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Politique

La transition malienne face à l’épreuve du temps : Le pouvoir va-t-il étouffer les premiers signes d’usure ?

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Lorsqu’une transition est courte, elle conserve toute sa vitalité et préserve sa cohésion pour remettre le pays sur les rails. Le pouvoir du Colonel Assimi Goïta est-il dans cette dynamique ?

Le « pouvoir des cinq colonels » a-t-il toujours le vent en poupe, comme durant les premières semaines après le renversement du président Ibrahim Boubacar Kéita ? L’on peut en douter. Plus de deux ans après le 18 août 2020, beaucoup d’eau semble avoir coulé sous les ponts de Kati à… Koulouba.

En effet, le contexte de gouvernance dans lequel est intervenu le renversement du régime IBK a incité les nouveaux hommes forts du pays à opter pour la « rupture ». Sans apparemment mesurer toutes les conséquences de cette interruption même dans des pratiques qui se sont installées sur plus de 30 ans de gestion des affaires publiques.
Ce qui a fait que le colonel Assimi Goïta a fini par reprendre en main son « pouvoir », en mai 2021. Non sans gommer la force charnière constituée par Bah N’Daw-Moctar Ouane.

Cette éviction a permis aux colonels de mettre à la touche la classe politique dans la mise en place de l’appareil de gestion de la Transition. Ce schéma devrait convenir à une période transitoire courte, qui ne dépasserait pas 18 mois. Et le leader de la CODEM, Housseini Amion Guindo soulignait qu’une transition courte était dans l’intérêt même des tenants de ce pouvoir. Cela n’a pas été compris.

Et les mécontentements ont commencé à s’exprimer, notamment avec les diatribes de l’imam Mahmoud Dicko, suivies des dénonciations d’une partie du mouvement M5-RFP, pour déboucher aujourd’hui sur les attaques frontales d’un certain Adama Diarra dit Ben le Cerveau. Des prises de positions qui fragilisent le pouvoir de transition, lui administrant des fissures susceptibles d’être exploitées par de potentiels adversaires. C’est pourquoi la question se pose aujourd’hui de savoir si le pouvoir militaire peut maitriser le contrôle de l’appareil d’Etat jusqu’au terme de cette période sensible.

Et un leader de la classe politique de déplorer le week-end dernier que les soutiens du pouvoir s’effritent, au risque de s’entredéchirer. « Le pouvoir use et s’use. Et, il est souhaitable de faire en sorte qu’il y ait une union des forces vives du pays pour consolider ce pouvoir », a-t-il analysé. Non sans hésiter à conseiller une ouverture rapide aux forces sociopolitiques les plus représentatives des Maliens.

Or, l’on a l’impression que le chef de l’Etat joue à un attentisme qui est préjudiciable aux intérêts immédiats du pays, confronté à une adversité de pays précédemment partenaires historiques, comme la France.

En clair, il urge pour le chef de la Transition de poser rapidement des actes politiques significatifs pour élargir la base de la gouvernance du pays, secoué aussi par l’isolement dont il est victime. Cela permettra d’annihiler les velléités de déstabilisation du pouvoir, pour le sauver à travers la recherche d’un consensus conduisant aux élections.

Boubou SIDIBE


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