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Politique

Crise sécuritaire dans l’est de la RDC : La diplomatie peut-elle faire taire les armes ?

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Alors que les combats font toujours rage dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) sur fond d’avancée des rebelles du M23, la diplomatie s’active. En effet, en prélude à la nouvelle session de pourparlers prévue pour la fin de la semaine en cours, le président kényan, William Ruto, est en visite depuis le 20 novembre dernier à Kinshasa. S’il est vrai qu’à l’occasion de ce déplacement, William Ruto et son homologue Félix Tshisékédi ont discuté des questions bilatérales, il n’en demeure pas moins qu’ils ont abordé la situation sécuritaire délétère qui prévaut dans la partie orientale de la RDC. La présidence kényane avait déjà annoncé la couleur en précisant que Nairobi joue un « rôle crucial » au sein des pourparlers qui se dessinent entre protagonistes de la crise congolaise. Peu avant, c’est le président kényan sortant, Uhuru Kenyatta, qui, au cours de son déplacement à Kinshasa, avait appelé les différents groupes armés à déposer les armes et à privilégier la voie du dialogue. Et ce c’est pas tout. Car, la situation sécuritaire à l’Est de la RDC s’est aussi invitée au sommet de la Francophonie qui s’est tenu le week-end écoulé à Djerba en Tunisie. En effet, la délégation congolaise n’est pas allée avec le dos de la cuillère pour accuser la Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, de parti pris en faveur de son pays d’origine qu’est le Rwanda soupçonné de soutenir le M23. Pour l’heure, on attend de connaître le contenu de la résolution que l’OIF promet d’adopter sur le sujet.

Il faudra que les présidents Paul Kagame et Félix Tshisékédi acceptent de se parler franchement

En tout cas, il faudra tout faire pour éviter un embrasement. Car, si la RDC reste un chaudron ou un foyer incandescent, c’est toute la région des Grands Lacs qui pourrait s’en trouver affectée. Elle pourrait même, si rien n’est fait, devenir la destination privilégiée des groupes armés terroristes qui écument le Sahel. C’est en cela qu’il faut saluer le déploiement en cours, de la force régionale qui, on l’espère, œuvrera au retour de la paix en faisant non seulement taire les armes, mais aussi en empêchant un éventuel déferlement de forces obscurantistes qui pourrait envenimer la situation. Pour ce faire, il faudra que les présidents Paul Kagame et Félix Tshisékédi, au-delà de leurs ego, acceptent de se parler franchement. Car, ce qui manque le plus entre les deux hommes, c’est la sincérité et la confiance mutuelle. Cela dit, en plus de la solution militaire qui a déjà montré ses limites sur le terrain, il faudra que les autorités congolaises ravalent aussi leur orgueil en acceptant de négocier avec le M23 qui, en dépit d’intenses affrontements, se trouve actuellement à une vingtaine de kilomètres de Goma. Car, il faut le dire, si, après dix ans, la rébellion dont la voilure avait été drastiquement réduite, a repris du poil de la bête, c’est parce que certains accords n’ont pas été respectés. Il ne sert donc à rien de bander les muscles face à un adversaire dont on sait que la puissance de feu est redoutable. Gageons donc que du prochain sommet de Nairobi, sortiront de fortes résolutions qui soulageront les peines des pauvres populations qui souffrent le martyre.

Boundi OUOBA




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