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Culture

Portrait .Bailly Spinto : Une voix qui séduit toujours, même après 50 ans de carrière

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Révélé aux mélomanes ivoiriens à travers les chansons comme Taxi Sougnon, Anouhoumé, Poignon, etc, Bailly Spinto est devenu un artiste international. Il fête cette année, ses cinquante ans de carrière musicale. Retour sur une si longue et riche carrière musicale. Une belle voix dont les succès continuent encore, de transporter la génération actuelle de mélomanes.

« A mes débuts, j‘étais très jeune une fois on m’a lapidé sur scène au cours d’une chanson où je ne maitrisais pas la tonalité. C’était en 1970 à l’occasion d’un concert au théâtre de la cité de Cocody Cité Mermoz », se souvient encore aujourd’hui avec humour Bailly Spinto. A cette époque, rien ne lui présageait une telle carrière, faite de succès avec à la clé, de nombreux prix. Mais le jeune artiste y croyait déjà dure comme fer. Ce qui explique son abnégation, son courage à persévérer. Et pour cause : très jeune, à l’âge de 10 an, il avait remporté un prix de la radio nationale en 1961. C’était un fer à repasser et un disque. « Ça m’a fait chaud au cœur. Ça m’a fait prendre conscience que si je continue, je peux avoir des prix », confie Bailly Spinto. En effet, dès son jeune âge, Gallet Bailly Sylvestre, son nom à l’état civil, ambitionnait déjà de devenir un artiste de renommé internationale. A l’école catholique St Jean Bosco, il a été orienté dans des groupes de chant, dont les cœurs vaillants, qui lui ont permis d’apprendre et de s’exprimer. Influencé en ce moment par des artistes de renommée internationale comme James Brown, Otis Redding, Tom Jones, Elton John et les Beatles, le jeune Bailly Spinto s’est mis au travail, dans le but d’atteindre leur niveau.

Une carrière réussie

En 1968, à peine ses 17 ans révolus, il fait partie de plusieurs groupes de musique, Wan plus, les Fétiches, puis le New Systèm Pop au club Med d’Assinie. Dans ce dernier groupe, il va décrocher un contrat de lead vocal. C’est aussi le début de sa carrière internationale. Avec le New système pop, Bailly Spinto fait le tour du monde, enchainant les concerts dans différents pays d’Afrique d’Amérique d’Europe et d’Asie. Malheureusement, le groupe se disloque en Europe. Et chacun va de son côté tenter une carrière solo. Contre toute attente, lui le lead vocal du groupe peine à produire son premier album. Les maisons de production trouvent qu’il n’est pas encore prêt, alors qu’il a déjà 10 ans de carrière derrière lui. L’artiste ne se décourage pas pour autant et cherche toujours à se perfectionner. Ainsi de 1976 à 1978, il va intégrer l’école de musique de Paul Becher de Paris. Une année plus tard, s’estimant fin prêt, il commence alors sa carrière solo. Et met sur le marché, « Taxi Sougnon » que les mélomanes ivoiriens ont adopté jusqu’à aujourd’hui. Et même ceux de la sous-région. Le morceau connait un franc succès et devient numéro un des hit-parades. Les mélomanes se l’arrachent comme de petits. Imposant par ce fait même son auteur, au-devant de la scène musicale. Bailly Spinto, l’homme à la voix d’or enchaine des sorties d’album, des singles de 1979 à 2021. Il totalise aujourd’hui 17 albums et plusieurs singles. Et l’artiste n’a pas encore fini. Avec ses 50 années de carrière, Bailly Spinto garde toujours sa voix intacte. Et a encore des surprises pour les mélomanes. Ainsi, il s’apprête à sortir son 18ème album d’ici novembre 2022.

Dans ses chansons, l’artiste aborde les thèmes tels que l’amour, Dieu, la paix, la solidarité, la méchanceté des humains, la cruauté de la mort, l’espoir, la réconciliation.

Son succès l’a conduit à faire plusieurs prestations privées et publiques dans de grandes salles de renommée internationale, à travers le monde. En 1992, il donne un concert dans la mythique salle de l’Olympia. Il est d’ailleurs le premier artiste ouest africain à s’y produire. Après cette prestation très remarquée, c’est avec fierté qu’il est reçu par le Président Félix Houphouët-Boigny, dans sa résidence parisienne.

Il faut retenir qu’au cours de ces cinquante années de carrière, l’artiste a aussi glané des lauriers. Il a reçu plusieurs distinctions et reconnaissances à la fois nationales et internationales. L’on peut citer pèle mêle, le bélier d’or de la chanson ivoirienne, trois disques d’or, un Kunde d’or, un trophée du meilleur artiste de la génération 80 en 2007, les 7 d’or de la presse. En 2018, il a été fait commandeur de l’ordre du mérite culturel ivoirien, la plus grande distinction du ministère de la culture et de la francophonie. En 2021, Bailly Spinto est distingué et admis à l’académie des sciences, des arts, des cultures d’Afrique et des diasporas (Ascad). Tout récemment, il a été fait ambassadeur des langues et cultures africaines. Des distinctions qui ont couronné ces cinquante ans de carrière musicale bien réussie.

Une vie bien rangée

Gallet Bailly Sylvestre connu sous le pseudonyme Bailly Spinto, est né le 31 Décembre 1951 à Abidjan dans la commune de Treichville. Du groupe ethnique Bété, il est originaire du centre-ouest de la Côte d’Ivoire et est issu d’une famille polygame. Quant à lui, il a choisi d’être monogame. Il est à cet effet marié depuis 38 ans. Lui et son épouse Boly Florence ont cinq enfants. Avec elle, l’artiste mène une vie bien rangée, qui impose respect et admiration. « Ma femme c’est mon docteur. C’est elle qui me fait ma première piqure. Elle est tout pour moi. Je la respecte. Elle fait tout pour que je sois débout. Je la remercie au nom de tous les ivoiriens. C’est l’amour vrai », confie Bailly Spinto. Mais sa vie n’a toujours pas été aussi facile. L’artiste a connu aussi des moments difficiles.

« Je suis passé par des choses difficiles. Ma mère a fait dix enfants, sept sont décédés à Abidjan. J’en ai souffert. Et cela a eu une répercussion sur ma production culturelle à un moment donné. Les gens se posaient des questions. J’étais abattu. Car chaque année, il y avait un décès. Jusqu’à ce que la barre se redresse ces 10 dernières années. Et que je commence à me retrouver », poursuit l’artiste. Nombre d’ivoiriens, reconnait-t-il, l’ont soutenu dans ces moments difficiles.

Pour que son fils pérennise son œuvre

« J’ai ouvert un studio pour mon fils Angeo pour qu’il puisse pérenniser ce que j’ai fait. Il est actuellement en train de travailler à cela », explique l’artiste s’agissant de ses projets. Mais il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Puisqu’il revient avec un 18ème album. « Cinquante ans de carrière c’est beaucoup. Car ils sont nombreux ceux de ma ma génération qui sont partis très tôt », explique –t-il. Il doit fêter cela. Mais cela ne veut pas dire la fin de sa carrière. Car ailleurs comme aux Etats unis, des artistes en ont fait plus. Il donne l’exemple de Tom Jones qui a 80 ans de carrière. Il compte donc proposer encore au jeune publique de la bonne musique. « Mais, je ne veux plus être en première ligne. Je veux que les jeunes viennent se mettre en première ligne », conclu Bailly Spinto.

Diomandé Karamoko







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