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Culture

A’Salfo

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Nous étions au début des années 2000, au moment où la Banque africaine de développement (BAD) se trouvait encore à Tunis. Je m’étais rendu dans la capitale tunisienne pour un évènement organisé par cette banque et un soir, nous nous sommes retrouvés dans une boîte de nuit fréquentée par la jeunesse dorée de Tunis. La musique qui passait était européenne, et seuls quelques couples se trémoussaient mollement sur la piste. Puis l’on mit « Premier gaou » des « Magic System ». Et là, toute la salle se leva d’un coup pour envahir la piste, et nous vîmes des personnes en djellaba sautiller joyeusement sur la piste. Ceux qui restaient assis étaient nous, les Ivoiriens, « propriétaires » de cette musique, qui regardions, à la fois ahuris et fiers, tous ces Tunisiens « s’enjailler » sur notre son.

J’ai eu plus tard l’occasion de connaître A’Salfo, le leader du groupe « Magic System » et auteur de cette chanson, et je dois avouer ici que j’ai beaucoup de respect, d’affection et d’admiration pour lui. De plus, il est le chanteur préféré de ma mère qui n’est pas loin de ses 90 ans. Elle m’avait dit un jour qu’elle aimerait voir un jour A’Salfo pour le toucher simplement, le prendre dans ses bras. Je l’ai dit à A’salfo et il m’a harcelé pendant longtemps pour aller saluer ma mère. Il était prêt à aller jusqu’à Daoukro pour cela. Mais à chaque fois, un contretemps a empêché la réalisation de ce projet. Il y a plus de dix ans de cela. J’avais cru que ma mère avait oublié cette histoire lorsqu’en janvier dernier, elle m’a rappelé à nouveau son désir de voir l’auteur de « Premier gaou. » Je ne désespère pas de réaliser le vœu de ma mère avant que ses ancêtres ne la rappellent auprès d’eux.

Si je consacre cette chronique à A’Salfo, ce n’est pas pour l’admiration que ma mère lui porte, mais pour le féliciter, l’encourager et lui apporter mon très petit soutien moral pour tout ce qu’il fait pour la Côte d’Ivoire et l’Afrique. Voici un jeune homme, issu de l’un des quartiers les plus défavorisés de notre capitale économique, et qui aujourd’hui fait danser le monde entier sur sa musique, fréquente des chefs d’Etats de pays puissants, et qui organise un des plus grands festivals de musique d’Afrique, qui en est aujourd’hui à sa quinzième édition. Qui dit mieux ? Et c’est un festival qui a grossi d’année en année pour atteindre une dimension mondiale. Ce ne sont plus des amis de quartiers qui viennent participer à ce festival, mais des artistes de renommée mondiale. Je me souviens du rêve que nous avions caressé il y a des décennies de cela, à l’occasion de la mort en 1989, de Roger Fulgence Kassy, la star de la Télévision trop tôt disparue. Deux années de suite, un festival avait été organisé au stade Champroux de Marcory pour lui rendre hommage. Et nous avions été quelques-uns à rêver d’en faire un grand festival ivoirien qui durerait éternellement. Il n’est pas allé au-delà de deux éditions. A’Salfo et ses amis sont venus, plusieurs années après, et sans aucune prétention, ont créé leur festival qu’ils ont prudemment restreint à leur quartier d’origine. Ils l’ont appelé « festival des musiques urbaines d’Anoumabo. » FEMUA. Aujourd’hui, ce festival qui est sorti d’Anoumabo, nous emplit tous de fierté. Comme A’Salfo lui-même d’ailleurs. Savez-vous qu’il a récemment obtenu deux diplômes de management des Hautes Etudes Commerciales (HEC) de Paris, une des écoles qui forment les élites du monde des affaires en France et aillleurs ? Abidjan ici, dormez seulement ! A’Salfo, lui, il avance.

Prions pour que les sorciers ne viennent pas se mêler de cette affaire afin que le FEMUA vive encore très longtemps, même après nous et ses créateurs. Cette année le thème du festival est la sécurité alimentaire dans nos pays africains. Eh oui ! Comment se fait-il que le continent qui possède le plus de terres arables au monde, qui est traversé par de grands fleuves, n’arrive pas à se nourrir ? Cela mérite réflexion. En attendant que l’on trouve des réponses à cette question, je propose à A’Salfo le thème de la prochaine édition du FEMUA : comment rendre nos villes propres ? Parce que la plupart de nos communes, à commencer par Anoumabo, se distinguent d’abord par les ordures qui traînent partout.

Venance Konan




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