Dissous en mars 2022, par le président Kaïs Saïed, le parlement tunisien a rouvert ses portes le 13 mars 2023, soit deux ans après. Le premier acte de cette institution forte de 161 députés dont 7 de l’étranger à élire, a été l’élection de son président et l’adoption de son règlement intérieur. Si l’on peut se féliciter de cette réouverture du parlement parce qu’elle met fin à la gouvernance par ordonnance, l’on ne peut s’empêcher de se demander ce à quoi servira ce « machin ». Ce n’est un secret pour personne que le parlement tunisien ne représente plus grand-chose puisque ses pouvoirs ont été restreints à la faveur des réformes litigeuses opérées au forceps par le président Kaïs Saïed. Autant dire que c’est une coquille vide qui n’aura que très peu d’impact sur le processus démocratique tunisien en panne depuis l’avènement de Kaïd Saïed au pouvoir. En vérité, ce parlement qui devait renforcer le processus démocratique tunisien, n’est ni plus ni moins qu’une chambre d’enregistrement pour le président Kaïd Saïd. Mais pouvait-il en être autrement quand on sait que ce dernier aura tout mis en œuvre pour asseoir une Assemblée nationale à sa solde ? Quelle sera l’utilité d’une telle chambre qui, de surcroît, est budgétivore pour le peuple tunisien pris à la gorge par une crise économique sans précédent? Tout laisse croire que la mise en place de ce parlement répond plus à un désir de contenter les partenaires au développement qu’à celui de doter la Tunisie d’institutions fortes, capables de tirer la démocratie tunisienne vers le haut.
Il serait plus sage pour ce parlement, d’écouter plus le peuple que le prince régnant qui s’est arrogé les pleins pouvoirs
Kaïs Saïed devrait en être gêné. Comment l’institution parlementaire pourrait-elle, dans ces conditions, jouer à fond son rôle de contrôle de l’Exécutif? Tout porte à croire que ce parlement ne sera pas en phase avec les aspirations profondes du peuple tunisien qui, on se rappelle, avait boycotté le scrutin législatif à près de 90%. C’est dire si le plus grand défi de la nouvelle Assemblée nationale est de réussir à faire accepter ses décisions par le peuple tunisien. C’est pourquoi il serait plus sage pour ce parlement, en tout cas, s’il tient à inscrire son nom dans le marbre, d’écouter plus le peuple que le prince régnant qui s’est arrogé les pleins pouvoirs. Cela dit, le parlement tunisien renaît de ses cendres dans un contexte où les migrants subsahariens y compris les Tunisiens à la peau noire, sont traqués tels des gibiers en Tunisie. Quelle sera donc la première mesure forte de cette institution pour contribuer à juguler cette crise aux relents racistes? Si Kaïs Saïed semble être allé très loin dans sa dérive, le nouveau parlement se doit de rectifier le tir. C’est d’autant plus nécessaire que les conséquences de cette dérive pourraient éloigner davantage l’horizon du bonheur du peuple tunisien, au regard surtout des sanctions qui pleuvent sur le plan économique.
Dabadi ZOUMBARA
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