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Politique

Choguel K Maiga endosse une grande part de responsabilité dans l’exacerbation de la crise malienne

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Le Mali sous asphyxie financière malgré la levée des sanctions de la CEDEAO, conséquence logique du stupide embargo, dont le Premier Choguel Kokala Maiga a été le véritable architecte. Isolé diplomatiquement dans un monde interdépendant, à cause du choix politique inopportun fait par les autorités sous le conseil avisé du PM. En brouille diplomatique avec l’organisation sous-régionale pour avoir voulu s’éterniser au pouvoir, alors qu’une transition devrait être une période de courte durée, et cela après des Assises dites Nationales de refondation, ANR avec comme maître d’ouvrage le PM. Incontestablement Choguel K Maiga endosse une grande part de responsabilité dans la chaotique situation dans laquelle patauge le Mali depuis le 18 Août 2020. Et pourtant il persiste et signe, malgré toutes bourdes et les obstacles dus à ses choix politiques, qu’il est la solution. va-t-il finir par faire son mea-culpa et rendre le tablier pour donner une chance de réussite à la transition ? Dans le cas échéant Assimi Goïta va-t-il s’assumer en le débarquant pour insuffisance de résultats ?

Jamais, dans l’histoire récente du Mali, un premier ministre n’a autant fait parler de lui que Choguel Maiga. Un animal politique et un véritable communicant, il a su convaincre les jeunes colonels inexpérimentés qu’il était celui qu’il fallait pour sortir le Mali de 30 ans de gouffre. Il multiplia alors les sorties faisant même ombrage au Président de la transition. La question que bon nombre d’observateurs de la scène politique se sont posés est celle de savoir si le PM faisait ces sorties par conviction ou juste par boulimie du pouvoir ? Sinon comment comprendre qu’avec plus de 30 ans d’expérience qu’il ne puisse pas dicter au Président de la transition la voie politico-diplomatique, la bonne, à suivre. Pour rappel Choguel K Maiga est Présent sur la scène politique depuis 30 ans, membre de l’UNJM sous le Général Moussa Traoré, Président du Mouvement Patriotique pour le Renouveau, MPR, ministre sous ATT, il revient encore dans le gouvernement sous IBK, avant d’être le fervent opposant à ce dernier. Premier ministre sous la transition, Choguel K Maiga est l’un des vieux routiers de la politique malienne. Malgré ce riche parcours politique il n’a pas su convaincre le Président de la transition, sans aucune expérience politique, à faire les choix qui conviennent pour éviter la catastrophique situation dans laquelle le Mali se trouve aujourd’hui.

Que reste-t-il au Président de la transition pour sauver ce qui pourrait l’être encore? Un changement de paradigme ne s’impose-t-il pas pour le reste de la transition ?

Le Colonel Assimi Goïta arrivé au pouvoir sans aucune expérience, ignorant presque tout du fonctionnement d’un Etat ne pouvait avoir meilleur conseiller que l’expérimenté Choguel qui totalise plus de trois décennies de parcours politique, mais au constat les résultats sont loin d’être satisfaisants, bien au contraire la situation s’est fortement détériorée, d’où un légitime motif de le remplacer. Le Colonel Assimi a des bonnes raisons de se débarrasser de Choguel K Maiga pour donner une dernière chance de réussite à la chancelante transition. Pour rappel l’on est à 14 mois de la fin de la transition et aucun des grands défis ne semble connaitre un début de solution. Le Mali s’enfonce dans la crise à la fois socio-sécuritaire que politique.

Pourquoi Choguel K Maiga a sa grande part de responsabilité dans le chaos ?

Il est fort à parier que c’est sur conseil du PM Choguel K Maiga que le colonel Assimi Goita a chargé son Ministre des affaires étrangères Abdoulaye Diop pour aller proposer une transition d’une durée de 5 ans à la CEDEAO. Notre malheur est venu de cette proposition, qui nous a non seulement valu un embargo stupide de 6 mois, mais aussi a été à la base de la brouille du Mali avec ses voisins, que tout lie, l’histoire, la géographie, la culture et surtout l’économie. La Côte d’Ivoire et le Sénégal partagent avec le Mali une longue histoire faite de solidarité d’entraide, de bon voisinage et surtout de relations économiques. Pour rappel cette proposition de cinq ans a irrité même certains partisans de la transition. Tous ceux qui savent les conséquences d’une longue transition pour un pays, ont condamné la proposition et surtout la posture belliqueuse du gouvernement malien, qui n’a pas pu négocier et trouver un compromis pour éviter ce stupide embargo pourtant évitable. La communication qui a accompagné les sanctions s’est avérée infructueuse car le peuple dans sa grande majorité a découvert le pot aux roses. Le projet qui se cachait derrière cette décision n’était rien d’autre pour les autorités que de se maintenir aussi longtemps que possible au pouvoir

La théorie du complot comme stratégie de gouvernance

Pour endormir la conscience du peuple l’architecte de la transition a adopté la stratégie consistant à ne voir que le complot partout. Le Mali accuse la France de l’avoir abandonné en plein vol en se retirant du Mali, ensuite d’avoir armé les terroristes et de violer de façon répétitive l’espace aérien. Comme si cela ne suffisait pas le PM par intérim aussi a fait feu de tout bois en s’attaquant aux Présidents des pays voisins comme le Niger et la Côte d’Ivoire, toutes choses qui isolent davantage le Mali sur la scène sous régionale, voire internationale. Le dernier événement qui a fini par convaincre plus d’un que les autorités maliennes ont un autre agenda différent de celui du peuple, est la crise qui oppose le Mali à la Côte d’ivoire au sujet des 46 soldats, incarcérés au Mali et considérés comme des mercenaires. Après tous ces stratagèmes le Mali est loin de sortir du gouffre, il ne fait d’ailleurs que s’enfoncer davantage. La crise socio-sécuritaire ne fait que s’envenimer, la crise politique s’exacerbe avec une levée des boucliers de la classe politique et une partie de la société civile qui finira par battre le macadam pour s’opposer à l’adoption de la nouvelle constitution. Que dire de l’économie qui est presqu’à l’arrêt, quand les revendications sociales se multiplient de façon inquiétante.

Que reste-t-il au Président de la transition pour sauver ce qui pourrait l’être encore ?

Ceux qui ont été à la base de la descente aux enfers du pays ne peuvent plus être la solution d’une sortie de crise. Donc il revient au Président de la transition de changer de cap avant qu’il ne soit trop tard. Un nouveau gouvernement avec à sa tête un nouveau PM pour non seulement redorer l’image écornée du Mali sur la scène internationale, mais aussi harmoniser ses relations avec les pays voisins et avec tous les partenaires traditionnels. Donc un changement de paradigme s’impose et très rapidement.

Youssouf Sissoko




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