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Au tribunal. Sorciers et charlatans face aux juges

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Un fait à la fois dramatique et spectaculaire s’est produit en décembre 2022, à Kpo-Kahankro. Dans cette localité située dans la commune de Bouaké, 16 morts mystérieuses en ont été provoquées, suite à des pratiques fétichistes ou relevant de la sorcellerie. Les faits se sont déroulés au domicile du premier notable du chef de village, M. Jean-François Kouamé Kouadio, qui avait partie liée avec un certain médium ou « guérisseur », répondant au nom de Jérôme. Les deux suspects seront arrêtés et jugés par le Tribunal de première instance de Bouaké. Au terme de leur procès, qui s’est déroulé le 9 février dernier, ils ont été condamnés à cinq ans de prison ferme à 500 000 F d’amende chacun.

Selon le procureur de la République près le Tribunal de première instance à Bouaké, M. Yéo Abel Nangbélé, qui a communiqué sur cette triste affaire, « il n’est pas conforme à la réalité juridique, de dire que les condamnations prononcées l’ont été en lien avec les décès survenus ».


Troubles à l’ordre public


Le procureur de la République a plutôt précisé que ces condamnations résultent plutôt du « trouble à l’ordre public villageois, consécutif à l’implantation d’un fétiche dans cette localité ». Le ministre de la Santé Pierre Dimba, qui est également intervenu sur la question, a assuré que le fétiche, par lequel le malheur est arrivé, a été détruit.

Si, dans la plupart des cas, la Loi semble moins sévère sur la sanction pénale infligée au sorcier, elle devient plus dure, quand il s’agit de réprimer la pratique de la sorcellerie ou du charlatanisme. Autant il est difficile de prouver que la personne qui est devant vous est bel et bien un sorcier, autant il est facile de constater les dégâts ou les désastres que ces pratiques peuvent causer, comme dommages matériels ou préjudices moraux ou sociaux, dans nos sociétés africaines.

A quoi nous renvoie la sorcellerie ? Elle est présentée comme « une pratique magique, en vue d’exercer une action, généralement néfaste sur un être humain – sort, envoûtement, possession–, sur des animaux ou des plantes – maladies du bétail, mauvaises récoltes, etc.

Selon le site Koaci.com – publication du mercredi 23 décembre 2022–, des « sorciers ont été condamnés à trois ans de prison ferme condamnés à trois ans de prison ferme à l’ouest de la Côte d’Ivoire. Il s’agirait de trois sexagénaires, membres d’une confrérie de sorciers du village de Slepleu, sous-préfecture de Danané. Lors de leur comparution au tribunal de la localité, ils auraient reconnu pratiquer la sorcellerie. On les soupçonnait d’avoir voulu mettre fin à la vie du fils d’un membre de leur confrérie. La victime devait être sacrifiée, pour rembourser la dette de chair humaine que sa sœur avait empruntée auprès de ses confrères. Ayant été reconnus coupables du délit de pratique de sorcellerie, les trois sexagénaires ont été condamnés à trois ans de prison ferme.

Dans le Code pénal ivoirien, « Est puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 100 000 à 1 000 000 de francs CFA quiconque se livre à des pratiques de charlatanisme, sorcellerie ou de magie , susceptible de troubler l’ordre public ou de porter atteinte aux personnes ou aux biens. »

Une chronique de Mory-Frey Touré






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