la création de l’OUA (aujourd’hui Union africaine) que commémore-t-on concrètement ? De l’OUA à l’UA, les problèmes des années de l’indépendance demeurent. Les objectifs de cette organisation qui sont de défendre la souveraineté, l’intégralité territoriale, l’indépendance de ses Etats membres et promouvoir la paix, la stabilité et la sécurité sur le continent ne sont pas atteints.

Avec l’UA, les problèmes de l’Afrique se sont aggravés puisque qu’on a un déficit de dirigeants visionnaires. Il se trouve que personne ne semble avoir sur ce jeune continent considéré comme l’avenir le pouvoir nécessaire pour attirer l’attention des dirigeants sur ce qui n’est pas juste et sur ce qui est inacceptable dans la façon dont ils gèrent leur pays. Le hic aussi, personne ne veut vexer son homologue par des observations sur les risques qu’il peut faire courir à son pays, voire ses voisins.

Et à force de se taire là où il aurait fallu parler, on assiste à des roitelets. Chacun dans son coin soumettant son peuple par des méthodes inacceptables soi-disant au nom de la souveraineté. Ainsi nous avons assisté aux dix ans de guerre qui ont ravagé la Sierra Leone entre 1991 et 2002, tuant, selon les estimations, entre 50 000 et 200 000 personnes. Des viols, des mutilations et des milliers d’enfants enlevés et forcés à combattre.

Le génocide du Rwanda ou encore la crise post-électorale en Côte d’Ivoire en 2011 plongeant le pays dans une guerre civile, la guerre des généraux au Soudan pour le pouvoir. Après tout le monde se mêle de tout et l’on perd des années à tenter en vain de ramener la paix là où l’on n’aurait pas dû l’avoir perdue.

Ousmane Mahamane




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