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Societe

Au tribunal. Coup de théâtre : la victime propose un emploi à son voleur

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Si Ahmed était appelé un jour à retracer, dans un roman, les péripéties qui ont marqué son adolescence ou sa jeunesse, il pourrait choisir comme titre : « Du violon… au boulot ». Placé sous mandat de dépôt, le 4 novembre 2022, après qu’il a “piqué” le porte-monnaie d’un opérateur économique le 1er novembre, en pleine célébration de la fête de l'Abissa, Ahmed Sylla, vingt- sept hivernages au compteur, s’est retrouvé à la barre du tribunal correctionnel de Grand-Bassam, le 10 novembre 2022. Il avait en face A. Kouakou, sa victime.

Nous sommes bien le 1er novembre, apothéose de la célébration de la traditionnelle et annuelle fête du peuple N’Zima du Sud-Comoé et, particulièrement, dans la cité balnéaire et historique de Grand-Bassam. Comme chaque année, ce grand-rendez-vous de la culture draine et brasse non seulement toutes les composantes du peuple N’Zima et alliés mais également tous ceux qui, venus d’ici ou d’ailleurs, veulent en savoir un peu plus sur les tenants et aboutissants de cette grande célébration.

Malheureusement depuis quelques années, les organisateurs de ce festival de chants, de danses et de démonstrations mystiques ou magico-religieuses, notent, à leur corps défendant, la présence d’individus sans foi ni loi ou de délinquants primaires, venus agresser ou voler pour la circonstance. Cette année, A. S. compte au nombre de ces personnes indélicates.


Pardon ! Pardon !


A. Kouakou, un opérateur économique de la région, était là pour vivre pleinement les sons et les images de ce grand festival. Malheureusement, il va se retrouver sur le chemin de A. S. qui lui, avait d’autres préoccupations ce jour-là : se remplir les poches, en détroussant ceux qui avaient le malheur de se trouver à ce bon endroit mais au mauvais moment. S’il a pu mener avec succès quelques opérations, A. S. sera appréhendé, pratiquement la main dans la poche, après avoir “piqué ” le porte-monnaie de A. Kouakou.

Le 10 novembre 2022, à la barre du tribunal correctionnel de Grand-Bassam, face à la Cour et à sa victime, A. S. dans ses petits souliers de prévenu, était si confus qu’il n’aura que ces quelques mots à la bouche : « M. le président du Tribunal, pardon. M. le procureur de la République, pardon. M. Kouakou, il faut me pardonner. A vous tous, je demande vraiment pardon. Ayez pitié… Je ne recommencerai plus… Au grand jamais. »

La condamnation du prévenu à six mois d’emprisonnement avec sursis et à 100. 000 F d'amende, ne sera ressenti comme un choc, ni pour lui ni pour sa famille. Pour les raisons suivantes : après la supplication émouvante du prévenu et après le réquisitoire du procureur de la République qui a plaidé plutôt pour la resocialisation du délinquant que pour son incarcération, une déclaration inattendue sera faite, à la grande satisfaction des uns et au grand dam des autres. Appelé par le président du Tribunal à se prononcer sur cette affaire avant la décision de la Cour, le plaignant et victime A. Kouakou, après avoir pardonné l’indélicatesse de A. S., va plus loin :

« M. le Président, M. le Procureur : non seulement je lui accorde le pardon qu’il demande mais je suis prêt à lui offrir son premier emploi, si tel était son vœu. En tant qu’opérateur économique et pourvoyeur d’emplois, je gagnerais plutôt à aider ces jeunes déscolarisés et laissés-pour compte de la société qui, à un moment ou à un autre de leur vie, n’ont eu d’autres choix que de voler. Voler pour subsister… je veux dire. »

L’audience, qui avait retenu son souffle à l’entame des propos du plaignant et victime A. Kouakou, finira par lui exprimer sa forte émotion et sa grande reconnaissance. Mme A. B., la mère du prévenu, présente à l’audience pour soutenir courageusement son fils momentanément égaré, n’aura pas assez de mots forts, pour remercier et même bénir l’homme providentiel : celui que Dieu venait ainsi de mettre sur son chemin. Pour sauver son fils.

Une chronique de Mory-Frey Touré.




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