Hier tout-puissant, il se retrouve aujourd’hui au creux de la vague. En effet, la descente aux enfers se poursuit pour Alain Guillaume Bunyoni, puisque c’est de lui qu’il s’agit. Débarqué de son poste de Premier ministre en septembre dernier, il vient d’être finalement inculpé et écroué. Il est accusé de tentative de coup d’Etat par les autorités de Bujumbura qui précisent que plusieurs perquisitions ont été menées à son domicile. En fait, pour comprendre le divorce entre le président Evariste Ndyishimiye et celui que l’on présentait comme le numéro deux de son régime, il faut jeter un coup d’œil rapide dans le rétroviseur. Des divergences de vues sur la conduite des affaires de l’Etat, ont commencé à opposer les deux hommes depuis juillet 2020. Tant et si bien que le président Ndayishimiye, estimant que le Premier ministre cherche à lui faire de l’ombre, avait clairement dénoncé des « velléités de coup d’Etat de la part de ceux-là qui se croient « tout-puissants » et tentent de « saboter » son action. Limogé sans autre forme de procès, Alain Guillaume Bunyoni se doutait bien de la suite des évènements. Alors, est-il vrai qu’il complotait contre le pouvoir de son ex-allié ? Difficile de répondre à cette question. Pour le moins, on sait que l’ex-Premier ministre n’est pas à plaindre. Car, faut-il le rappeler, ce dernier était le chef de file des durs parmi les généraux qui soutenaient l’ex-président Pierre Nkurunziza dans sa volonté de confisquer le pouvoir qui a débouché sur la crise politique de 2015 aux conséquences incommensurables en termes de pertes en vies humaines. Il ne mérite donc pas que les Burundais s’apitoient sur son sort, surtout quand on sait qu’il est en délicatesse avec un de ses anciens compères.
La Justice doit se mettre au-dessus de la mêlée et se refuser à servir d’instrument de règlement de comptes politiques
Quand des généraux se battent, les Burundais ont tout intérêt à se tenir à bonne distance au risque de se faire trucider par une balle perdue. Cela dit, il revient à la Justice burundaise de se montrer à la hauteur du défi et cela, en instruisant à charge et à décharge. Elle doit se mettre au-dessus de la mêlée et se refuser à servir d’instrument de règlement de comptes politiques. Si l’ex-chef du gouvernement est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés à l’issue d’un procès équitable, qu’il lui soit opposée la loi dans toute sa rigueur. Car, le peuple burundais a tant souffert le martyre qu’il aspire désormais à la paix et à la démocratie. Par contre, s’il n’y a pas de preuves tangibles et irréfragables qui accablent et confondent Alain Guillaume Bunyoni, il faudra procéder à sa remise en liberté. C’est ainsi que doit fonctionner un Etat de droit digne de ce nom où un prévenu, même étant dans les liens de la détention, a des droits que nul n’est autorisé à violer injustement. Malheureusement, dans les pays de dictature, les adversaires politiques, lorsqu’ils sont embastillés, sont traités comme des malpropres ; l’objectif étant de les déstabiliser politiquement et moralement.
B.O
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