L’audition des témoins de l’attentat de Grand Bassam s’est poursuivie ce jeudi 8 décembre, quatrième jour du procès. Mme S. Louise, l’un de ces témoins a déclaré au juge avoir remarqué depuis l’hôtel où elle est employée, la présence d’un homme aux attitudes suspectes.
S. Louise employée à l’hôtel où un client a été atteint par balle a été entendue en qualité de témoin victime. Selon ce témoin, déjà avec l’attaque d'un hôtel au Burkina Faso, le directeur d’exploitation de l’hôtel qui l’emploie, les avait alertés, en indiquant comme s’il le savait, « qu’il se peut que cela arrive un jour en Côte d’Ivoire ». Les employés de l’hôtel ont donc fait des simulations pour pouvoir se protéger en cas d’attaque terroriste. Le jour de l’attaque, quand des coups de feu inhabituels ont retenti, en personne avertie et entraînée à cela, elle a eu le réflexe de se cacher dans la cuisine. « De ma cachette, j’entendais les coups de feu », déclare-t-elle. C’est après l’intervention des forces de l’ordre qu’elle est sortie de sa cachette. Et c’est aussi en ce moment - là, qu’elle a vu le corps d’un client dans le restaurant.
Mais avant cette date, n’a-t-elle pas remarqué de présence suspecte dans l’hôtel ? A cette question du juge, elle a répondu par l’affirmative. « C’est un homme qui est arrivé au moins trois fois. Il s’habillait simplement. Ce qui a attiré mon attention, c’est qu’il posait chaque fois des questions et ne commandait pas grand-chose », explique le témoin. Et les questions de ce client particulier portaient principalement sur la race des personnes que recevait l’hôtel. « Après l’attaque on ne l’a plus revu », a précisé S. Louise. Elle en a fait cas à ses patrons. Mais elle ne sait pas la suite. Cette attaque des plages de Grand-Bassam a créé chez elle un choc émotionnel.
K. Bertin, un autre témoin de cette attaque terroriste du 13 mars 2016 à Grand-Bassam, garde encore selon ses dires, des séquelles de cette journée noire. Il sursaute sans arrêt, au moindre bruit. Surtout quand celui-ci est semblable à un coup de feu. Il a même dû abandonner son métier de conducteur pour se retrouver au village, le temps que ce traumatisme passe. Conducteur de véhicule de transport en commun appelé communément Gbaka, il transportait ce jour-là, un convoi sur la plage de Grand-Bassam. Une fois à destination, il venait tout juste de faire descendre ses passagers, quand les premiers coups de feu se sont fait entendre. « Je pensais que c’était des policiers qui avaient affaire à des braqueurs », a-t-il déclaré au juge. C’est quand l’un de ses passagers a été tué par balle et qu’une autre fille a été atteinte au niveau de la cuisse, qu’il s’est rendu compte de la gravité de la situation. Lui-même s’est retrouvé sous son véhicule. De cette cachette, il a vu trois hommes armés, dont l’un progressait vers l’hôtel « Etoile du sud », quand les deux autres se dirigeaient vers la plage. « Ils tiraient des rafales. Mon véhicule a été traversé par une balle », a-t-il révélé. Il déclare n’avoir jamais vécu de telles situations où le sang a tant coulé. Mais aucun de ces deux témoins n’a déclaré avoir vu les prévenus parmi les agresseurs.
Quant à F. Arouna, un autre témoin entendu à ce quatrième jour de ce procès, il explique que, c’est entre 17 heures et 18 heures, qu’il a été joint au téléphonique par son chauffeur, pour l’informer que son fils a été tué à la plage. En effet, le jour des faits, le fils s’était rendu à la plage en compagnie de sa fiancée. A titre de dommage et intérêt, il a demandé 100 millions de francs Cfa. Le mercredi 14 décembre, le procès va se poursuivre avec l’audition d’autres témoins.
Diomandé Karamoko
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